Adloun

Diversity and Inclusion

Cours complet · anglais (terminale), chapitre 10 · terminale, langue vivante

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10.1 Introduction

L'axe « Diversité et inclusion » examine la manière dont les sociétés anglophones — construites par les migrations, l'empire et la conquête — font place, ou non, à leurs minorités : minorités raciales issues de l'esclavage et de l'immigration, peuples autochtones dépossédés, minorités sexuelles, personnes en situation de handicap. En Première (chap. 8), vous avez étudié la diversité comme fait — melting pot, salad bowl, les visages du monde anglophone. La Terminale déplace la question vers l'inclusion comme combat : marches, procès, lois, excuses nationales. Problématiques possibles :

Important

Lexique clé de l'axe : equality (l'égalité en droit) vs equity (l'équité des moyens), discrimination, segregation, empowerment, a minority, mainstream, to marginalise, to belong / a sense of belonging, a role model, to take a stand, civil rights, affirmative action, accessibility. Attention aux mots sensibles : l'anglais contemporain dit Black people, people of colour, disabled people ou people with disabilities — le vocabulaire de l'inclusion évolue et fait lui-même débat (cf. dernière section).

10.2 Le Civil Rights Movement et ses prolongements

Repère : De Rosa Parks au Civil Rights Act

Un siècle après l'abolition de l'esclavage (1865), le Sud américain vit sous les lois « Jim Crow » : ségrégation des écoles, des bus, des fontaines, validée par la doctrine `separate but equal'' (arrêt Plessy v. Ferguson, 1896). Le mouvement des droits civiques la fait tomber en une décennie : 1954, l'arrêt Brown v. Board of Education déclare la ségrégation scolaire inconstitutionnelle ; 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama), Rosa Parks refuse de céder sa place de bus à un passager blanc — le boycott des bus, mené par un jeune pasteur de 26 ans, Martin Luther King, dure 381 jours et l'emporte ; 28 août 1963, devant le Lincoln Memorial, King prononce I Have a Dream devant environ 250 000 personnes ; 1965, les marches de Selma à Montgomery, réprimées dans le sang (`Bloody Sunday''), précipitent le Voting Rights Act. Le Civil Rights Act (1964) et le Voting Rights Act (1965) démantèlent la ségrégation légale. King, prix Nobel de la paix 1964, est assassiné à Memphis le 4 avril 1968 ; le troisième lundi de janvier est aujourd'hui férié en son honneur — seul Américain non président à avoir ce privilège.

Repère : Black Lives Matter : le combat continué

L'égalité légale n'a pas clos la question. Le mouvement Black Lives Matter naît en 2013 d'un mot-dièse lancé après l'acquittement du meurtrier de Trayvon Martin, adolescent noir de Floride ; il devient mondial en mai 2020 après la mort de George Floyd, tué à Minneapolis par un policier qui resta agenouillé sur son cou plus de neuf minutes — les manifestations de l'été 2020 comptent parmi les plus massives de l'histoire américaine et essaiment jusqu'à Londres et Bristol, où la statue du marchand d'esclaves Edward Colston est jetée dans le port. Le mouvement remet en circulation les questions de l'axe : violences policières, mémoire de l'esclavage et de l'empire (statues, noms de rues), représentation des minorités — et son slogan même est un fait de langue : répondre ``All lives matter'', c'est précisément refuser d'entendre ce que le Black venait dire.

10.3 Le multiculturalisme britannique

Repère : De l'Empire Windrush au scandale Windrush

Le 22 juin 1948, le paquebot Empire Windrush accoste à Tilbury avec environ 500 passagers caribéens, invités à reconstruire la Grande-Bretagne d'après-guerre : la « génération Windrush » (près d'un demi-million de Caribéens jusqu'en 1971) fonde le multiculturalisme britannique moderne — malgré les pancartes `No Blacks, no Irish, no dogs'' et les émeutes racistes de Notting Hill (1958), auxquelles la communauté répond en créant en 1959 ce qui deviendra le Notting Hill Carnival, aujourd'hui le plus grand carnaval d'Europe. En 2018, le « scandale Windrush », révélé par la journaliste Amelia Gentleman dans le Guardian, montre l'inclusion révocable : des centaines d'enfants de cette génération, arrivés légalement mais sans papiers conservés, sont traités en immigrés illégaux par la politique de l'`hostile environment'' — licenciés, privés de soins, parfois expulsés. La ministre de l'Intérieur Amber Rudd démissionne ; l'État présente ses excuses et indemnise. Une même communauté aura donc connu, en soixante-dix ans, l'appel, le rejet, la fête nationale de la diversité — et la trahison administrative.

