Le présent et le système verbal
Cours complet · allemand (seconde), chapitre 1 · seconde générale, langue vivante
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1.1 Introduction
Le verbe est le pivot de la phrase allemande. Plus encore qu'en français, sa forme et surtout sa place organisent tout l'énoncé : l'allemand est une langue où la position du verbe conjugué obéit à des règles strictes, au point qu'on peut déplacer presque tous les autres mots d'une phrase à condition de laisser le verbe là où la grammaire l'exige. Apprendre le présent, ce n'est donc pas seulement mémoriser des terminaisons : c'est comprendre la charpente de la phrase.
Ce premier chapitre présente d'abord la conjugaison du présent (das Präsens) : les verbes réguliers (faibles), les verbes forts qui changent de voyelle au radical (fahren du fährst, geben du gibst, lesen du liest, nehmen du nimmst), et les trois auxiliaires sein, haben, werden. Il expose ensuite la règle centrale de la syntaxe allemande : le verbe conjugué en deuxième position dans la principale. On étudie alors les verbes à particule séparable (aufstehen ich stehe … auf) opposés aux inséparables, les verbes de modalité (können, müssen, wollen, dürfen, sollen, mögen / möchten) avec leur conjugaison irrégulière et le rejet de l'infinitif en fin de phrase, enfin l'impératif.
Pour chaque point, on donne la formation, des phrases modèles en allemand traduites, et un contraste avec le français. Dans les remarques, une forme précédée d'un astérisque (*ich fahre du) est une forme fautive, typique des francophones : à ne jamais produire. Rappel de méthode : en allemand, tous les noms communs prennent une majuscule (das Haus, die Katze), et on apprend toujours un nom avec son article (der, die, das).
1.2 Le présent des verbes réguliers (faibles)
1.2.1 Radical et terminaisons
À l'infinitif, presque tous les verbes allemands se terminent par -en (parfois -n) : wohnen (habiter), spielen (jouer), machen (faire), lernen (apprendre). On retire cette terminaison pour obtenir le radical (wohn-, spiel-), auquel on ajoute les désinences du présent.
On forme le présent des verbes réguliers en ajoutant au radical les terminaisons -e, -st, -t, -en, -t, -en. Contrairement au français, la même série sert à tous les verbes réguliers : il n'y a pas de groupes.
| Pronom | wohnen (habiter) | spielen (jouer) | Terminaison |
|---|---|---|---|
| ich (je) | wohne | spiele | -e |
| du (tu) | wohnst | spielst | -st |
| er / sie / es (il/elle) | wohnt | spielt | -t |
| wir (nous) | wohnen | spielen | -en |
| ihr (vous, pluriel familier) | wohnt | spielt | -t |
| sie / Sie (ils/elles, vous poli) | wohnen | spielen | -en |
- Ich wohne in Berlin. — J'habite à Berlin.
- Was machst du am Wochenende? — Que fais-tu le week-end ?
- Wir spielen Fußball im Park. — Nous jouons au football dans le parc.
- Die Kinder lernen Deutsch in der Schule. — Les enfants apprennent l'allemand à l'école.
En allemand, le pronom sujet est obligatoire : la phrase *Wohne in Berlin est fautive, il faut Ich wohne in Berlin. De plus, l'allemand n'a qu'une seule forme de présent là où le français en a plusieurs : ich spiele traduit à la fois « je joue », « je suis en train de jouer » et « je joue (habituellement) ». Il n'existe pas de forme progressive comme l'anglais I am playing.
1.2.2 Les particularités orthographiques du du et du er
Quand le radical se termine par un son qui rend la prononciation difficile, la terminaison s'adapte légèrement.
- Si le radical finit par -t ou -d (arbeiten travailler, finden trouver), on insère un -e- avant les terminaisons de du, er et ihr pour pouvoir prononcer : du arbeitest, er arbeitet, ihr arbeitet.
- Si le radical finit par -s, -ß, -z, -x (reisen voyager, heißen s'appeler, tanzen danser), la terminaison de du se réduit à -t (le s est déjà présent dans le radical) : du reist, du heißt, du tanzt.
- Du arbeitest zu viel! — Tu travailles trop !
- Wie heißt du? — Ich heiße Anna. — Comment t'appelles-tu ? — Je m'appelle Anna.
- Er findet den Film langweilig. — Il trouve le film ennuyeux.
