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Identitäten und Austausch

Cours complet · allemand (première), chapitre 8 · première, langue vivante

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8.1 Einleitung

Avec ce chapitre commence la partie culturelle du manuel, adossée à l'axe 1 du programme du cycle terminal : « Identités et échanges ». Peu de pays incarnent cette problématique aussi intensément que l'Allemagne : un pays coupé en deux pendant 28 ans par un mur au cœur de sa capitale, devenu terre d'immigration au point que près d'un habitant sur quatre a aujourd'hui une histoire migratoire, et dont les entreprises — d'Adidas aux chaînes de restauration — négocient en permanence entre identité locale et marché mondial.

Le programme officiel propose pour l'allemand trois problématiques que ce chapitre reprend une à une : la frontière germano-allemande — le Mur de Berlin était-il infranchissable ? ; la mondialisation dans nos assiettes — la riposte allemande dans le secteur de la restauration rapide ; et Adidas, une entreprise allemande en pleine mutation. S'y ajoute un détour indispensable par la diaspora turque, la plus grande histoire d'échange humain de l'Allemagne contemporaine.

Important

Ce chapitre te fournit des faits datés et des exemples précis — c'est exactement ce que les correcteurs attendent d'un exposé ou d'une Erörterung sur cet axe. Une copie qui cite le 13 août 1961, Peter Fechter ou l'Anwerbeabkommen vaut plus qu'une copie qui parle vaguement « du Mur » et « des immigrés ». Mémorise les dates en gras.

8.2 Die deutsch-deutsche Grenze : war die Berliner Mauer unüberwindbar?

8.2.1 Bau der Mauer (13. August 1961)

Repère : Pourquoi un mur en plein Berlin ?

Depuis 1949, deux États allemands coexistent : la RFA (Bundesrepublik Deutschland, BRD) à l'Ouest, démocratie libérale intégrée au bloc occidental, et la RDA (Deutsche Demokratische Republik, DDR) à l'Est, régime socialiste sous tutelle soviétique. Berlin, enclavée en territoire est-allemand, est elle-même divisée en quatre secteurs — et Berlin-Ouest devient la porte de sortie du bloc de l'Est : entre 1949 et 1961, environ 2,7 millions de citoyens de RDA fuient vers l'Ouest, souvent les plus jeunes et les plus qualifiés. Pour stopper cette hémorragie (die Abstimmung mit den Füßen, « le vote avec les pieds »), le régime est-allemand ferme la frontière dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et érige en quelques jours die Berliner Mauer — officiellement baptisée, dans la novlangue du régime, antifaschistischer Schutzwall (« rempart de protection antifasciste »). Le mur de 155 km encercle entièrement Berlin-Ouest ; des familles sont séparées du jour au lendemain.

Définition 8.1Le vocabulaire du Mur
AllemandFrançais
die Mauerle mur
die Grenzela frontière
der Stacheldrahtle fil de fer barbelé
der Todesstreifenla « bande de la mort » (no man's land)
der Wachturmle mirador
der Grenzsoldatle garde-frontière
die Flucht / fliehen (o, o)la fuite / fuir
der Flüchtlingle réfugié
teilen / die Teilungdiviser / la division
überwindenfranchir, surmonter

Note le double sens de überwinden : franchir physiquement le Mur, mais aussi surmonter la division — le mot revient dans tous les discours de 1989--1990.

8.2.2 Fluchtversuche und Todesfälle

Repère : Infranchissable, vraiment ? Les évasions et leurs victimes

La question du programme — war die Mauer unüberwindbar? — appelle une réponse nuancée. Le dispositif était redoutable : double mur, Todesstreifen éclairé, miradors, ordre de tirer (der Schießbefehl). Selon les recherches du Zentrum für Zeithistorische Forschung de Potsdam, environ 140 personnes sont mortes au Mur de Berlin entre 1961 et 1989. Deux destins encadrent cette histoire :

  • Peter Fechter, 18 ans, abattu le 17 août 1962 en tentant de franchir le Mur près du Checkpoint Charlie ; il agonise près d'une heure dans le Todesstreifen sous les yeux impuissants de l'Ouest — l'image fait le tour du monde et devient le symbole de l'inhumanité du régime ;
  • Chris Gueffroy, 20 ans, tué le 5 février 1989 — dernier fugitif abattu par balles au Mur, neuf mois seulement avant sa chute (la dernière victime du Mur est Winfried Freudenberg, mort le 8 mars 1989 dans la chute de son ballon artisanal).