Repère : Benjamin Zephaniah : la voix du multiculturalisme

Benjamin Zephaniah (1958--2023), poète britannique né à Birmingham de parents caribéens, a porté la dub poetry — poésie orale sur rythme reggae — au cœur de la littérature anglaise. Son recueil Too Black, Too Strong (2001) et son poème The British (2000), qui décrit le peuple britannique comme une recette de cuisine (`Take some Picts, Celts and Silures / And let them settle…'', avant d'ajouter tour à tour Angles, Saxons, Vikings, Normands, Caribéens, Indiens, Polonais… et de conclure que tous les ingrédients doivent être traités `with justice''), est devenu un classique scolaire de l'axe. En 2003, Zephaniah refusa publiquement l'ordre de l'Empire britannique (OBE), expliquant que le mot Empire lui rappelait l'esclavage et la brutalité coloniale — geste qui résume à lui seul la question de l'axe : peut-on être inclus par une institution sans en accepter le récit ?

10.4 Les peuples autochtones

Repère : États-Unis, Australie : enfances volées

L'inclusion a d'abord pris, pour les peuples autochtones, le visage de l'assimilation forcée. Aux États-Unis, les Native Americans, déplacés vers des réserves au fil du XIXe siècle (cf. chap. 8 : la Frontière révisée), voient leurs enfants envoyés dans des boarding schools dont la devise du fondateur de Carlisle (1879), Richard Pratt, disait le projet : `Kill the Indian, save the man'' — langues et coutumes y étaient interdites. En Australie, des dizaines de milliers d'enfants aborigènes furent retirés de force à leurs familles entre 1910 environ et 1970 : les Stolen Generations, documentées par le rapport Bringing Them Home (1997). Le 13 février 2008, le Premier ministre Kevin Rudd ouvre la législature par des excuses nationales — le Sorry Speech : `For the pain, suffering and hurt of these Stolen Generations… we say sorry.'' — moment fondateur du genre « excuses d'État » qu'interroge l'axe : que répare une parole ?

Repère : Nouvelle-Zélande : le traité de Waitangi et le haka

La Nouvelle-Zélande offre le contre-modèle relatif. Le traité de Waitangi (6 février 1840), signé entre la Couronne britannique et plus de 500 chefs maoris, fait des Maoris des sujets britanniques en échange de la garantie de leurs terres — mais ses deux versions, anglaise et maorie, divergent sur le mot clé (souveraineté cédée, ou simple gouvernance ?), et les spoliations suivent. Depuis 1975, le tribunal de Waitangi instruit les violations du traité et a permis excuses et compensations ; le maori (te reo Māori) est langue officielle depuis 1987, le Waitangi Day est fête nationale, et le haka — danse cérémonielle rendue mondialement célèbre par les All Blacks de rugby — est devenu un symbole identitaire partagé, parfois au risque de la folklorisation. Inclusion réussie ou vitrine ? La question reste débattue en Nouvelle-Zélande même — c'est précisément ce débat qui en fait un objet d'étude idéal.

10.5 Droits LGBTQ+ et inclusion

Repère : De Stonewall au mariage pour tous

Dans la nuit du 28 juin 1969, la clientèle du Stonewall Inn, bar gay de Greenwich Village à New York, résiste à une descente de police : les émeutes de Stonewall, menées notamment par des figures comme Marsha P. Johnson, fondent le mouvement moderne des droits LGBTQ+ ; les premières marches commémoratives, un an plus tard, deviendront les Pride marches. Le chemin juridique est long : l'homosexualité n'est dépénalisée en Angleterre qu'en 1967, et Alan Turing — le héros de Bletchley Park (cf. chap. 9) — avait été condamné en 1952 à la castration chimique pour `gross indecency'', avant de mourir en 1954 ; il reçoit des excuses officielles du Premier ministre Gordon Brown en 2009, une grâce royale en 2013, et une loi de 2017 dite Turing Law'' étend le pardon aux dizaines de milliers d'hommes condamnés sous les mêmes lois. Le mariage entre personnes de même sexe est légalisé en Angleterre et au pays de Galles en 2013, et aux États-Unis en 2015 par l'arrêt Obergefell v. Hodges, dont la dernière phrase — les requérants demandent `equal dignity in the eyes of the law'' — fournit à l'axe sa formule.

