Milieux ferromagnétiques
Cours complet · électromagnétisme (PSI), chapitre 5 · CPGE PSI (2e année)
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Jusqu'ici, les champs magnétiques étaient créés par des courants circulant dans le vide. Or l'expérience quotidienne — un aimant qui adhère au réfrigérateur, un tournevis qui « attrape » les vis, le noyau de fer qui décuple le champ d'une bobine — montre que la matière peut, elle aussi, être source de champ magnétique et en modifier profondément la carte. Les matériaux ferromagnétiques (fer, cobalt, nickel et leurs alliages) présentent une aimantation intense, susceptible de persister en l'absence de courant : ce sont les aimants permanents, mais aussi les noyaux de transformateurs et de machines électriques. Ce chapitre introduit les grandeurs qui décrivent l'aimantation de la matière — le vecteur aimantation , l'excitation magnétique — puis dégage la loi de comportement des milieux linéaires () et le comportement fortement non linéaire des ferromagnétiques, résumé par le cycle d'hystérésis. Nous verrons enfin comment un circuit magnétique canalise le flux, grâce à une puissante analogie avec les circuits électriques (« loi d'Ohm magnétique »). Ces notions préparent directement l'étude du transformateur et des machines tournantes.
Dans tout le chapitre, désigne la perméabilité magnétique du vide.
5.1 Aimantation de la matière
5.1.1 Origine microscopique : les moments magnétiques atomiques
À l'échelle atomique, le mouvement des électrons (orbital et de spin) confère à chaque atome un moment magnétique , comparable à celui d'une minuscule boucle de courant. Dans la plupart des matériaux, ces moments sont orientés au hasard par l'agitation thermique : leur somme est nulle et la matière n'est pas aimantée. Mais un champ extérieur, ou des interactions internes, peuvent les ordonner partiellement : la matière acquiert alors une aimantation macroscopique.
Le vecteur aimantation est le moment magnétique volumique du matériau : en un point où un volume mésoscopique porte un moment magnétique total ,
Un matériau est dit aimanté lorsque . L'aimantation peut être induite par un champ extérieur ou permanente (aimant).
a la même dimension qu'une densité surfacique de courant, ce qui n'est pas fortuit : une aimantation uniforme est équivalente à des courants d'aimantation (ou courants liés) circulant à la surface du matériau, comme les spires d'un solénoïde. Un barreau aimanté uniformément se comporte ainsi comme un solénoïde parcouru par un courant surfacique .
5.1.2 Les trois grands comportements magnétiques
Selon la réponse des moments atomiques à un champ appliqué, on distingue :
- le diamagnétisme (cuivre, eau, bismuth) : aimantation opposée au champ, très faible ( disparaît dès qu'on coupe le champ) ;
- le paramagnétisme (aluminium, platine) : aimantation alignée sur le champ, faible, disparaissant elle aussi à champ nul ;
- le ferromagnétisme (fer, cobalt, nickel) : aimantation alignée, très intense, pouvant persister sans champ appliqué. C'est le seul comportement étudié en détail ici.
Dia- et paramagnétisme correspondent à des effets minuscules ( des milliers de fois plus faible) ; en pratique, seule la matière ferromagnétique modifie sensiblement les champs et présente un intérêt technologique.
5.2 Excitation magnétique et milieux linéaires
5.2.1 Le champ dans la matière
En présence de matière aimantée, le champ magnétique a désormais deux sources : les courants libres que l'on impose (dans les fils, les bobines), et les courants d'aimantation associés à . Il devient malcommode de travailler avec seul, car une partie de ses sources (l'aimantation) dépend elle-même de . On introduit alors un champ auxiliaire, l'excitation magnétique, dont les seules sources sont les courants libres.
L'excitation magnétique (aussi appelée champ magnétique ) est définie par
Elle a la même dimension que l'aimantation. Son intérêt majeur : sa circulation ne fait intervenir que les courants libres.
La circulation de sur un contour fermé orienté est égale à l'intensité libre enlacée, à l'exclusion des courants d'aimantation :
C'est là tout l'intérêt de : on contrôle directement l'excitation par les courants qu'on impose (le courant dans une bobine fixe dans son noyau), tandis que dépend en plus de la réponse du matériau. On « pilote » , on mesure .
5.2.2 Milieux linéaires : perméabilité relative
Pour un milieu linéaire, homogène et isotrope (l.h.i.), l'aimantation induite est proportionnelle à l'excitation :
où est la susceptibilité magnétique (sans dimension). Reportée dans la définition de :
Dans un milieu l.h.i., et sont proportionnels :
où est la perméabilité relative (sans dimension) et la perméabilité absolue.
