Deux géants asiatiques : la Chine et l'Inde
Cours complet · HGG : histoire, géographie, géopolitique (ECG 2e année), chapitre 12 · prépa ECG, 2e année
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Deux États comptent chacun plus de milliard d'habitants. Ils sont voisins sur près de trois mille kilomètres. Ils ont accédé à leur forme politique actuelle à deux ans d'intervalle, en et . Ils sont tous deux dotés de l'arme nucléaire, tous deux membres des BRICS, tous deux présents dans l'Organisation de coopération de Shanghai. Et ils se sont fait la guerre.
Le programme officiel les distingue pourtant d'un mot : « la Chine, puissance mondiale, l'Inde, puissance émergente ». Cette asymétrie est le sujet du chapitre. Elle n'est ni une prophétie ni un jugement : c'est un constat daté, qui tient à un écart de calendrier, à un écart de modèle, et à un écart de moyens que les chiffres permettent de mesurer.
Trois questions organisent le propos. Par quelles trajectoires les deux États sont-ils passés de situations comparables à des positions si différentes ? Que disent exactement leurs démographies, au moment où l'une dépasse l'autre ? Et comment leur rivalité structure-t-elle le reste de l'Asie ?
12.1 Deux trajectoires, deux calendriers
Figure 1. Les deux géants et leurs lignes non réglées. La carte porte trois informations qu'il ne faut pas confondre. Les aplats d'États sont des contours réels. Les trois zones contestées portent chacune sa propre couleur, parce que les situations sont inverses : l'Aksai Chin est administré par la Chine et revendiqué par l'Inde, l'Arunachal Pradesh est administré par l'Inde et revendiqué par la Chine. Les deux lignes de contrôle enfin ne sont pas des frontières : elles n'ont jamais reçu de tracé publié et accepté par les deux parties, et leur figuration ici est approchée. Noter que la ligne sino-indienne est dessinée en trois secteurs disjoints : le Népal (de 80 à 88 °E) et le Bhoutan (de 89 à 92 °E) s'intercalent entre l'Inde et la Chine. Les deux géants ne se touchent que sur trois tronçons — le Ladakh, le Sikkim et l'Arunachal —, et c'est sur les deux extrémités, les plus longues, que se concentrent les affrontements de 1962, de 1967 et de 2020.
État capable d'agir hors de sa région, d'y projeter des forces, d'y peser sur les règles et d'y faire circuler sa monnaie, sa technologie et ses normes. Elle se distingue de la grande puissance régionale, dont l'influence s'arrête aux abords de son aire. Le seuil n'est pas une frontière nette : c'est un faisceau d'attributs qu'on énumère plutôt qu'on ne mesure.
État dont le poids économique et l'influence croissent rapidement, sans qu'il dispose encore de l'ensemble des attributs d'une puissance mondiale : capacité militaire de projection, monnaie internationale, poids normatif, réseau d'alliances. L'émergence désigne une trajectoire, non un état ; elle peut s'interrompre.
Figure 2. Deux trajectoires sur un même axe, à la même échelle. La lecture croisée est l'intérêt de la figure. Un : les deux États partent presque ensemble, à deux ans d'intervalle. Deux : le tournant économique n'a pas lieu au même moment — pour la Chine, pour l'Inde, soit treize ans d'écart, qui suffisent à expliquer une large part du décalage actuel. Trois : les deux derniers repères se répondent — la Chine voit sa population reculer en , l'Inde la dépasse en .
Repère : Ce que la frise ne peut pas porter
Côté chinois : -, guerre de Corée ; , visite de Nixon ; , rétrocession de Hong Kong ; , fin de la politique de l'enfant unique. Côté indien : , premier essai nucléaire ; -, état d'urgence ; , conflit de Kargil ; , modification du statut constitutionnel du Cachemire indien. Communs : et , incidents frontaliers himalayens ; , crise du plateau de Doklam ; , affrontement de la vallée de Galwan, le plus meurtrier depuis .