- Ihr tanzt sehr gut. — Vous dansez très bien.
1.3 Les verbes forts à changement de voyelle
1.3.1 Le principe
Un grand nombre de verbes très courants sont des verbes forts (starke Verben). Au présent, leur radical change de voyelle, mais uniquement aux personnes du et er / sie / es. Toutes les autres personnes (ich, wir, ihr, sie/Sie) gardent la voyelle de l'infinitif. Ce changement ne s'entend qu'au singulier : c'est un point sur lequel les francophones se trompent souvent en régularisant à tort.
- a ä : fahren (aller, rouler) du fährst, er fährt ; de même schlafen (dormir), tragen (porter), fallen (tomber), laufen (courir : au äu, du läufst).
- e i : geben (donner) du gibst, er gibt ; de même helfen (aider), sprechen (parler), essen (manger), nehmen (prendre : du nimmst, er nimmt, avec doublement du m).
- e ie : lesen (lire) du liest, er liest ; de même sehen (voir : du siehst, er sieht), empfehlen (recommander).
| Pronom | fahren | geben | lesen | nehmen |
|---|---|---|---|---|
| (rouler) | (donner) | (lire) | (prendre) | |
| ich | fahre | gebe | lese | nehme |
| du | fährst | gibst | liest | nimmst |
| er / sie / es | fährt | gibt | liest | nimmt |
| wir | fahren | geben | lesen | nehmen |
| ihr | fahrt | gebt | lest | nehmt |
| sie / Sie | fahren | geben | lesen | nehmen |
- Du fährst zu schnell! — Tu roules trop vite !
- Er gibt mir seine Telefonnummer. — Il me donne son numéro de téléphone.
- Was liest du gerade? — Que lis-tu en ce moment ?
- Sie nimmt den Bus in die Stadt. — Elle prend le bus pour aller en ville.
- Meine Schwester schläft bis zehn Uhr. — Ma sœur dort jusqu'à dix heures.
Le changement de voyelle ne touche que du et er / sie / es. On dit ich fahre, wir fahren, ihr fahrt — sans tréma. L'erreur classique du francophone est d'oublier le changement (du fahrst, er gibt pardon, er gibt est correct ; en revanche du gebst, *er nehmt sont faux). Retenez les formes justes : du fährst, du gibst, du liest, du nimmst. Le verbe nehmen est le plus piégeux : du nimmst, er nimmt* (jamais *du nehmst).
1.4 Les auxiliaires : sein, haben, werden
Trois verbes sont à la fois des verbes ordinaires et des auxiliaires indispensables : sein (être), haben (avoir) et werden (devenir). Ils servent aussi à former les temps composés et le passif (étudiés plus tard). Leur conjugaison au présent est irrégulière et doit être sue par cœur.
| Pronom | sein (être) | haben (avoir) | werden (devenir) |
|---|---|---|---|
| ich | bin | habe | werde |
| du | bist | hast | wirst |
| er / sie / es | ist | hat | wird |
| wir | sind | haben | werden |
| ihr | seid | habt | werdet |
| sie / Sie | sind | haben | werden |
- Ich bin sechzehn Jahre alt. — J'ai seize ans (littéralement : « je suis âgé de seize ans »).
- Wir sind aus Frankreich. — Nous venons de France.
- Hast du einen Bruder? — As-tu un frère ?
- Es ist kalt heute, ich habe keine Zeit. — Il fait froid aujourd'hui, je n'ai pas le temps.
- Meine Freundin wird bald Ärztin. — Mon amie va bientôt devenir médecin.
Contraste FR/DE capital : l'âge se dit avec sein (« être »), pas avec « avoir » comme en français. On dit Ich bin sechzehn (Jahre alt), jamais *ich habe sechzehn Jahre. En revanche, la faim et la soif se disent avec haben : Ich habe Hunger (j'ai faim), Ich habe Durst (j'ai soif). Enfin, werden signifie « devenir » (Es wird dunkel — il commence à faire sombre) : ne le confondez pas avec sein.
1.5 La règle centrale : le verbe en deuxième position (V2)
1.5.1 L'énoncé de la règle
Voici la règle la plus importante de toute la syntaxe allemande. Elle vaut la peine d'être apprise avant tout le reste.
Dans une phrase principale déclarative (une affirmation), le verbe conjugué occupe toujours la deuxième position. La première position peut être occupée par le sujet, mais aussi par un complément (de temps, de lieu…) ou tout autre élément mis en valeur. Ce qui compte, c'est que le verbe reste en deuxième. On appelle cela la règle V2.