- Vide, air : ().
- Diamagnétiques : (, ).
- Paramagnétiques : (, ).
- Ferromagnétiques (régime linéaire, champs faibles) : très grand, de à ! Un même courant y crée un champ des milliers de fois plus intense que dans l'air.
Pour un ferromagnétique, la relation n'est qu'une approximation locale, valable pour les faibles excitations. En toute rigueur, n'est pas une constante : elle dépend de , du passé magnétique de l'échantillon, et la relation est multivaluée (cycle d'hystérésis, ci-après). On réserve aux milieux linéaires (dia-, para-) et au ferromagnétique idéalisé non saturé.
5.3 Le ferromagnétisme
5.3.1 Domaines de Weiss
Dans un ferromagnétique, une interaction quantique (dite d'échange) tend à aligner spontanément les moments atomiques voisins, même sans champ appliqué. Mais si tout l'échantillon était uniformément aimanté, l'énergie du champ créé à l'extérieur serait considérable. Le matériau réalise un compromis énergétique en se découpant en domaines de Weiss : de petites régions (typiquement quelques à quelques dizaines de ) à l'intérieur desquelles l'aimantation est uniforme et maximale, mais dont les orientations diffèrent d'un domaine à l'autre, de sorte que l'aimantation moyenne peut être nulle. Les frontières entre domaines sont les parois de Bloch.
Sous l'effet d'un champ extérieur croissant, deux mécanismes ordonnent les domaines :
- aux faibles champs, les parois se déplacent : les domaines favorablement orientés (proches du champ) grandissent au détriment des autres ;
- aux champs plus intenses, les aimantations des domaines basculent pour s'aligner sur le champ.
Lorsque tous les moments sont alignés, l'aimantation ne peut plus croître : c'est la saturation.
L'aimantation à saturation est la valeur maximale de , atteinte lorsque tous les moments atomiques sont alignés. Pour le fer, , ce qui fixe l'ordre de grandeur du champ maximal accessible dans un noyau de fer.
5.3.2 Le cycle d'hystérésis
Portons un échantillon ferromagnétique, initialement non aimanté, dans une excitation croissante (par exemple le champ créé par une bobine dont on augmente le courant). La courbe obtenue n'est ni linéaire, ni réversible : elle décrit un cycle d'hystérésis (figure fig:hysteresis).
- Courbe de première aimantation (pointillés) : partant de l'état vierge , croît d'abord fortement (grand ), puis sature : n'augmente plus que faiblement (pente ), les domaines étant tous alignés.
- Champ rémanent : si l'on ramène à zéro, ne revient pas à zéro mais garde une valeur . Le matériau reste aimanté sans courant : c'est le principe de l'aimant permanent.
- Excitation coercitive : pour annuler , il faut appliquer une excitation inverse . Plus est grand, plus l'aimantation est difficile à effacer.
- Irréversibilité : le trajet retour diffère du trajet aller. L'état magnétique dépend de toute l'histoire de l'échantillon (mémoire).
Sur le cycle décrit à saturation :
- le champ rémanent est la valeur de pour ;
- l'excitation coercitive est la valeur de (au signe près) qui annule .
5.3.3 Pertes par hystérésis
Parcourir un cycle coûte de l'énergie : le matériau restitue moins d'énergie lors de la désaimantation qu'il n'en a reçu lors de l'aimantation. Cette énergie perdue (dissipée en chaleur, par frottement des parois de Bloch) est reliée géométriquement à l'aire du cycle.
L'énergie dissipée par unité de volume et par cycle est égale à l'aire du cycle :
Pour un matériau soumis à une excitation alternative de fréquence , la puissance volumique dissipée est .
Ces pertes croissent avec la fréquence et avec l'aire du cycle. En régime alternatif (transformateur, machine), on choisira donc des matériaux à cycle étroit pour les minimiser. À ces pertes par hystérésis s'ajoutent, dans un noyau massif conducteur, les pertes par courants de Foucault : on feuillette alors le noyau en tôles isolées pour les réduire (voir le chapitre transformateur).
5.3.4 Matériaux doux et matériaux durs
La forme du cycle sépare les ferromagnétiques en deux familles aux usages opposés (figure fig:doux-dur).