Auteur : Angus Maddison (1926-2010) — la mesure sur deux siècles
Économiste britannique, L'économie mondiale : une perspective millénaire (). La thèse. En reconstituant les produits nationaux sur le très long terme, Maddison montre que la Chine et l'Inde représentaient ensemble, au début du XIXe siècle, de l'ordre de la moitié du produit mondial — et qu'elles sont tombées ensemble à moins de dix pour cent au milieu du XXe. Le concept le plus utile. La grande divergence et son éventuel retournement : ce que nous appelons émergence est aussi un retour vers un poids ancien. La critique à connaître. Ces reconstitutions reposent sur des hypothèses fortes et sont discutées ; on les cite comme ordres de grandeur, jamais comme mesures. La filiation : le projet Maddison, poursuivi après lui.
Trois écarts de calendrier expliquent l'essentiel. Un, l'ouverture économique : en Chine, en Inde — treize ans, à un moment où le commerce mondial croissait vite. Deux, l'industrialisation : la Chine s'est insérée dans les chaînes manufacturières mondiales dès les années , l'Inde s'est développée d'abord par les services, moins créateurs d'emplois peu qualifiés. Trois, la démographie : la Chine a bénéficié d'une population d'âge actif abondante entre et , l'Inde n'y entre pleinement que maintenant. Le décalage n'est pas une infériorité : c'est un décalage.
La Chine ouvre par expérimentation localisée : quatre zones économiques spéciales en , dont Shenzhen, alors bourgade voisine de Hong Kong, où l'on teste l'investissement étranger, la propriété et le droit du travail avant de généraliser. La méthode est graduelle, décidée d'en haut, et conserve le contrôle politique intact. L'Inde ouvre sous contrainte : en , une crise de balance des paiements réduit ses réserves de change à quelques semaines d'importations et l'oblige à gager de l'or auprès d'une banque étrangère ; la libéralisation qui suit démantèle le système d'autorisations administratives hérité de l'indépendance. Deux ouvertures, dont l'une est un choix de calendrier et l'autre une réponse d'urgence.
Repère : Les deux géants en ordres de grandeur
Population : de l'ordre de milliard d'habitants pour l'Inde et pour la Chine (Nations unies, milieu des années ). Superficie : environ millions de kilomètres carrés pour la Chine, pour l'Inde — la Chine est près de trois fois plus vaste. Frontière commune : de l'ordre de kilomètres, dont aucune portion n'a été délimitée conjointement. Produit par habitant : de l'ordre de dollars pour la Chine, pour l'Inde, au taux de change courant (FMI, milieu des années ).
12.2 Deux démographies
Les deux États sont, à quelques millions près, aussi peuplés l'un que l'autre. C'est le seul point où la comparaison se fait à égalité — et il vaut la peine de regarder ce que ces deux totaux presque identiques recouvrent.
Gain de croissance potentielle dont bénéficie un pays lorsque la part de sa population en âge de travailler est élevée par rapport à celle des enfants et des personnes âgées. Il n'est potentiel que : il suppose que les actifs trouvent un emploi productif, faute de quoi il devient une charge.
Figure 3. Deux courbes de population, de aux projections de . Le fait de — l'Inde devient l'État le plus peuplé du monde — se lit sur la figure, mais la figure dit aussi qu'il ne s'agit pas d'une rupture : les deux courbes convergent depuis les années et l'écart n'était que de quelques millions au moment du croisement. Ce qui change vraiment est ce qui suit : la courbe chinoise se retourne, la courbe indienne continue de monter jusqu'aux années .
Figure 4. Deux structures par âge, à la même échelle. La figure donnait deux totaux presque égaux ; celle-ci montre qu'ils ne sont pas faits de la même chose. Les moins de trente ans représentent de l'ordre du tiers de la population chinoise et de la moitié de la population indienne. Les soixante ans et plus y sont, à l'inverse, deux fois plus nombreux en proportion en Chine qu'en Inde. Attention : ce n'est pas un avantage indien automatique — un dividende démographique suppose des emplois, et c'est précisément ce que la section suivante interroge.