Attention : « deuxième position » ne signifie pas « deuxième mot », mais deuxième groupe (ou constituant). La première position peut contenir plusieurs mots formant un seul bloc.
| Position 1 | Position 2 (verbe) | … | |
|---|---|---|---|
| Ich | spiele | heute Fußball. | (Je joue au foot aujourd'hui.) |
| Heute | spiele | ich Fußball. | (Aujourd'hui, je joue au foot.) |
| Fußball | spiele | ich heute. | (Le foot, je le joue aujourd'hui.) |
| Am Samstag | spiele | ich Fußball. | (Le samedi, je joue au foot.) |
1.5.2 L'inversion sujet–verbe
Quand on met un complément en tête de phrase (position 1), le verbe reste en deuxième position, si bien que le sujet passe derrière le verbe : c'est ce qu'on appelle l'inversion. C'est le point qui déroute le plus les francophones.
- Morgen fahre ich nach München. — Demain, je vais à Munich. (et non *Morgen ich fahre…)
- Am Wochenende besuchen wir unsere Großeltern. — Le week-end, nous rendons visite à nos grands-parents.
- In Deutschland trinkt man viel Kaffee. — En Allemagne, on boit beaucoup de café.
- Leider habe ich keine Zeit. — Malheureusement, je n'ai pas le temps.
Erreur typique du francophone : garder l'ordre français sujet + verbe après un complément placé en tête. On ne dit pas *Morgen ich gehe ins Kino, mais Morgen gehe ich ins Kino. Dès qu'un élément (temps, lieu, adverbe…) ouvre la phrase, le sujet se glisse juste après le verbe. Retenez : en allemand, le verbe conjugué est le gardien de la 2e place.
1.5.3 La position du verbe dans la question
Dans la question totale (à laquelle on répond par oui ou non), le verbe passe en première position : Kommst du mit? (Tu viens ?). Dans la question partielle (avec un mot interrogatif : wer, was, wo, wann, wie, warum), le mot interrogatif occupe la position 1 et le verbe reste en position 2 : Wann kommst du? (Quand viens-tu ?).
- Spielst du Tennis? — Joues-tu au tennis ? (verbe en 1re position)
- Wo wohnst du? — Où habites-tu ? (wo en 1re, verbe en 2e)
- Warum lernst du Deutsch? — Pourquoi apprends-tu l'allemand ?
- Wie heißt deine Lehrerin? — Comment s'appelle ta professeure ?
1.6 Les verbes à particule séparable et inséparable
1.6.1 Les verbes à particule séparable
Beaucoup de verbes allemands sont formés d'une particule placée devant un verbe de base : aufstehen (se lever) = auf + stehen, einkaufen (faire les courses) = ein + kaufen, fernsehen (regarder la télé) = fern + sehen. Quand le verbe est conjugué dans une principale, cette particule se détache et part à la fin de la phrase.
Dans une principale, un verbe à particule séparable se scinde en deux : le verbe conjugué reste en 2e position, tandis que la particule séparable est rejetée à la fin de la phrase. Ces deux éléments encadrent la phrase : c'est le cadre verbal (die Satzklammer). Les particules séparables les plus fréquentes sont : ab-, an-, auf-, aus-, ein-, mit-, nach-, vor-, zu-, zurück-, fern-, weg-.
| Pos. 1 | Pos. 2 (verbe) | … | Fin (particule) |
|---|---|---|---|
| Ich | stehe | jeden Tag um sieben Uhr | auf. |
| Am Samstag | kaufe | ich im Supermarkt | ein. |
| Abends | sehen | wir zusammen | fern. |
- Ich stehe um sieben Uhr auf. — Je me lève à sept heures.
- Wann rufst du mich an? — Quand est-ce que tu m'appelles ? (anrufen, téléphoner)
- Der Zug fährt um acht Uhr ab. — Le train part à huit heures. (abfahren)
- Meine Eltern kaufen am Freitag ein. — Mes parents font les courses le vendredi.
Repère de prononciation : dans un verbe séparable, l'accent tonique porte sur la particule (aufstehen, *ein**kaufen). C'est ce qui permet de reconnaître un verbe séparable à l'oreille. N'oubliez jamais la particule en fin de phrase : *Ich stehe um sieben Uhr (sans auf*) ne veut plus dire « je me lève ». Il faut Ich stehe um sieben Uhr auf.