- Matériaux doux ( faible, cycle étroit, aire petite) : fer doux, ferrites, alliages fer-silicium, permalloy. Facilement aimantables et désaimantables, à faibles pertes. Emploi : noyaux de transformateurs, de bobines et de machines, électroaimants, blindages. Ils canalisent le flux sans le mémoriser.
- Matériaux durs ( et élevés, cycle large) : alnico, ferrites dures, terres rares (néodyme-fer-bore, samarium-cobalt). Conservent durablement leur aimantation. Emploi : aimants permanents (haut-parleurs, moteurs, capteurs, disques durs).
5.3.5 Température de Curie
L'ordre ferromagnétique résulte de l'interaction d'échange ; l'agitation thermique le combat. Au-delà d'une température critique, le désordre l'emporte : le matériau perd ses propriétés ferromagnétiques.
La température de Curie est la température au-dessus de laquelle un ferromagnétique devient paramagnétique : l'aimantation spontanée disparaît, l'aimantation rémanente s'annule. La transition est réversible (le refroidissement restaure le ferromagnétisme).
Fer : ; cobalt : ; nickel : . Un aimant chauffé au-delà de son point de Curie perd irréversiblement son aimantation macroscopique (elle ne se reforme pas spontanément au refroidissement, faute de champ orientant les domaines).
5.4 Circuits magnétiques
5.4.1 Canalisation du flux
Le très grand des matériaux doux a une conséquence géométrique essentielle : les lignes de champ préfèrent de très loin cheminer dans le fer plutôt que dans l'air. Un tore de fer entourant une bobine canalise presque tout le flux magnétique à l'intérieur de la matière, comme un fil conduit le courant électrique ; le flux qui « fuit » dans l'air (flux de fuite) est négligeable. On parle de circuit magnétique.
5.4.2 Loi d'Ohm magnétique
Considérons le tore de la figure fig:tore, de section , de longueur moyenne , de perméabilité , entouré de spires parcourues par . Le théorème d'Ampère pour , appliqué à la ligne moyenne, donne . Comme et que le flux est conservé le long du tore :
On pose :
- la force magnétomotrice (f.m.m.) : (en ampères-tours) ;
- la réluctance du circuit : (en , ou ).
Le flux canalisé dans un circuit magnétique obéit à une relation analogue à la loi d'Ohm :
La correspondance est terme à terme :
Les réluctances en série s'ajoutent () ; en parallèle, ce sont leurs inverses (perméances ) qui s'ajoutent. Les flux se conservent aux nœuds (analogue de la loi des nœuds), les f.m.m. se répartissent le long des mailles (analogue de la loi des mailles).
Cette analogie n'est pas parfaite : contrairement à un courant électrique, le flux magnétique ne « dissipe » pas d'énergie par effet Joule dans la réluctance (une réluctance pure ne chauffe pas). De plus, pour un ferromagnétique, n'est pas constante (saturation, hystérésis) : dépend alors du niveau de flux, et la « loi d'Ohm magnétique » n'est linéaire que dans le domaine non saturé.
5.4.3 Rôle de l'entrefer
Un entrefer est une coupure d'air (épaisseur ) dans le circuit magnétique (figure fig:tore). Le flux étant conservatif, il traverse l'entrefer ; mais comme , la réluctance de l'entrefer est énorme devant celle du fer, à longueur égale. Les réluctances s'ajoutant en série :
Un entrefer même mince domine la réluctance et concentre presque toute la chute de f.m.m. C'est là qu'on récupère un champ intense dans l'air (électroaimant, tête de lecture, entrefer d'une machine).
5.4.4 Inductance propre d'une bobine à noyau
Enrouler spires sur un circuit magnétique de réluctance décuple le flux embrassé, donc l'inductance propre de la bobine. Le noyau de fer doux est ici modélisé linéairement (perméabilité constante, hors saturation).
Pour une bobine de spires bobinées sur un circuit magnétique de réluctance , l'inductance propre vaut
Démonstration
La loi d'Hopkinson donne le flux canalisé dans le noyau créé par le courant : . Ce flux est embrassé par chacune des spires ; le flux total (ou embrassé) de la bobine est donc . Par définition de l'inductance propre, , d'où . Le facteur (de à ) explique pourquoi un noyau de fer doux accroît considérablement l'inductance d'une bobine, à encombrement égal.
Un tore de fer doux (), de section et de longueur moyenne , porte spires. Alors
soit environ fois l'inductance de la même bobine sans noyau : c'est tout l'intérêt du noyau ferromagnétique.