La Chine a appliqué de à une politique de l'enfant unique, assortie de sanctions administratives, avant d'autoriser deux enfants en puis trois en . L'assouplissement n'a pas relevé la fécondité, tombée à de l'ordre d'un enfant par femme : une norme sociale, une fois installée, ne se défait pas par décret. L'Inde a connu, pendant l'état d'urgence de -, une campagne de stérilisations forcées dont le souvenir a durablement discrédité toute politique coercitive ; sa fécondité a baissé plus lentement, mais elle est aujourd'hui passée sous le seuil de remplacement. Deux chemins opposés, un même point d'arrivée.
Le nombre n'est pas la puissance, et trois précautions s'imposent. Un : une population nombreuse n'est un atout que si elle est scolarisée, en bonne santé et employée — sinon elle est une charge budgétaire. Deux : le taux d'activité des femmes est en Inde l'un des plus bas des grands pays, ce qui ampute le dividende annoncé. Trois : les projections démographiques au-delà de vingt ans sont solides pour les personnes déjà nées, beaucoup moins pour les naissances futures ; on les cite avec leur variante et leur date.
Un écart que la comparaison démographique masque : l'urbanisation. La part de la population vivant en ville est de l'ordre des deux tiers en Chine et d'environ un tiers en Inde, au milieu des années . La Chine a donc déjà opéré le transfert massif de population de la campagne vers la ville qui accompagne l'industrialisation ; l'Inde l'a devant elle. C'est à la fois une réserve de croissance et une charge d'équipement — logement, eau, transport — que la seule structure par âge ne laisse pas voir.
Auteur : Amartya Sen (né en 1933) — le développement comme liberté
Économiste et philosophe indien, prix Nobel d'économie , Development as Freedom (), An Uncertain Glory (, avec Jean Drèze). La thèse. Le développement ne se mesure pas au seul produit par habitant mais à l'extension des capabilités : ce que les personnes sont effectivement en mesure de faire et d'être. Le concept le plus utile. La distinction entre la croissance et le développement : l'Inde a connu la première sans que la seconde suive au même rythme, en matière de santé, d'éducation de base et de condition des femmes. Ce qu'il apporte au chapitre. La comparaison avec la Chine lui sert d'argument : à niveau de revenu comparable, les indicateurs sociaux chinois étaient longtemps en avance. La critique. On lui oppose que la priorité aux capabilités sous-estime les conditions de la croissance elle-même.
12.3 Deux modèles de puissance
Figure 5. Le même classement, deux mesures. Le fait à retenir n'est pas un chiffre mais un renversement : au taux de change courant, les États-Unis viennent devant la Chine ; en parité de pouvoir d'achat, la Chine passe devant. Et l'écart entre les deux géants est divisé par deux selon la mesure retenue — de l'ordre de à au taux courant, de à en parité. Aucune des deux mesures n'est « la bonne » : la première dit ce qu'un pays pèse dans les échanges internationaux, la seconde ce que ses habitants peuvent acheter chez eux.
Trois pièges de comparaison sur cette figure. Un : un produit total ne dit rien du niveau de vie. Rapporté aux habitants, l'écart entre les deux géants reste de l'ordre de à au taux de change courant. Deux : la parité de pouvoir d'achat flatte mécaniquement les pays où les biens non échangeables sont bon marché ; elle est pertinente pour le niveau de vie, moins pour la capacité d'achat sur les marchés mondiaux. Trois : ces agrégats sont des estimations révisées chaque année. On écrit « de l'ordre de », et l'on date.