1.6.2 Les verbes à particule inséparable
Certaines particules, en revanche, ne se détachent jamais : elles restent soudées au verbe dans toute la conjugaison. Ce sont des préfixes inséparables, toujours inaccentués : be-, emp-, ent-, er-, ge-, ver-, zer-. Exemples : verstehen (comprendre), bekommen (recevoir), erzählen (raconter), gefallen (plaire), bezahlen (payer).
| Type | Exemple | Comportement |
|---|---|---|
| Séparable | aufstehen (se lever) | ich stehe … auf (particule rejetée) |
| Inséparable | verstehen (comprendre) | ich verstehe … (préfixe soudé) |
| Séparable | ankommen (arriver) | ich komme … an |
| Inséparable | bekommen (recevoir) | ich bekomme … |
- Ich verstehe die Frage nicht. — Je ne comprends pas la question.
- Sie bekommt viele Geschenke zum Geburtstag. — Elle reçoit beaucoup de cadeaux pour son anniversaire.
- Der Lehrer erzählt eine Geschichte. — Le professeur raconte une histoire.
- Das Buch gefällt mir sehr. — Le livre me plaît beaucoup.
Attention au faux ami bekommen : il signifie recevoir, obtenir, et non « devenir » (qui se dit werden). On dit Ich bekomme ein Geschenk (je reçois un cadeau) et surtout pas Ich bekomme alt pour « je deviens vieux » (il faut Ich werde alt). Distinguez à l'oreille : la particule séparable est accentuée (ankommen), le préfixe inséparable ne l'est pas (bekom**men*).
1.7 Les verbes de modalité
1.7.1 Le sens et la construction
Les verbes de modalité (die Modalverben) expriment la possibilité, l'obligation, la volonté, la permission : können (pouvoir, savoir faire), müssen (devoir, être obligé), wollen (vouloir), dürfen (avoir le droit), sollen (devoir moralement, être censé), mögen (aimer) et sa forme de politesse möchten (voudrais). Ils fonctionnent presque toujours avec un second verbe à l'infinitif, qui est rejeté à la fin de la phrase.
Dans une principale, le verbe de modalité se conjugue en 2e position et le verbe à l'infinitif qu'il gouverne est rejeté tout à la fin de la phrase (sans zu). Le modal et l'infinitif forment de nouveau un cadre verbal.
| Pos. 1 | Pos. 2 (modal) | … | Fin (infinitif) |
|---|---|---|---|
| Ich | muss | heute meine Hausaufgaben | machen. |
| Wir | können | sehr gut | schwimmen. |
| Am Sonntag | will | er lange | schlafen. |
1.7.2 La conjugaison irrégulière
Les modaux se conjuguent de façon irrégulière : au singulier, ils changent souvent de voyelle, et surtout ich et er / sie / es ont la même forme, sans terminaison. C'est une particularité à mémoriser.
| Pron. | können | müssen | wollen | dürfen | sollen | mögen |
|---|---|---|---|---|---|---|
| (pouvoir) | (devoir) | (vouloir) | (avoir le droit) | (être censé) | (aimer) | |
| ich | kann | muss | will | darf | soll | mag |
| du | kannst | musst | willst | darfst | sollst | magst |
| er/sie/es | kann | muss | will | darf | soll | mag |
| wir | können | müssen | wollen | dürfen | sollen | mögen |
| ihr | könnt | müsst | wollt | dürft | sollt | mögt |
| sie/Sie | können | müssen | wollen | dürfen | sollen | mögen |
La forme möchten (« voudrais », plus polie que wollen) se conjugue à part : ich möchte, du möchtest, er möchte, wir möchten, ihr möchtet, sie möchten.
- Ich kann gut Klavier spielen. — Je sais bien jouer du piano.
- Du musst deine Hausaufgaben machen. — Tu dois faire tes devoirs.
- Wir wollen am Samstag ins Kino gehen. — Nous voulons aller au cinéma samedi.
- Hier darf man nicht rauchen. — Ici, on n'a pas le droit de fumer.
- Du sollst deiner Mutter helfen. — Tu dois (tu es censé) aider ta mère.
- Ich möchte bitte einen Kaffee. — Je voudrais un café, s'il vous plaît.
