Adloun

Corrigé bac physique-chimie 2026 Asie jour 2 — Exercice 1 : Jeu d'évasion

Sujet officiel du baccalauréat, spécialité physique-chimie, session 2026. Corrigé rédigé par Ibrahim Alame.

Travailler ce sujet sur Adloun Sujet officiel (PDF) Corrigé complet (PDF)

Énoncé

Le jeu d'évasion, plus connu sous le nom Escape Game, est un type de jeu de rôle grandeur nature scénarisé. Les joueurs évoluent généralement dans un lieu clos et thématisé en résolvant des énigmes dans un temps imparti pour accomplir la mission.

Le but de cet exercice est d'analyser trois situations pouvant être rencontrées dans un jeu d'évasion.

Partie 1 — Cible à atteindre

Une mission récurrente consiste à déverrouiller la porte de sortie d'une salle. Dans cette partie, l'ouverture de la porte se réalise lorsqu'un projectile lancé par la réplique miniature d'un canon pénètre une serrure et en débloque le mécanisme. Pour cela, les joueurs doivent régler la hauteur d'une table sur laquelle est posé le canon (figure 1). Cette hauteur peut varier entre 40 et 80 cm.

Figure 1 : dessin d'ensemble (échelle non respectée)

On étudie le mouvement du centre de masse M du projectile de masse dans le référentiel de la pièce supposé galiléen. On considère que lorsque le boulet est sorti du canon, il n'est soumis qu'à son poids (figure 2).

Figure 2 : schéma détaillé de la situation

Données :

Q1. Exprimer les coordonnées du vecteur accélération du centre de masse M du projectile en appliquant la deuxième loi de Newton.

Q2. Montrer que les équations horaires de son mouvement sont :

Q3. En déduire que l'équation de la trajectoire du centre de masse M peut s'écrire :

La serrure se débloque si le centre de masse M du projectile passe par le centre C de l'entrée de la serrure.

Q4. Déterminer et calculer la valeur de la hauteur de la table à régler pour débloquer la serrure.

Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

Partie 2 — Résistance à régler

Pour obtenir un indice nécessaire à la poursuite du jeu, les joueurs doivent ouvrir un coffre-fort. Ce dernier ne s'ouvre que si l'aiguille d'une horloge initialement mise à 0 s'arrête sur la graduation 14 s du cadran.

La durée de rotation de l'aiguille est commandée par un circuit électrique dont le schéma est donné sur la figure 3 ci-après. L'objectif pour les participants est de déterminer la valeur du conducteur ohmique pour que l'aiguille se déplace pendant exactement 14 s. Ils choisissent grâce à une résistance variable. Tout échec réinitialise l'horloge à la position 0.

Figure 3 : schéma du circuit électrique

Le condensateur est initialement chargé : sa tension vaut . À , on bascule l'interrupteur K de la position 1 à la position 2 : le condensateur de capacité se décharge au travers d'un conducteur ohmique de résistance de valeur ajustable.

La rotation de l'aiguille débute lorsque et s'arrête lorsque .

Q5. Montrer que l'équation différentielle modélisant l'évolution de la tension aux bornes du condensateur lors de sa décharge s'écrit :

est une constante de temps dont on donnera l'expression en fonction de et de .

Q6. Vérifier que cette équation différentielle admet une solution de la forme :

est une constante dont on donnera l'expression en fonction des paramètres du circuit électrique.

La figure 4 représente des courbes de décharge obtenues expérimentalement pour différentes valeurs de .

Figure 4 : courbes de décharge du condensateur de capacité

Q7. Déterminer laquelle des trois courbes de décharge (annotées , , ) correspond à la durée correcte de commande de rotation de l'aiguille pour ouvrir le coffre. La démarche sera présentée sur la figure de l'annexe à rendre avec la copie.

Q8. Déduire de la courbe choisie la valeur correspondante de la constante de temps de décharge . La démarche sera présentée sur la figure de l'annexe à rendre avec la copie.

Q9. Calculer la valeur de la résistance du conducteur ohmique que les joueurs doivent choisir pour ouvrir le coffre.

L'annexe à rendre avec la copie reproduit, à plus grande échelle et sur les mêmes axes, les trois courbes de décharge de la figure 4.

Partie 3 — Cellules à éclairer

Cinq cellules photosensibles se trouvent dans le fond d'une boîte noire dans laquelle un laser rouge se propage. Le rayon lumineux y pénètre en traversant deux petites fentes d'écartement réglable une fois que l'obturateur coulissant est retiré (figure 5). Une alternance de zones sombres et lumineuses apparaît sur le fond de la boîte (figure 6). Une clé sera délivrée lorsque le centre de chaque cellule photosensible recevra la lumière du laser.

Figure 5 : schéma du dispositif

Figure 6 : schéma du fond de la boîte. Sur les figures 5 et 6, l'échelle n'est pas respectée.

Données :

Q10. Nommer le phénomène physique responsable de l'existence de l'alternance des zones sombres et lumineuses sur le fond de la boîte.

Q11. Définir une interfrange .

Q12. Déterminer la valeur de l'écartement des fentes à régler pour délivrer la clé.

Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

Corrigé

Partie 1 — Cible à atteindre

Q1. Système : le projectile, de masse , assimilé à son centre de masse M. Référentiel : celui de la pièce, supposé galiléen. Repère : de la figure 2, l'axe étant vertical ascendant. Bilan des forces : après la sortie du canon, le projectile n'est soumis qu'à son poids (chute libre : frottements de l'air et poussée d'Archimède négligés).