La Chine s'est développée par l'industrie et l'investissement : usine du monde, part très élevée de la formation de capital dans le produit, insertion massive dans les chaînes de valeur manufacturières. Elle produit aujourd'hui de l'ordre du tiers de la valeur ajoutée manufacturière mondiale. L'Inde s'est développée par les services : services informatiques, ingénierie, services aux entreprises, dont les exportations se comptent en centaines de milliards de dollars. Le contraste a une conséquence sociale décisive : l'industrie emploie en masse des travailleurs peu qualifiés, les services exportés emploient une minorité diplômée. C'est pourquoi l'Inde peine à transformer sa jeunesse en emplois industriels.
Auteur : Susan Shirk (née en 1945) — la superpuissance fragile
Politiste américaine, China: Fragile Superpower (), Overreach (). La thèse. La puissance chinoise est indissociable de son insécurité intérieure : le régime tire sa légitimité de la croissance et de la fierté nationale, ce qui le rend sensible à l'opinion et pousse à la fermeté extérieure. Le concept le plus utile. La politique intérieure de la politique étrangère : les gestes diplomatiques s'adressent aussi à un public national. Sa thèse récente. La concentration du pouvoir a supprimé les contrepoids qui modéraient les décisions, produisant des excès contre-productifs — d'où le titre Overreach. La critique. On lui reproche d'expliquer par la fragilité des comportements qui peuvent relever d'un calcul de puissance.
Auteur : Christophe Jaffrelot (né en 1964) — la démocratie ethnique
Politiste français, spécialiste de l'Inde, L'Inde de Modi (). La thèse. L'Inde des années - opère un glissement du sécularisme constitutionnel vers un nationalisme hindou qui redéfinit l'appartenance nationale : les institutions démocratiques subsistent, mais le statut des minorités change. Le concept le plus utile. La démocratie ethnique : un régime où le vote demeure libre et où l'égalité civique se hiérarchise. Ce qu'il apporte au chapitre. La comparaison des deux géants ne peut pas se limiter à « régime autoritaire contre démocratie » : les deux trajectoires politiques sont plus complexes que cette opposition. La critique. Ses analyses sont contestées en Inde même, où on lui oppose la vitalité électorale du pays — de l'ordre de millions d'électeurs inscrits au scrutin de .
Auteur : Alice Ekman (née en 1983) — le projet idéologique chinois
Sinologue française, Rouge vif. L'idéal communiste chinois (). La thèse. Réduire la Chine contemporaine à un capitalisme d'État pragmatique fait manquer l'essentiel : le Parti a réinvesti l'idéologie, la formation politique et le vocabulaire marxiste, et ce réinvestissement oriente sa politique extérieure. Le concept le plus utile. La diplomatie des concepts : proposer au monde des formules — communauté de destin, civilisation, développement — qui deviennent des cadres de négociation. Ce qu'elle apporte au chapitre. La différence entre les deux géants n'est pas seulement de calendrier ou de modèle économique : l'un porte un projet exportable, l'autre revendique une singularité non transposable. La critique. On lui oppose que le discours officiel ne détermine pas mécaniquement les décisions.
12.4 Une rivalité, et deux rapports à l'Asie
Figure 6. L'océan Indien : deux dispositifs de points d'appui, de part et d'autre d'une même route. La carte ne montre pas deux chaînes symétriques. Les points chinois sont des ports, construits ou exploités par des opérateurs commerciaux, à un statut juridique différent d'un cas à l'autre, dont un seul est une base militaire. Les points indiens sont soit des territoires propres, soit des accès négociés avec un État tiers. Attention : l'expression « collier de perles » vient d'un rapport américain de ; elle n'a jamais été employée par la Chine, et la carte n'établit pas l'existence d'une chaîne unifiée.
La lecture d'une carte de points d'appui est un exercice piégé. Un : un port commercial exploité par une entreprise étrangère n'est pas une base. Deux : un contrat de concession peut être long sans être irréversible — plusieurs ont été renégociés. Trois : relier des points par un trait sur une carte crée une chaîne que les faits n'établissent pas ; c'est exactement ce que fait l'image du collier. La règle est simple : on figure les points, et l'on dit le statut de chacun.