Et pourtant le Mur fut franchi des milliers de fois : tunnels creusés depuis l'Ouest (57 personnes par le « tunnel 57 » en 1964), voitures aménagées, faux passeports, montgolfière artisanale (l'évasion des familles Strelzyk et Wetzel en 1979), et surtout, à la fin, la pression pacifique de tout un peuple. Réponse possible à la problématique : physiquement presque infranchissable, le Mur ne l'a jamais été dans les têtes — et c'est ce qui l'a fait tomber.

8.2.3 Der 9. November 1989 und der Fall der Mauer

Repère : La conférence de presse qui a ouvert le Mur

À l'automne 1989, la RDA vacille : fuite massive par la Hongrie (qui a ouvert son rideau de fer en mai), manifestations du lundi à Leipzig (die Montagsdemonstrationen, au cri de « Wir sind das Volk! » — « Nous sommes le peuple ! »). Le 9 novembre 1989 au soir, le porte-parole du régime Günter Schabowski annonce en conférence de presse, en direct à la télévision, une nouvelle réglementation de voyage. À la question d'un journaliste — à partir de quand ? — il improvise, feuilletant ses notes : « Das tritt nach meiner Kenntnis... ist das sofort, unverzüglich. » (« Cela entre en vigueur, à ma connaissance... immédiatement, sans délai. ») La formule, non prévue, se répand comme une traînée de poudre. Dans la nuit, des dizaines de milliers de Berlinois de l'Est se massent aux postes-frontières ; à 23h30, débordé et sans ordres, le lieutenant-colonel Harald Jäger fait ouvrir le passage de la Bornholmer Straße. Le Mur est tombé — sans un coup de feu. Le 9 novembre mène à la réunification (die Wiedervereinigung) du 3 octobre 1990, aujourd'hui fête nationale (Tag der Deutschen Einheit).

Exemple 8.2En parler à l'oral : les formules clés
  • Die Mauer wurde am 13. August 1961 gebaut, um die Massenflucht zu stoppen. — passif + um...zu (chapitres 1 et 3).
  • Etwa 140 Menschen kamen an der Berliner Mauer ums Leben. — ums Leben kommen = périr.
  • Ohne Schabowskis Versprecher wäre die Mauer vielleicht nicht schon am 9. November gefallen. — irréel du passé (chapitre 2) : parfait pour nuancer.
  • Die Mauer war fast unüberwindbar — aber eben nur fast. — réponse ramassée à la problématique.

8.3 Migration und Identität : die türkische Diaspora

8.3.1 Das Anwerbeabkommen von 1961

Repère : 1961, l'autre date fondatrice

La même année que le Mur, la RFA signe le 30 octobre 1961 avec la Turquie un accord de recrutement de main-d'œuvre (das Anwerbeabkommen) : le « miracle économique » (das Wirtschaftswunder) manque de bras, d'autant que le Mur vient de tarir l'afflux de travailleurs est-allemands. Les Gastarbeiter (« travailleurs invités ») turcs — après les Italiens (1955), Espagnols et Grecs (1960) — viennent travailler dans les mines, la sidérurgie, l'automobile. Le principe officiel est la rotation : deux ans, puis retour. La réalité est tout autre : les entreprises veulent garder leurs ouvriers formés, les familles rejoignent les pères (der Familiennachzug), et l'« invité » devient voisin. L'Allemagne comptera longtemps la plus grande communauté turque hors de Turquie — près de 3 millions de personnes d'origine turque aujourd'hui. La phrase de l'écrivain suisse Max Frisch résume le malentendu fondateur : « Wir riefen Arbeitskräfte, und es kamen Menschen. » (« Nous appelions de la main-d'œuvre, et ce sont des hommes qui sont venus. »)

8.3.2 Zweite und dritte Generation

Repère : Écrire entre deux langues

Les enfants et petits-enfants des Gastarbeiter ont fait de l'entre-deux identitaire une matière littéraire majeure — la deutsch-türkische Literatur :

  • Emine Sevgi Özdamar (née en 1946, arrivée comme ouvrière en 1965) : son recueil Mutterzunge (1990) joue sur le calque turc Mutterzunge (« langue maternelle », mot à mot « langue-mère ») pour dire la perte et la réinvention de la langue ; elle reçoit en 1991 le prix Ingeborg-Bachmann, consécration du monde littéraire germanophone ;
  • Feridun Zaimoglu (né en 1964) : Kanak Sprak (1995) retourne l'insulte raciste Kanake en étendard et transcrit la langue hybride et percutante des jeunes Turcs-Allemands des quartiers — le livre fait scandale et date ;
  • Navid Kermani (né en 1967, d'origine iranienne) : essayiste et romancier, il reçoit en 2015 le prix de la paix des libraires allemands (Friedenspreis des Deutschen Buchhandels) ; son discours au Bundestag pour les 65 ans de la Loi fondamentale (2014) — hommage d'un fils d'immigrés à la constitution allemande — est un classique instantané, souvent cité en cours.