10.6 Handicap et inclusion

Repère : De l'ADA aux Superhumans

Les États-Unis votent en 1990 l'Americans with Disabilities Act (ADA), loi pionnière qui interdit la discrimination fondée sur le handicap et impose l'accessibilité des lieux publics, transports et emplois — l'équivalent britannique viendra en 1995 (Disability Discrimination Act), refondu en 2010 dans l'Equality Act. Le regard culturel change aussi : les Jeux paralympiques — nés des Jeux de Stoke Mandeville, organisés dès 1948 par le neurologue Ludwig Guttmann pour ses patients vétérans — trouvent à Londres en 2012 leur consécration médiatique, portée par la campagne de Channel 4 ``Meet the Superhumans'' : stades pleins, athlètes stars. La campagne elle-même fit débat : célébrer des « surhumains », n'est-ce pas suggérer que la personne handicapée ordinaire doit être extraordinaire pour être visible ? Le débat vaut mieux qu'il n'y paraît : il montre l'inclusion comme travail permanent sur les représentations, pas seulement sur les rampes d'accès. Le inclusive design — concevoir d'emblée pour tous : sous-titres, entrées de plain-pied, interfaces vocales — profite d'ailleurs à chacun : le SMS fut d'abord précieux pour les sourds, les bateaux-trottoirs servent aux poussettes.

Exemple 10.1La langue de l'inclusion — et ses débats

L'anglais contemporain négocie l'inclusion dans sa grammaire même : le they singulier pour une personne dont on ignore ou dont on respecte le genre (``Someone left their umbrella'' — usage ancien, consacré mot de l'année 2015 par l'American Dialect Society) ; le choix entre person-first language (a person with autism) et identity-first language (an autistic person), que revendiquent de nombreux militants ; les mots-valises officiels (Latinx) parfois rejetés par les communautés qu'ils désignent. Pour l'épreuve, retenez la compétence plutôt que la doctrine : savoir que ces choix existent, les repérer dans un texte, et en discuter les enjeux — la langue est ici l'objet du débat, pas seulement son véhicule.

10.7 Projet final

Méthode : Exposition : Voices of Inclusion

Créer une exposition bilingue (couloirs du lycée ou site de la classe) en cinq étapes :

  • Choisir douze voix : la classe sélectionne douze figures ou moments du chapitre (Parks, King, Zephaniah, Rudd, Turing, Guttmann, Waitangi, Stonewall…) en équilibrant pays, époques et types de combat.
  • Un panneau par voix : photo ou illustration, une citation originale en anglais (vérifiée et sourcée), notice de 100 mots en anglais — rédigée avec les passifs de compte rendu et le lexique du positionnement (chap. 3 et 5).
  • L'audio-guide : chaque groupe enregistre 90 secondes par panneau (partition orale, chap. 4) ; un QR code renvoie à l'enregistrement.
  • La médiation : pour chaque panneau, un cartel en français de 50 mots destiné aux visiteurs non anglophones — exercice de médiation authentique (chap. 6).
  • Le vernissage : visite guidée en anglais pour une autre classe ; questions-réponses en interaction ; bilan sur la grille B2.

10.8 Exercices

Exercice

Vocabulaire de l'axe. Complétez avec : equity, empowerment, mainstream, sense of belonging, to take a stand, accessibility.

  • Rosa Parks decided      by refusing to give up her seat.
  • Equality gives everyone the same rules;      gives everyone the same chances.
  • Ramps, subtitles and voice interfaces are all matters of
    .
  • The carnival gave the community a      in a city that had rejected it.
  • Education is the most powerful tool of      for marginalised groups.
  • Paralympic sport has moved from the margins into the
    .
Solution
  • to take a stand
  • equity
  • accessibility
  • sense of belonging
  • empowerment
  • mainstream

Exercice

Chronologie croisée. Classez ces huit événements dans l'ordre et indiquez le pays concerné : arrêt Obergefell v. Hodges ; arrivée de l'Empire Windrush ; Sorry Speech de Kevin Rudd ; boycott des bus de Montgomery ; traité de Waitangi ; émeutes de Stonewall ; Americans with Disabilities Act ; I Have a Dream.

Solution

1840 — traité de Waitangi (Nouvelle-Zélande) ; 1948 — arrivée de l'Empire Windrush à Tilbury (Royaume-Uni) ; 1955--1956 — boycott des bus de Montgomery (États-Unis) ; 1963 — I Have a Dream à Washington (États-Unis) ; 1969 — émeutes de Stonewall à New York (États-Unis) ; 1990 — Americans with Disabilities Act (États-Unis) ; 2008 — Sorry Speech de Kevin Rudd (Australie) ; 2015 — arrêt Obergefell v. Hodges (États-Unis).