La frontière : après la guerre de , la ligne de contrôle effectif n'a jamais été délimitée conjointement ; les incidents s'y répètent, le plus meurtrier depuis ayant eu lieu dans la vallée de Galwan en juin . Le Pakistan : allié ancien de la Chine, il reçoit le corridor sino-pakistanais, dont le tracé passe par un territoire que l'Inde revendique. L'océan Indien : l'Inde y voit son voisinage immédiat, la Chine une route vitale. Le commerce : l'Inde y accumule un déficit bilatéral très important, de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards de dollars par an, tout en dépendant de composants chinois pour son industrie. Rivalité et dépendance vont ensemble.
Auteur : C. Raja Mohan (né en 1955) — l'Inde sort du non-alignement
Politiste indien, Crossing the Rubicon (), Samudra Manthan (). La thèse. La politique étrangère indienne a franchi, après , une ligne qu'elle s'interdisait : celle du partenariat étroit avec les États-Unis, sans pour autant devenir une alliance. Le concept le plus utile. l'autonomie stratégique : ni alignement ni neutralité, mais la faculté de nouer des partenariats multiples sans en subordonner aucun. Ce qu'il éclaire. L'Inde siège au QUAD avec les États-Unis et à l'Organisation de coopération de Shanghai avec la Chine, achète des armes à la Russie et de la technologie à l'Occident. La critique. Certains y voient moins une doctrine qu'une contrainte : une puissance qui ne peut pas choisir se dit autonome.
Les deux géants n'ont pas le même rapport au reste de l'Asie. La Chine y est le premier partenaire commercial de presque tous les États, y compris de ceux qui se protègent d'elle ; sa présence est d'abord économique, et sa politique consiste à multiplier les enceintes régionales. L'Inde, qui a longtemps regardé vers l'ouest et le non-alignement, a réorienté sa diplomatie vers l'est à partir de , puis l'a affichée sous le mot d'ordre d'Act East : partenariats avec le Japon, l'Australie, le Viêt Nam et l'ASEAN. La différence est d'échelle autant que de nature — l'un organise, l'autre s'insère.
Repère : Où siègent-ils ensemble, où siègent-ils séparément
Ensemble : Nations unies, Organisation mondiale du commerce, BRICS, Organisation de coopération de Shanghai, banque asiatique d'investissement pour les infrastructures. Séparément : la Chine siège au Conseil de sécurité comme membre permanent, l'Inde n'y siège que par des mandats temporaires et demande depuis longtemps un siège permanent ; l'Inde participe au QUAD, la Chine non ; la Chine porte l'initiative des routes de la soie, à laquelle l'Inde est le seul grand État d'Asie à ne pas avoir adhéré.
Méthode : Comparer deux géants sans les caricaturer
- Comparer à date égale. et ne sont pas la même année : une part de l'écart actuel est un décalage de calendrier, pas une différence de nature.
- Dire quelle mesure on emploie. Produit total ou par habitant, taux de change courant ou parité de pouvoir d'achat : le classement change avec la mesure.
- Ne pas opposer « autoritarisme » et « démocratie » comme explication unique. Les deux trajectoires économiques ne s'en déduisent pas, et les deux régimes ont chacun évolué.
- Distinguer rivalité et rupture. Les deux États commercent massivement, siègent dans les mêmes organisations et n'ont pas rompu leurs relations diplomatiques depuis .
Un, deux États d'un poids démographique comparable dont les trajectoires économiques sont décalées d'une douzaine d'années et de deux modèles — l'industrie contre les services. Deux, le croisement démographique de change le classement sans changer immédiatement le rapport de forces : ce sont les structures par âge, non les totaux, qui comptent. Trois, l'écart de puissance se mesure très différemment selon l'instrument retenu, et aucune mesure n'est neutre. Quatre, la rivalité est réelle mais bornée : elle coexiste avec une dépendance commerciale et des appartenances communes.