Signes d'une normalisation : les doubles nationalités facilitées depuis 2014, des ministres fédéraux issus de l'immigration (Cem Özdemir), et le couple fondateur de BioNTech, Uğur Şahin et Özlem Türeci — lui fils d'un Gastarbeiter employé chez Ford à Cologne, elle fille d'un médecin venu d'Istanbul —, devenus avec le vaccin anti-Covid les entrepreneurs allemands les plus célèbres du monde en 2020.

8.4 Die Globalisierung auf unseren Tellern

8.4.1 Die deutsche Antwort im Bereich der Schnellrestauration

Repère : La riposte allemande au fast-food américain

Face à McDonald's (arrivé en Allemagne en 1971, à Munich), l'Allemagne oppose ses propres chaînes et ses propres codes alimentaires :

  • Nordsee, fondée en 1896 à Brême comme compagnie de pêche, devenue la plus grande chaîne européenne de restauration rapide... de poisson — le Fischbrötchen contre le hamburger ;
  • Wienerwald (fondée en 1955 à Munich par Friedrich Jahn), pionnière européenne de la restauration en chaîne autour du poulet rôti, modèle d'expansion... puis de faillite retentissante dans les années 1980 — un cas d'école ;
  • Vapiano (fondée en 2002 à Hambourg) : concept allemand de « fast casual » italien exporté dans le monde entier — la mondialisation dans les deux sens ;
  • et surtout le Döner Kebab : inventé dans sa forme actuelle (sandwich) à Berlin-Ouest au début des années 1970, souvent attribué à Kadir Nurman, par des immigrés turcs adaptant leur cuisine aux habitudes allemandes. Avec environ 1 300 kebabs vendus... par minute en Allemagne, le Döner est devenu le vrai fast-food national — symbole parfait de l'identité par l'échange : un plat turc, né en Allemagne, aujourd'hui exporté jusqu'à Istanbul sous sa forme berlinoise.

La Currywurst (saucisse au curry, inventée à Berlin en 1949 par Herta Heuwer avec du ketchup et de la poudre de curry obtenus de soldats britanniques) raconte la même histoire : la cuisine « typiquement allemande » est déjà un produit d'échanges.

8.4.2 Das Reinheitsgebot als kulturelles Bollwerk

Repère : 1516 : la plus vieille norme alimentaire du monde

Le Reinheitsgebot (« décret de pureté ») bavarois de 1516 stipule que la bière ne peut contenir que de l'eau, de l'orge et du houblon (la levure, inconnue à l'époque, sera ajoutée plus tard). Toujours ancré dans le droit allemand de la bière (das Biersteuergesetz), il est brandi comme rempart culturel (das Bollwerk) contre la standardisation mondiale : « pureté » contre additifs, tradition contre industrie globale. Mais le débat est vif en Allemagne même : la Cour de justice européenne a jugé dès 1987 que le Reinheitsgebot ne pouvait pas bloquer l'importation de bières étrangères (protectionnisme déguisé), et les jeunes brasseurs de la scène Craft-Beer le trouvent aujourd'hui trop corseté. Excellent sujet d'Erörterung : Schützt das Reinheitsgebot eine Kultur — oder verhindert es Innovation?

8.5 Adidas : ein deutsches Unternehmen im Wandel

8.5.1 Von Herzogenaurach in die Welt

Repère : Deux frères, deux marques, une petite ville

Tout commence à Herzogenaurach, petite ville de Franconie : les frères Adolf (« Adi ») et Rudolf Dassler y fabriquent des chaussures de sport dès les années 1920 — Jesse Owens court avec leurs pointes aux Jeux de Berlin en 1936. Après une brouille définitive, les frères se séparent : Rudolf fonde Puma en 1948, Adi fonde Adidas (Adi Dassler) en 1949 — de part et d'autre de la rivière Aurach. Herzogenaurach devient « la ville des nuques baissées » (on regarde les chaussures des gens pour savoir à quel camp ils appartiennent). Le mythe fondateur d'Adidas est le « miracle de Berne » de 1954** : l'Allemagne gagne la Coupe du monde sous la pluie grâce aux crampons vissables d'Adi Dassler — première victoire symbolique de la jeune RFA sur la scène mondiale, récit fondateur autant pour la marque que pour le pays.