Ne calquez pas le français « je peux jouer » avec un « à » ou un « de » : en allemand, l'infinitif suit sans préposition et se place à la fin. On dit Ich kann gut Klavier spielen (jamais *Ich kann spielen Klavier ni *Ich kann zu spielen). Autre nuance : können traduit à la fois « pouvoir » et « savoir (faire) » — Ich kann schwimmen = « je sais nager ». Et müssen à la forme négative (nicht müssen) signifie « ne pas être obligé », alors que nicht dürfen signifie « ne pas avoir le droit, être interdit » : deux sens bien différents.
1.8 L'impératif
1.8.1 Les trois formes
L'impératif (der Imperativ) sert à donner un ordre, un conseil ou une consigne. L'allemand distingue trois formes, selon la personne à qui l'on s'adresse : du (une personne qu'on tutoie), ihr (plusieurs personnes qu'on tutoie) et Sie (vouvoiement, une ou plusieurs personnes).
- Forme du : on prend le radical du verbe, sans pronom et le plus souvent sans terminaison : komm! (viens !), spiel! (joue !). Les verbes forts en e i / ie gardent ce changement : geben gib!, lesen lies!, nehmen nimm! Mais les verbes en a ä ne prennent pas de tréma : fahren fahr!, schlafen schlaf!
- Forme ihr : identique au présent, mais sans le pronom : kommt! (venez !), gebt!, nehmt!
- Forme Sie : verbe + Sie, avec inversion : Kommen Sie! (venez !), Nehmen Sie Platz! (asseyez-vous !).
| Infinitif | Impératif du | Impératif ihr | Impératif Sie |
|---|---|---|---|
| kommen (venir) | Komm! | Kommt! | Kommen Sie! |
| geben (donner) | Gib! | Gebt! | Geben Sie! |
| lesen (lire) | Lies! | Lest! | Lesen Sie! |
| fahren (rouler) | Fahr! | Fahrt! | Fahren Sie! |
| sein (être) | Sei! | Seid! | Seien Sie! |
- Komm bitte hierher! — Viens ici, s'il te plaît !
- Gib mir das Buch! — Donne-moi le livre !
- Seid bitte leise! — Soyez tranquilles, s'il vous plaît ! (à plusieurs amis)
- Nehmen Sie bitte Platz! — Asseyez-vous, je vous prie ! (vouvoiement)
- Steh auf, es ist schon spät! — Lève-toi, il est déjà tard ! (verbe séparable : particule à la fin)
À l'impératif du, on ne met pas le pronom : on dit Komm! et non Du komm! ni Komm du!. Le petit mot bitte (« s'il te plaît / s'il vous plaît ») adoucit l'ordre et rend la phrase polie. Avec un verbe séparable, la particule part toujours à la fin : *Steh bitte auf**! Enfin, le verbe sein est irrégulier : Sei ruhig! (sois calme !), Seid ruhig!, Seien Sie ruhig!*
1.9 Bilan
Au présent, l'allemand ajoute au radical une seule série de terminaisons (-e, -st, -t, -en, -t, -en) pour les verbes réguliers, avec un -e- d'appui après un radical en -t / -d et un du en -t après un radical en -s / -ß / -z. Les verbes forts changent de voyelle seulement à du et er / sie / es : a ä (du fährst), e i (du gibst, du nimmst), e ie (du liest). Les trois auxiliaires sein, haben, werden sont irréguliers et fondamentaux, avec ce contraste FR/DE : l'âge se dit avec sein (ich bin sechzehn).
La colonne vertébrale de la syntaxe est la règle V2 : dans une principale, le verbe conjugué occupe la deuxième position, ce qui provoque l'inversion du sujet dès qu'un complément ouvre la phrase (Morgen fahre ich…). Le verbe conjugué et un second élément forment souvent un cadre verbal : la particule séparable (aufstehen ich stehe… auf) ou l'infinitif gouverné par un modal (können, müssen, wollen, dürfen, sollen, mögen / möchten) est rejeté en fin de phrase. Les préfixes inséparables (ver-, be-, er-…) restent au contraire soudés au verbe. Enfin, l'impératif se décline en trois formes (du, ihr, Sie). Les erreurs les plus fréquentes des francophones : oublier le changement de voyelle (*du gebst), ne pas inverser après un complément en tête (*Morgen ich gehe), et oublier de rejeter la particule ou l'infinitif à la fin.