Chimie organique : structures, synthèses, combustions
Cours complet · chimie (première), chapitre 8 · première, spécialité physique-chimie
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Médicaments, carburants, arômes, plastiques : la chimie du carbone est partout. Ce dernier chapitre en donne une première carte : décrire les molécules organiques (squelettes, groupes caractéristiques, noms, spectres infrarouges), les fabriquer (les quatre étapes d'une synthèse, le rendement), et les brûler — en calculant l'énergie libérée à partir des énergies de liaison, sans oublier les enjeux de société.
8.1 Le squelette carboné
- Formule brute : le compte des atomes — ;
- formule développée : toutes les liaisons dessinées ;
- formule semi-développée : les liaisons sont regroupées. Pour le butane : . C'est la formule de travail de la première.
Un squelette carboné est saturé s'il ne comporte que des liaisons simples (alcanes) ; il peut être linéaire ou ramifié — (méthylpropane) est un isomère ramifié du butane : même formule brute, propriétés différentes.
Le préfixe compte les carbones de la chaîne principale : méth- (1), éth- (2), prop- (3), but- (4), pent-, hex-… terminaison -ane. Les ramifications se nomment en -yl avec leur position : -méthylbutane.
8.2 Groupes caractéristiques et familles fonctionnelles
{
| Famille | Groupe caractéristique | Terminaison | Exemple |
|---|---|---|---|
| alcool | hydroxyle | -ol | : éthanol |
| aldéhyde | carbonyle en bout de chaîne | -al | : propanal |
| cétone | carbonyle dans la chaîne | -one | : propanone |
| acide carboxylique | carboxyle | acide …-oïque | : acide éthanoïque |
Méthode : Du nom à la formule et retour
- Chaîne principale : le préfixe (but- carbones) ;
- famille : la terminaison (-ol, -al, -one, acide -oïque) donne le groupe ;
- position : le numéro (butan-2-ol : le sur le carbone ), en numérotant la chaîne du côté qui donne le plus petit numéro au groupe. L'aldéhyde et l'acide sont toujours en bout de chaîne : carbone , pas de numéro nécessaire.
Exemples :
- butan-2-ol ;
- pentan-3-one ;
- acide butanoïque .
8.3 La spectroscopie infrarouge
Les liaisons d'une molécule vibrent, et chaque type de liaison absorbe le rayonnement infrarouge à des nombres d'onde caractéristiques (en cm). Le spectre IR — transmittance en fonction du nombre d'onde — présente des bandes d'absorption qui signent les groupes caractéristiques présents.
| Liaison | Nombre d'onde (cm) | Allure |
|---|---|---|
| alcool | -- | bande forte et large |
| acide carboxylique | -- | très large, chevauche C--H |
| -- | fine à moyenne | |
| (aldéhyde, cétone, acide) | -- | forte et fine |
Spectre IR simulé d'un composé portant et (un acide carboxylique, donc) : les bandes pointent vers le bas (la transmittance chute quand la liaison absorbe). L'axe est traditionnellement décroissant.
Méthode : Exploiter un spectre IR
- Chercher la bande vers cm : présente aldéhyde, cétone ou acide ;
- chercher la bande : large vers alcool ; très étalée sur – acide ;
- croiser : sans aldéhyde ou cétone (l'IR ne les distingue guère) ; sans alcool ; les deux acide carboxylique.
8.4 Les étapes d'une synthèse
- Transformation : faire réagir — souvent au reflux, qui permet de chauffer (accélérer) sans perdre de matière : les vapeurs se condensent dans le réfrigérant et retombent ;
- isolement : séparer le produit du mélange (filtration sur büchner pour un solide, décantation pour un liquide non miscible — chapitre 7) ;
- purification : éliminer les impuretés (recristallisation d'un solide, distillation d'un liquide, lavages) ;
- analyse : identifier et contrôler la pureté (CCM, température de fusion, spectre IR).
Chaque choix technique se justifie par les propriétés physico-chimiques des espèces : solubilités, miscibilités, températures de changement d'état, densités.
où se calcule par le tableau d'avancement (chapitre 4) à partir du réactif limitant. Le rendement est rogné par les transformations incomplètes, les réactions parasites et les pertes de chaque étape (transferts, filtration, purification).
On synthétise de l'éthanoate de linalyle (arôme de lavande) à partir de mol de linalol (limitant) ; après purification, on isole mol d'ester. La stœchiométrie est de : :
— honorable pour une synthèse au reflux suivie de deux lavages et d'une distillation.
8.5 Les combustions
Bois, charbon, gaz naturel (méthane ), butane, propane, essence (alcanes ), gazole, fioul, éthanol des biocarburants : l'essentiel de l'énergie domestique et des transports vient encore de la combustion de matière organique.
Méthode : Équation d'une combustion complète
Une combustion complète produit uniquement et . Pour l'équilibrer : le carbone d'abord, l'hydrogène ensuite, le dioxygène en dernier :
C'est une réaction d'oxydoréduction (chapitre 3) : le carbone est oxydé, le dioxygène réduit.
Au niveau microscopique, une combustion rompt des liaisons (ce qui coûte de l'énergie) et en forme de nouvelles (ce qui en libère). Pour une transformation en phase gazeuse :
( : énergie nécessaire pour rompre une mole de liaisons, en ). Si le bilan est négatif, la réaction libère de l'énergie : elle est exothermique — les liaisons de et sont plus solides que celles du combustible.
Données : ; ; ; .
Rompues : et : .
Formées : et : .
chaque mole de méthane brûlée libère environ kJ — de quoi porter à ébullition plus de deux litres d'eau.
Le pouvoir calorifique d'un combustible est l'énergie libérée par kilogramme brûlé :
Ordres de grandeur : méthane ; essence ; éthanol ; bois . Il se mesure par calorimétrie (chauffer une masse d'eau connue et exploiter ses variations de température).
Deux conventions, et il faut dire laquelle. L'eau formée par la combustion sort soit à l'état liquide, soit à l'état gazeux, et la vaporiser coûte de l'énergie. On distingue donc le pouvoir calorifique supérieur (PCS, eau liquide, la valeur la plus grande) et le pouvoir calorifique inférieur (PCI, eau gazeuse). L'écart atteint pour les hydrocarbures. Dans ce chapitre, les valeurs tabulées données en donnée d'énoncé sont des PCS, et les estimations par énergies de liaison — qui supposent l'eau gazeuse — sont des PCI : c'est pourquoi une estimation tombe régulièrement quelques pour cent en dessous de la table.
Applications : chauffage, moteurs thermiques, centrales, fusées. Risques : incendies et explosions (mélanges air-combustible), et surtout la combustion incomplète (dioxygène insuffisant) qui produit le monoxyde de carbone , gaz inodore et mortel — d'où l'entretien des chaudières. Enjeux climatiques : tout émis s'ajoute à l'effet de serre ; les axes d'étude actuels — biocarburants et carburants de synthèse, méthanisation des déchets, hydrogène, capture du , sobriété — visent à s'affranchir des combustibles fossiles.