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Les épreuves d'espagnol : ce qu'on attend, et comment s'y préparer

Cours · espagnol LV A et LV B (prépas ECG et ECT), chapitre 1 · prépas ECG et ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun

Beaucoup d'étudiants arrivent en prépa en pensant que l'espagnol est une langue « facile » : proche du français, régulière à l'écrit, lue comme elle s'écrit. C'est vrai au premier contact, et c'est précisément ce qui la rend traîtresse au concours. La proximité des deux langues fabrique des calques (*es por eso que), des faux amis (embarazada ne veut pas dire « embarrassée ») et une assurance trompeuse : on croit avoir compris un texte parce qu'on en reconnaît les mots, et l'on rend un résumé qui en manque l'argument.

Ce chapitre fait quatre choses. Il décrit les épreuves telles que les concours les définissent, chiffres à l'appui ; il dit ce que veulent dire les niveaux visés par le programme, C1 et B2 ; il présente les fautes que le jury sanctionne, et celles que commettent le plus souvent les francophones ; il propose une manière de travailler sur deux ans, qui tienne compte de la diversité du monde hispanophone. Les chapitres 2 à 6 reprennent chaque exercice en détail.

ImportantCe que dit le programme, et ce que sert ce chapitre

Le programme de langues vivantes des classes préparatoires économiques et commerciales (annexe VI de l'arrêté du 12 avril 2021) ne fixe ni thèmes ni œuvres. Il fixe des niveaux à atteindre en fin de seconde année — C1 pour la LV A, « notamment dans les compétences de réception », et B2-C1 pour la LV B — et des savoir-faire : compréhension fine, expression écrite et orale, traduction de textes variés, repères culturels « indispensables à la connaissance de la civilisation et de la culture des pays concernés ». Ce chapitre sert toutes les parties des deux concours, en LV A comme en LV B : c'est la carte avant le voyage.

1.1 L'espagnol à l'ELVi et à Ecricome

Les écoles de commerce recrutent par deux concours. La BCE utilise la banque de langues ELVi, conçue par emlyon business school, ESCP Business School, l'ESSEC et HEC Paris ; Ecricome a ses propres épreuves. Pour un hispaniste, la première question n'est pas « quelle épreuve ? » mais « en quelle position ? ».

Définition 1.1LV A et LV B à l'ELVi

À l'ELVi, le candidat compose dans deux langues différentes, l'une en LV A, l'autre en LV B, et l'anglais doit être l'une des deux. Il n'y a donc que deux profils possibles pour l'espagnol : espagnol en LV A (et anglais en LV B), ou anglais en LV A et espagnol en LV B. Les exercices sont les mêmes dans les deux positions ; ce qui change, ce sont les longueurs et le niveau d'exigence.

Repère : L'épreuve ELVi de la BCE

Durée : 4 heures, en LV A comme en LV B. Trois parties, toutes rédigées en espagnol sauf, évidemment, le texte source de la traduction :

  • compréhension : un résumé analytique comparatif de plusieurs documents, en 350 mots en LV A et 250 mots en LV B (à 10 % près), qui compte pour 30 points sur 100 ;
  • expression : un essai argumenté, en 500 mots en LV A et 350 mots en LV B (à 10 % près), 50 points sur 100 ;
  • traduction : un thème (du français vers l'espagnol) de 200 mots en LV A et 150 mots en LV B (à 10 % près), 20 points sur 100.

Source : concours-bce.com, « Les épreuves écrites de langues ».

Repère : L'épreuve d'Ecricome

Durée : 3 heures, en LV1 comme en LV2. Trois parties :

  • une version (de l'espagnol vers le français) d'environ 200 mots (à 20 près) ;
  • un thème (du français vers l'espagnol) d'environ 160 mots (à 20 près), littéraire en LV1 et journalistique en LV2 ;
  • un essai, sur un sujet choisi parmi deux, dont l'un porte sur la civilisation : noté 8 points pour le fond et 12 pour la forme.

La page d'Ecricome indique pour l'essai 300 mots (à 50 près) dans sa présentation et 250 mots (à 10 % près) dans son barème : vérifiez la consigne de l'année, et en cas de doute visez la zone commune aux deux fourchettes, entre 250 et 275 mots. Source : ecricome.org, « Langues vivantes ».

Figure 1. Les deux places de l'espagnol. À l'ELVi, l'anglais occupe obligatoirement l'une des deux positions : l'espagnol est donc soit en LV A, soit en LV B, jamais les deux. Les exercices sont identiques ; les longueurs et le niveau visé diffèrent. À retenir : un étudiant de LV B s'entraîne sur les mêmes méthodes qu'un étudiant de LV A, avec des productions plus courtes — pas plus simples.

iRemarqueDeux philosophies de la compréhension

L'ELVi ne contient aucune version : la compréhension y est évaluée par un résumé rédigé en espagnol. Ecricome, à l'inverse, la teste par la version, c'est-à-dire en français. Un candidat qui passe les deux concours s'entraîne donc à deux gestes : reformuler en espagnol ce qu'il a compris, ce qui exige un vocabulaire actif riche, et rendre en bon français ce qu'il a lu, ce qui exige une maîtrise du français que les hispanistes négligent à tort, parce que la proximité des deux langues invite au mot à mot.

1.2 Ce que pèse chaque partie, et ce que mesurent les longueurs

À l'ELVi, l'essai vaut à lui seul la moitié de la note (50 points sur 100), le résumé 30, le thème 20. Les longueurs ne sont pas des ordres de grandeur : elles sont données à 10 % près, et sortir de la fourchette, c'est ne pas avoir respecté la consigne. La figure 2 les représente à l'échelle.

Figure 2. Les six productions de l'ELVi en espagnol, à l'échelle. Barre foncée : LV A ; barre claire : LV B ; trait noir : la fourchette de 10 %. Comment s'en servir : l'essai de LV B (350 mots) est exactement aussi long que le résumé de LV A, et le thème de LV A dépasse à peine le tiers de l'essai de LV B. Un candidat de LV B n'écrit pas « moins bien » : il écrit plus court, et chaque mot compte davantage.

Méthode : Se répartir les quatre heures de l'ELVi

  • Lire le dossier et le sujet d'essai d'abord (20 à 25 minutes) : les documents du résumé nourrissent souvent l'essai, et l'on y relève des expressions espagnoles qu'on réemploiera.
  • Résumé (50 minutes) : repérer la question commune, la position de chaque document, leurs accords et désaccords ; rédiger, compter les mots (chapitre 2).
  • Essai (1 h 45 à 2 h) : plan de dix minutes, rédaction, une relecture ciblée — accords, ser et estar, subjonctifs, accents (chapitre 3).
  • Thème (40 à 45 minutes) : premier jet, puis relecture phrase par phrase ; aucune omission, jamais (chapitre 4).
  • Relecture finale (10 minutes), en commençant par les accents écrits, qui sont les fautes les plus faciles à corriger et les plus nombreuses.

Exercices du chapitre

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