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Corrigé bac mathématiques 2026 Polynésie jour 1 — Exercice 3 : Suite définie par u_{n+1}=ln(3u_n²+1) et étude de limite

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité mathématiques, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

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Énoncé

On considère la fonction définie sur par :

On admet que la fonction est croissante sur .

Partie A

On considère la suite définie par :

1. Calculer .

2. La suite est représentée ci-dessous. Émettre des conjectures sur le sens de variation et la convergence de la suite .

3. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel :

4. En déduire que la suite est convergente.

Partie B

On note la limite de la suite .

Le but de cette partie est de trouver une valeur approchée de la limite .

On considère la fonction définie et dérivable sur par :

1. On note la fonction dérivée de la fonction . Démontrer que pour tout réel ,

2. Démontrer que la fonction est strictement décroissante sur .

3. Démontrer que l'équation admet une unique solution sur et en donner une valeur approchée à près.

4. Justifier que .

Corrigé

Partie A

1. On applique la relation de récurrence au rang , avec :

La valeur exacte est , soit , c'est-à-dire à près.

2. Sur le graphique, les points montent régulièrement de jusqu'à un palier atteint vers ou , au-delà duquel ils paraissent tous alignés à la même hauteur, un peu en dessous de la graduation . On lit ce palier entre et (environ ).

On conjecture donc que :

3. Démontrons par récurrence la propriété : « ».

Initialisation. On a et . Comme et que la fonction est strictement croissante sur , on a ; par ailleurs . Donc

et est vraie.

Hérédité. Soit un entier naturel quelconque. Supposons vraie, c'est-à-dire . Ces quatre nombres appartiennent à , où la fonction est croissante (résultat admis par l'énoncé) ; en appliquant à cet encadrement, l'ordre est conservé :

Or, par définition de la suite, et , tandis que

On obtient donc . Il reste à comparer ces deux bornes à et :

Par transitivité,

c'est-à-dire : la propriété est vraie.

Conclusion. La propriété est vraie et est héréditaire : d'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel ,

Ce que le correcteur attend : l'hérédité s'obtient en appliquant la croissance de à l'encadrement supposé — c'est la seule information dont on dispose sur , et elle est admise. Il faut aussi vérifier que les bornes obtenues, et , referment bien l'encadrement dans : sans cela, l'hérédité n'est pas démontrée.

4. D'après la question 3, pour tout entier naturel :

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée est convergente : la suite converge donc vers une limite réelle , et par passage à la limite dans l'encadrement , on a . Cela confirme la conjecture de la question 2.

Ce que le correcteur attend : le théorème de convergence monotone donne l'existence de la limite, mais pas sa valeur : est un majorant, ce n'est pas la limite. C'est tout l'objet de la partie B.

Partie B

1. Posons . Pour tout , on a : la fonction est bien définie et dérivable, de dérivée avec . Donc, pour tout :

En réduisant au même dénominateur :

2. Pour tout réel , : le signe de est celui de son numérateur . Factorisons partiellement :

Soit . Alors et , donc , d'où et par conséquent

Ainsi pour tout de : la fonction est strictement décroissante sur .

3. Sur l'intervalle :

D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation admet une unique solution dans .

Valeur approchée. On encadre par balayage à la calculatrice, en utilisant la stricte décroissance de :

signe

Comme et que est strictement décroissante, on a

d'où

(Une valeur plus précise est .)

Ce que le correcteur attend : les trois hypothèses du corollaire — continuité, stricte monotonie, changement de signe — énoncées et vérifiées, et le théorème nommé. L'existence vient du théorème des valeurs intermédiaires, l'unicité de la stricte monotonie.

4. D'après la partie A, la suite converge vers et vérifie pour tout ; par passage à la limite dans cet encadrement, .

La fonction est continue sur (elle y est dérivable, d'après la partie B). Comme avec , la continuité de en donne

Or , et la suite a la même limite que la suite . Par unicité de la limite d'une suite convergente :

c'est-à-dire

Le réel est donc une solution de l'équation appartenant à . Or, d'après la question 3, cette équation admet une unique solution sur , à savoir . Par conséquent

ce qui confirme la lecture graphique de la partie A.

Ce que le correcteur attend : le passage à la limite dans la relation n'est licite que parce que est continue en ; et la conclusion exige de savoir que appartient à l'intervalle où l'unicité a été démontrée.

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