8.5.2 Sportmarke oder Modeikone?

Repère : La mutation : du stade au podium

La problématique officielle — Adidas, marque de sport ou fleuron de la mode ? — se lit dans sa stratégie récente :

  • ancrage streetwear dès 1986, quand le groupe de hip-hop Run-DMC sort le titre « My Adidas » — la marque comprend que ses trois bandes se portent aussi hors des stades ;
  • collaborations mode : Stella McCartney (depuis 2005), Beyoncé (Ivy Park, 2019--2023), et surtout Kanye West : la ligne Yeezy (2013--2022) génère des milliards, jusqu'à la rupture fracassante d'octobre 2022 après les propos antisémites du rappeur — Adidas rompt le contrat, assume des centaines de millions de pertes et reverse une partie des recettes des stocks restants à des organisations de lutte contre l'antisémitisme : cas d'école sur la responsabilité éthique d'une entreprise mondiale ;
  • retour en grâce « rétro » : les modèles Samba et Gazelle, chaussures de sport des années 1950--1960, redeviennent dans les années 2020 des icônes de mode planétaires.

Réponse nuancée attendue : Adidas reste un équipementier sportif (maillots de la Mannschaft depuis 1954... jusqu'à la fin annoncée du contrat avec la fédération allemande en 2027 au profit de Nike — un « choc » national débattu jusqu'au Bundestag), mais son chiffre d'affaires et son image se jouent désormais autant dans la rue et la mode que sur les terrains. Sowohl Sportmarke als auch Modeikone — les deux à la fois.

8.6 Autoren und Ressourcen

Repère : Textes et documents pour aller plus loin

  • Littérature du Mur et de la RDA : Christa Wolf, Der geteilte Himmel (1963, un couple séparé par la construction du Mur) ; Thomas Brussig, Am kürzeren Ende der Sonnenallee (1999, l'adolescence à l'Est, drôle et tendre) ; le film Das Leben der Anderen (2006, Oscar du meilleur film étranger) et la comédie culte Good Bye, Lenin! (2003) — deux visions complémentaires de la RDA, à citer dans tout exposé.
  • Littérature germano-turque : Özdamar, Mutterzunge (1990) ; Zaimoglu, Kanak Sprak (1995) ; Fatih Akin, Gegen die Wand (2004, Ours d'or à Berlin), le grand film de la deuxième génération.
  • Lieux de mémoire : la Gedenkstätte Berliner Mauer (Bernauer Straße), l'East Side Gallery (1,3 km de Mur peint en 1990, dont le célèbre Bruderkuss de Brejnev et Honecker), le Tränenpalast (« palais des larmes », ancien poste-frontière).
  • Presse : dossiers « 13. August 1961 » et « Mauerfall » de la Bundeszentrale für politische Bildung (bpb.de), niveau accessible et fiable.

8.7 Abschlussprojekt

Méthode : Projet final : « Grenzen überwinden » — une exposition audio-guidée

Par groupes de trois, créez une mini-exposition de cinq documents (photos, unes de journaux, objets) sur l'une des trois problématiques du chapitre, avec pour chaque document une notice audio d'une minute en allemand.

  • Recherche : choisissez cinq documents datés et sourcés (bpb.de, chronik-der-mauer.de, sites des entreprises) couvrant la période étudiée.
  • Rédaction des notices : pour chaque document, appliquez la méthode Beschreiben--Deuten--Kommentieren du chapitre 7 ; employez au moins un passif, un discours indirect au Konjunktiv I et une hypothèse irréelle (Ohne den Mauerfall wäre...).
  • Enregistrement : soignez Wortakzent et intonation (chapitre 4) ; débit lent, finales descendantes.
  • Présentation : accrochage en classe, écoute des audios, puis débat de dix minutes sur la problématique du groupe, avec les Redemittel du chapitre 7.

Évaluation : richesse factuelle (dates, noms, chiffres), correction grammaticale des structures imposées, qualité phonétique, interaction dans le débat.

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