Structure des entités chimiques
Cours complet · chimie (MP2I), chapitre 1 · CPGE MP2I (1re année)
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Pourquoi l'eau est-elle liquide et le dioxyde de carbone gazeux ? Pourquoi l'eau dissout-elle le sel ? Tout commence à l'échelle de la molécule : sa structure électronique (le schéma de Lewis), sa géométrie et sa polarité déterminent ses propriétés. Ce chapitre établit ces représentations à partir du tableau périodique ; le suivant en déduira les propriétés macroscopiques.
1.1 La liaison covalente et le schéma de Lewis
Une liaison covalente est la mise en commun d'un doublet d'électrons entre deux atomes. Seuls comptent les électrons de valence (couche externe), dont le nombre se lit dans le tableau périodique (blocs s et p) : H 1, C 4, N 5, O 6, F 7…
Une liaison covalente a une longueur de l'ordre de ( : pour , pour ) et une énergie de quelques centaines de ( pour une simple, pour une double, pour une triple).
Le schéma de Lewis représente les doublets liants (liaisons) et les doublets non liants (paires libres). Chaque atome tend à s'entourer d'un octet (8 électrons ; 2 pour H) : c'est la règle de l'octet.
Méthode : Établir un schéma de Lewis
- compter le nombre total d'électrons de valence (somme sur les atomes, la charge pour un ion) ;
- former les liaisons (un doublet partagé par liaison) ;
- compléter par des doublets non liants pour satisfaire l'octet de chaque atome.
(O) (H) électrons de valence, soit doublets : liaisons O – H et doublets non liants sur l'oxygène. L'oxygène est bien entouré d'un octet, chaque H d'un duet.
- lacune électronique (octet incomplet) : le bore dans n'a que électrons (composé électrophile) ;
- hypervalence (octet dépassé) : le soufre et le phosphore peuvent s'entourer de plus de électrons (, ).
1.2 Géométrie des molécules
Autour d'un atome central, les doublets (liants et non liants) se disposent de manière à minimiser leur répulsion (donc l'énergie). Selon le nombre de directions :
Les doublets non liants déforment l'édifice (ex. l'eau est coudée, l'ammoniac pyramidal).
1.3 Électronégativité et polarité
L'électronégativité mesure la tendance d'un atome à attirer à lui les électrons d'une liaison. Elle croît de la gauche vers la droite et du bas vers le haut du tableau périodique (le fluor est le plus électronégatif).
Entre deux atomes d'électronégativités différentes, la liaison est polarisée : charges partielles et , et un moment dipolaire de liaison dirigé du vers le . Le moment dipolaire de la molécule est la somme vectorielle des moments de liaison : la molécule est polaire s'il est non nul, apolaire s'il est nul (par symétrie).
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>1.4 Exercices résolus
Donner le nombre d'électrons de valence de C, N, O, Cl.
Démonstration
C (colonne 14) : 4 ; N (15) : 5 ; O (16) : 6 ; Cl (17) : 7. (Le numéro de colonne des blocs s/p donne directement ce nombre.)
Établir le schéma de Lewis de l'ammoniac.
Démonstration
Électrons de valence : (N) (H) , soit doublets : liaisons N – H et doublet non liant sur l'azote. L'azote a son octet, chaque H son duet.
Pourquoi le schéma de Lewis de ne respecte-t-il pas la règle de l'octet ?
Démonstration
(B) (F) électrons : liaisons B – F et doublets non liants par fluor. Le bore n'est alors entouré que de électrons (lacune) : est un acide de Lewis (accepteur de doublet).
Prévoir la géométrie de et de .
Démonstration
: 4 doublets liants autour du carbone tétraédrique (). : 2 liants + 2 non liants autour de l'oxygène disposition tétraédrique, mais molécule coudée (on ne compte que les atomes), angle .
Classer par électronégativité croissante : Na, C, O, F.
Démonstration
Na C O F. L'électronégativité croît de la gauche vers la droite : le fluor est le plus électronégatif, le sodium (métal alcalin) le moins.
La liaison H – Cl est-elle polarisée ? Préciser les charges partielles.
Démonstration
Cl est plus électronégatif que H : la liaison est polarisée, avec sur Cl et sur H. Le moment dipolaire pointe de H vers Cl.
et ont des liaisons polarisées. Pourquoi l'une est-elle polaire et l'autre non ?
Démonstration
est linéaire : les deux moments C = O, opposés, se compensent molécule apolaire. est coudée : les moments O – H ne se compensent pas molécule polaire (moment résultant non nul). La géométrie décide.
La molécule est-elle polaire ? Et ?
Démonstration
(pyramidale) : les moments N – H et le doublet non liant ne se compensent pas polaire. (tétraédrique, symétrique) : les quatre moments C – Cl, identiques et disposés symétriquement, se compensent apolaire, malgré des liaisons très polarisées.
1.5 Synthèse du chapitre
- Liaison covalente = doublet partagé ; électrons de valence = numéro de colonne (blocs s/p).
- Schéma de Lewis : doublets liants + non liants, règle de l'octet (2 pour H) ; écarts : lacune (), hypervalence ().
- Géométrie (répulsion des doublets) : linéaire / triangulaire / tétraédrique ; les doublets non liants déforment ( coudée, pyramidale).
- Électronégativité croît vers le fluor ; liaison polarisée (, moment dipolaire). Molécule polaire si la somme vectorielle est non nulle (dépend de la géométrie : polaire, apolaire).
1.6 Exercices d'entraînement
- () Électrons de valence de H, B, P, S.
- () Schéma de Lewis de et de .
- () Schéma de Lewis de l'ion (compter la charge).
- () Géométrie de , , .
- () Classer l'électronégativité : H, N, O, S.
- () La liaison C = O est-elle polarisée ? Dans quel sens ?
- () est-elle polaire ? Justifier par la géométrie.
- () Pourquoi est-elle apolaire alors que est polaire ?
- () Schéma de Lewis de l'ion .
- () Justifier que l'angle H – O – H () est inférieur à l'angle tétraédrique ().
- () Établir le schéma de Lewis de (triple liaison).
- () Prévoir la géométrie et la polarité de et de .