5.4.5 Énergie magnétique en milieu linéaire
L'énergie emmagasinée par une bobine, , se localise dans le champ. En milieu linéaire (), la densité volumique d'énergie magnétique du vide se généralise en remplaçant par .
Dans un milieu linéaire, homogène et isotrope de perméabilité , la densité volumique d'énergie magnétique est , et l'énergie totale s'écrit
Démonstration
Vérifions cette expression sur la bobine à noyau précédente. Le théorème d'Ampère pour sur la ligne moyenne donne , d'où , uniforme dans le noyau de volume . Alors
en accord avec l'énergie de la bobine, avec . L'énergie magnétique est ainsi bien localisée dans le volume du noyau, avec la densité .
5.5 Applications
- Électroaimant : une bobine sur un noyau de fer doux avec entrefer. Le courant crée un champ intense dans l'entrefer, attirant une pièce ferromagnétique. À courant coupé, le fer doux se désaimante : l'objet est libéré (grues de levage, relais, sonnettes, freins).
- Noyau de transformateur : un circuit magnétique feuilleté (tôles fer-silicium isolées) canalise le flux commun aux enroulements primaire et secondaire. Matériau doux (pertes par hystérésis faibles) et feuilleté (pertes par courants de Foucault réduites). Objet du chapitre suivant.
- Machines électriques : stator et rotor en fer doux feuilleté canalisent le flux dans l'entrefer où s'exerce le couple. Les moteurs à aimants permanents utilisent, eux, des matériaux durs (néodyme) pour créer un flux sans bobinage d'excitation.
- Stockage et capteurs : disques durs (matériaux durs, mémoire magnétique), têtes de lecture/écriture, capteurs de champ, transducteurs.
Capacité numérique : Tracer un cycle d'hystérésis
On relève expérimentalement, pour un tore muni d'un enroulement primaire (imposant ) et secondaire (donnant par intégration de la tension induite), les couples sur une période, et l'on trace le cycle. On en déduit , et l'aire (pertes). En Python, l'aire s'obtient par intégration numérique du cycle échantillonné, par la formule du lacet (shoelace) sur les points :
soit, en pratique, aire = 0.5abs(np.sum(Hnp.roll(B,-1) - np.roll(H,-1)*B)). La puissance dissipée dans le noyau vaut alors .
- Aimantation : (moment magnétique volumique, en ). Champ dans la matière : , où est l'excitation magnétique, dont seuls les courants libres sont sources : .
- Milieu linéaire : , d'où avec . Ferromagnétiques : de à .
- Ferromagnétisme : domaines de Weiss aimantation à saturation ( pour le fer). Comportement non linéaire et à mémoire : cycle d'hystérésis , avec champ rémanent (aimant permanent), excitation coercitive . Aire du cycle pertes par hystérésis (par unité de volume et par cycle) ; puissance .
- Doux (cycle étroit, faible) : transformateurs, machines, électroaimants. Durs (cycle large, , élevés) : aimants permanents.
- Température de Curie : au-delà, le ferromagnétique devient paramagnétique.
- Circuit magnétique : le fer doux canalise le flux. Loi d'Ohm magnétique : , réluctance . Analogie : , , , . Un entrefer domine la réluctance.
- Bobine à noyau (fer doux linéaire) : inductance propre (le noyau multiplie par ). Énergie magnétique en milieu linéaire : (densité ), cohérente avec .
<i class="fa-solid fa-dumbbell mr-2" style="color:#2E7559"></i>5.6 Exercices résolus
Un tore de fer doux (), de longueur moyenne et de section , porte spires parcourues par . Calculer , et le flux .
Démonstration
Théorème d'Ampère sur la ligne moyenne : , d'où
Milieu supposé linéaire : . Cette valeur dépasse la saturation du fer () : en réalité le fer sature et chute, si bien que réel est plafonné vers . Flux (avec ) : .
Reprendre le tore précédent (régime linéaire, ). Calculer sa réluctance , puis retrouver le flux par la loi d'Hopkinson.
Démonstration
F.m.m. : A.tr. Flux : , cohérent (aux effets de saturation près) avec .
On pratique dans ce tore un entrefer d'épaisseur . Calculer la nouvelle réluctance et le flux à courant inchangé. Conclure.
Démonstration
Réluctance du fer (longueur ) : . Réluctance de l'entrefer :
En série : , six fois plus grande ! Le flux tombe à . Un entrefer de domine la réluctance d'un tore de de fer : c'est la conséquence directe du très grand .
Un noyau de transformateur (volume ) a un cycle d'aire par cycle. Il fonctionne à . Estimer la puissance dissipée par hystérésis.