Exercice

Compréhension fine. Martin Luther King déclare en 1963 : ``I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.''

  • Identifiez deux procédés rhétoriques et leur effet.
  • Quel temps et quel modal King emploie-t-il, et pourquoi ce choix est-il signifiant ? (cf. chap. 1 et 2)
Solution
  • L'antithèse en parallélisme ``not by the color of their skin but by the content of their character'', soulignée par l'allitération (color/character, skin/content en écho) : la balance syntaxique met les deux critères sur les plateaux d'une même pesée et disqualifie le premier. L'ancrage personnel (my four little children) transforme un programme politique en espoir de père — l'abstrait devient charnel.
  • Will + présent daté (one day) : non pas un souhait (would, might) mais une prédiction assurée (chap. 2 : will épistémique en haut de l'échelle). Le rêve est grammaticalement énoncé comme une certitude à venir — c'est toute la force performative du discours : dire l'avenir pour le rendre inévitable.

Exercice

Analyse. Le poème The British de Benjamin Zephaniah décrit le peuple britannique comme une recette dont on ajoute les ingrédients au fil des siècles, avant de conclure : ``Note: All the ingredients are equally important. Treating one ingredient better than another will leave a bitter unpleasant taste.'' En anglais (80--100 mots), expliquez la métaphore et ce que la « note » finale ajoute au poème, en la reliant à un fait précis du chapitre.

Solution

Proposition : Zephaniah turns the history of Britain into a recipe: every wave of settlers — Celts, Saxons, Vikings, Normans, then Caribbean, Indian or Polish migrants — is an ingredient added to the same dish, so that ``Britishness'' is by definition a mixture, not a pure origin. The final note shifts from description to warning: a recipe fails if one ingredient is treated better than another. The Windrush scandal of 2018 proved the warning right — when legally settled citizens were suddenly treated as illegal, the national dish turned bitter indeed. (89 mots)

Exercice

Médiation. Votre lycée jumelé de Sydney vous demande un paragraphe pour sa brochure d'échange. Expliquez en français, en 80--100 mots, ce que sont les Stolen Generations et pourquoi le discours de 2008 s'appelle simplement le Sorry Speech.

Solution

Proposition : Entre les années 1910 et 1970, des dizaines de milliers d'enfants aborigènes australiens ont été enlevés de force à leurs familles pour être placés dans des institutions ou des familles blanches, au nom de l'assimilation : on les appelle les « générations volées ». Un rapport officiel de 1997 a documenté ces faits et recommandé des excuses nationales. Le 13 février 2008, le Premier ministre Kevin Rudd les a présentées au Parlement ; son discours répète le mot sorry — « pardon » — resté tabou pendant des années, d'où son nom : le Sorry Speech. (92 mots)

Exercice

Essai (environ 300 mots). ``A nation's apologies for its past change nothing.'' To what extent do you agree? Mobilisez au moins trois références du chapitre (par exemple le Sorry Speech, la Turing Law, les excuses du scandale Windrush), une concession et une conclusion nette (cf. chap. 6).

Solution

Proposition de plan rédigé :

Introduction — accroche : un Parlement qui ouvre sa législature par le mot sorry (Canberra, 2008) ; problématique : une parole peut-elle réparer des politiques ?

Argument 1 — les excuses ne rendent ni les enfances volées ni les années de Turing : ni indemnisation systématique après le Sorry Speech, ni vie rendue aux condamnés de la Turing Law (pardon posthume pour la plupart) ; le scandale Windrush a même suivi de peu les célébrations officielles de la diversité — la parole d'État peut coexister avec la pratique contraire (hostile environment).

Concession — Admittedly, réduire les excuses à du symbole, c'est oublier ce qu'un symbole fait : reconnaissance officielle des faits (fin du déni), base juridique et morale pour les réparations (tribunal de Waitangi, indemnisations Windrush), et transmission scolaire — l'excuse inscrit l'injustice dans le récit national.

Réfutation — However, le critère est la suite : des excuses suivies d'actes (Waitangi : compensations, statut du maori) transforment ; des excuses sans actes anesthésient — elles offrent à la majorité l'absolution à bas prix. L'excuse est un commencement performatif, pas un solde de tout compte.

Conclusion — nette : les excuses seules ne changent rien, mais rien ne change sans elles ; what apologies change is not the past, but the story a nation is willing to tell about it — and stories, as this axis shows, are where change begins.

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