La deuxième loi de Newton s'écrit , soit , d'où, après simplification par :

L'accélération ne dépend donc pas de la masse. En projetant sur les deux axes, avec :

Q2. Le vecteur vitesse est une primitive du vecteur accélération, :

Les constantes se déterminent à , où le vecteur vitesse initiale fait l'angle avec l'horizontale : et . Donc et :

Le vecteur position est à son tour une primitive du vecteur vitesse, :

À , M se trouve à la sortie du canon, sur l'axe et à la hauteur au-dessus du sol : et , donc et . On obtient bien

Le mouvement est donc uniforme selon et uniformément accéléré selon (indépendance des mouvements).

Q3. On élimine le temps entre les deux équations horaires. Comme , la première donne

En reportant dans :

soit, puisque :

La trajectoire est une portion de parabole d'axe vertical, tournée vers le bas.

Q4. Démarche. La serrure se débloque si M passe par le point C, dont les coordonnées sont et . On écrit donc , puis on isole , et enfin .

Application numérique, toutes les longueurs en mètres () et la calculatrice en degrés :

Vérification et conclusion : cette valeur appartient bien à l'intervalle de réglage : les joueurs peuvent régler la table à environ 53 cm et débloquer la serrure. On peut contrôler l'ordre de grandeur : avec , le projectile part à 83 cm du sol, monte (il est lancé vers le haut) puis redescend et atteint C à 1,00 m de hauteur après 3,00 m de vol horizontal, ce qui est cohérent avec un temps de vol .

Ce que le correcteur attend : la calculatrice en degrés (en radians, donnerait un résultat absurde) ; converti en mètres ; et surtout la distinction entre (hauteur de la sortie du canon) et (hauteur de la table) : répondre revient à oublier de retrancher .

Partie 2 — Résistance à régler

Q5. Après le basculement de K en position 2, le condensateur et le conducteur ohmique forment une maille unique. Avec les orientations de la figure 3 ( orientée vers le haut, vers le bas, vers le bas dans la branche du condensateur), la loi des mailles s'écrit

La loi d'Ohm appliquée au conducteur ohmique, parcouru par le courant d'intensité , donne . Par ailleurs, la charge de l'armature supérieure du condensateur vérifie , et par définition de l'intensité ; comme est constante,

En reportant les deux relations dans la loi des mailles :

et en divisant par (non nul) :

Par identification avec , la constante de temps vaut

Elle est homogène à un temps : .

Q6. On reporte la fonction proposée dans l'équation différentielle. Sa dérivée vaut

donc

quel que soit : la fonction proposée est bien solution de l'équation différentielle.

La constante est fixée par la condition initiale. À , le condensateur est chargé sous , donc ; or . Ainsi

Q7. Démarche (à tracer sur l'annexe). L'aiguille tourne entre l'instant où et celui où ; il faut que cette durée vaille 14 s. On trace donc les deux droites horizontales et , on repère leurs intersections avec chacune des trois courbes, on projette ces points sur l'axe des temps et on mesure l'écart des abscisses.

Lecture des trois durées de rotation de l'aiguille sur l'annexe

Les lectures donnent : pour , passe de 4,0 à 1,0 V entre et , soit (trop court) ; pour , entre et , soit (trop long) ; pour , entre et , soit . C'est donc la courbe qu'il faut retenir.

Ce que le correcteur attend : la durée demandée est l'écart entre les deux instants, et non l'instant où compté depuis (qui vaut 16 s pour ).

Q8. Démarche (à tracer sur l'annexe). Deux lectures graphiques équivalentes déterminent sur la courbe :

Détermination graphique de sur la courbe retenue

Les deux lectures concordent : . On le retrouve à partir de la question précédente : donne , d'où .

Q9. De on tire

Les joueurs doivent donc régler la résistance variable sur environ , soit : une valeur courante pour une résistance ajustable. Ce que le correcteur attend : la capacité convertie en farads () ; garder les microfarads donnerait , hors de propos.

Partie 3 — Cellules à éclairer

Q10. Les deux fentes et , éclairées par la même source laser, se comportent comme deux sources cohérentes et synchrones. Les deux ondes qui en sont issues se superposent au fond de la boîte : c'est le phénomène d'interférences (interférences lumineuses obtenues avec des fentes de Young). Là où la différence de marche est un multiple entier de , les interférences sont constructives (frange brillante) ; là où elle vaut un nombre impair de demi-longueurs d'onde, elles sont destructives (frange sombre). D'où l'alternance de zones sombres et lumineuses.

Q11. L'interfrange est la distance qui sépare les milieux de deux franges brillantes consécutives (ou, ce qui revient au même, de deux franges sombres consécutives) sur la figure d'interférences. Elle s'exprime en mètres.

Q12. Démarche. La clé n'est délivrée que si le centre de chacune des cinq cellules reçoit de la lumière, c'est-à-dire si les cinq cellules sont centrées sur cinq franges brillantes consécutives. La distance sépare le centre de la première cellule de celui de la cinquième : elle contient donc quatre intervalles entre franges brillantes consécutives, et non cinq :

En reportant dans l'expression de l'interfrange , on isole l'écartement des fentes :

Application numérique, avec , et :

Conclusion et ordre de grandeur : il faut régler l'écartement des fentes à environ , soit quelques centièmes de millimètre. C'est l'ordre de grandeur habituel des fentes de Young ; on vérifie au passage que et , conditions dans lesquelles la formule est valable, et que (les franges sont bien vues sous de petits angles). Le réglage est fin : une erreur de sur décale la cinquième cellule de de , soit 2 mm.

Ce que le correcteur attend : (cinq cellules, quatre intervalles) — écrire conduirait à — et les conversions nm m et cm m avant tout calcul.

Poser une question au tuteur sur ce sujet