Démonstration
Énergie dissipée par cycle dans tout le noyau : . Puissance : . Un cycle plus étroit (matériau plus doux) ou une fréquence plus basse réduiraient d'autant ces pertes ; c'est pourquoi les noyaux sont en fer-silicium doux.
Deux échantillons ont respectivement et , pour un même . Lequel choisir pour un électroaimant ? pour un aimant permanent ? Estimer le rapport des aires (pertes).
Démonstration
L'électroaimant doit s'aimanter et se désaimanter facilement, sans mémoire : on choisit le doux ( faible). L'aimant permanent doit résister à la désaimantation : on choisit le dur ( grand). À comparable, l'aire du cycle est grossièrement ; le rapport des pertes est de l'ordre de . Le matériau dur dissipe des milliers de fois plus par cycle : à proscrire en régime alternatif.
Un barreau de fer est aimanté à saturation, . Estimer le nombre de magnétons de Bohr par atome, sachant que la densité atomique du fer est et .
Démonstration
Aimantation à saturation : . Moment moyen par atome : . En unités de magnéton : . Environ 2 magnétons de Bohr par atome, en bon accord avec la valeur expérimentale ( pour le fer).
Un électroaimant en U (fer doux, , ligne moyenne ) porte spires. On veut dans un entrefer (même section que le fer). Quel courant faut-il ?
Démonstration
Le flux est conservé, donc est le même dans le fer et l'entrefer (mêmes sections). Le théorème d'Ampère sur la ligne moyenne donne , avec et :
Soit A.tr, d'où . L'entrefer () fournit à lui seul l'essentiel de la f.m.m. devant les de fer.
5.7 Exercices d'entraînement
- Grandeurs et unités. Rappeler les dimensions et unités de , , , , , , , . Vérifier l'homogénéité de et de .
- Susceptibilité. Un matériau paramagnétique a . Calculer et l'écart relatif de par rapport au vide à excitation donnée. Commenter le caractère négligeable de l'effet.
- Courants d'aimantation. Un barreau cylindrique (rayon , aimantation uniforme le long de l'axe) est équivalent à un solénoïde. Déterminer la densité surfacique de courant d'aimantation équivalente et le champ à l'intérieur, loin des bords.
- Lecture d'un cycle. Sur un cycle d'hystérésis donné, identifier , , et la courbe de première aimantation. Estimer graphiquement l'aire et en déduire les pertes volumiques par cycle, puis la puissance volumique à .
- Perméabilité effective. À partir de trois points d'une courbe de première aimantation, calculer en chaque point et montrer qu'elle décroît quand on approche la saturation.
- Tore sans entrefer. Un tore (, , ) porte spires. Calculer , puis le courant nécessaire pour un flux .
- Entrefer variable. Pour le tore précédent, tracer qualitativement à courant fixé lorsque l'épaisseur de l'entrefer varie de à . Où le flux chute-t-il le plus vite ?
- Réluctances en série. Un circuit magnétique comporte deux tronçons de matériaux différents (, ) et (, ), même section , en série. Exprimer et le flux pour une f.m.m. imposée.
- Analogie électrique. Dessiner le schéma électrique équivalent d'un circuit magnétique en U avec entrefer et deux bobines en série. Identifier f.m.m., réluctances et flux.
- Pertes et fréquence. Un noyau dissipe par hystérésis à . Quelle serait la puissance à (avionique), le cycle étant supposé inchangé ? Discuter les limites de cette hypothèse.
- Choix de matériau. Pour chacune des applications suivantes, indiquer s'il faut un matériau doux ou dur, et justifier : noyau de transformateur, aimant de haut-parleur, tête de lecture de disque, électroaimant de grue, blindage magnétique.
- Point de Curie. Un dispositif de sécurité (« gicleur ») utilise un aimant dont la retenue cesse quand la température dépasse le point de Curie de l'alliage. Expliquer le principe et proposer un critère de choix de l'alliage.
- Saturation et linéarité. On modélise un ferromagnétique par avec . Déterminer à faible , le comportement à grand , et esquisser (courbe anhystérétique, sans mémoire).
- Aimant permanent en circuit ouvert. Un aimant dur (, ) forme un tore avec un entrefer. Écrire le théorème d'Ampère (f.m.m. nulle, pas de bobine) et la conservation du flux ; montrer que le point de fonctionnement se trouve dans le deuxième quadrant du cycle (, ) et discuter l'influence de la longueur de l'entrefer.