Les équilibres financiers
Cours · management et sciences de gestion (ECT, 1re et 2e années), chapitre 11 · prépa ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun
Une entreprise rentable peut faire faillite. Il lui suffit de ne plus pouvoir payer ses fournisseurs, ses salariés ou sa banque à l'échéance : c'est la cessation des paiements. La rentabilité, étudiée au chapitre 10, ne garantit donc pas la solvabilité ; il faut aussi que les ressources de l'entreprise soient adaptées, par leur durée, aux emplois qu'elles financent. Ce chapitre lit le bilan sous cet angle : le bilan fonctionnel classe les emplois et les ressources selon les cycles de l'entreprise, et trois grandeurs — le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement, la trésorerie nette — en résument l'équilibre.
Thème 4, « Analyse de la performance et des équilibres financiers ». Capacité : « Analyser les équilibres financiers ». Notions : bilan fonctionnel ; FRNG, BFRE et BFRHE et trésorerie nette ; ratios de structure et de rotation ; déterminants de la variation de la trésorerie. Les indications complémentaires excluent l'étude du tableau de financement et le calcul de l'excédent de trésorerie d'exploitation, et précisent que les formules des ratios sont fournies. Le texte du thème situe l'enjeu : mesurer « la nature du risque lié à l'équilibre financier » et la capacité de l'entreprise « à faire face à ses échéances ».
11.1 Du bilan comptable au bilan fonctionnel
11.1.1 Une lecture par cycles
Le bilan comptable (chapitre 10) décrit un patrimoine : il présente les actifs en valeur nette, après amortissements et dépréciations. Le bilan fonctionnel répond à une autre question : comment l'entreprise finance-t-elle ses activités ?
Le bilan fonctionnel classe les emplois et les ressources de l'entreprise selon les trois cycles auxquels ils se rattachent :
- le cycle d'investissement (acquérir et renouveler l'outil de production) ;
- le cycle de financement (obtenir des ressources durables : apports, bénéfices conservés, emprunts) ;
- le cycle d'exploitation (acheter, produire, stocker, vendre, encaisser).
Les emplois y figurent en valeur brute : les amortissements et les dépréciations sont considérés comme des ressources que l'entreprise a reconstituées par son activité.
Repère : Les quatre étages du bilan fonctionnel
| Emplois | Ressources |
|---|---|
| Emplois stables : actif immobilisé brut (immobilisations incorporelles, corporelles, financières) | Ressources stables : capitaux propres, amortissements et dépréciations, provisions, dettes financières (hors concours bancaires courants) |
| Actif circulant d'exploitation (ACE) : stocks bruts, créances clients brutes, avances versées, autres créances d'exploitation, charges constatées d'avance | Passif circulant d'exploitation (PCE) : dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales d'exploitation, avances reçues des clients |
| Actif circulant hors exploitation (ACHE) : créances sur cessions d'immobilisations, autres créances diverses | Passif circulant hors exploitation (PCHE) : dettes sur immobilisations, impôt sur les bénéfices à payer, autres dettes diverses |
| Trésorerie active (TA) : valeurs mobilières de placement, disponibilités | Trésorerie passive (TP) : concours bancaires courants, soldes créditeurs de banque |
Méthode : Passer du bilan comptable au bilan fonctionnel
- Reprendre les actifs en valeur brute ; porter le total des amortissements et dépréciations dans les ressources stables.
- Ranger les capitaux propres, les provisions et les emprunts dans les ressources stables, en retirant des emprunts bancaires les concours bancaires courants et soldes créditeurs de banque, qui vont en trésorerie passive.
- Ventiler les créances et les dettes entre exploitation et hors exploitation, en s'aidant des informations complémentaires (une dette fiscale peut être de la TVA, rattachée à l'exploitation, ou de l'impôt sur les bénéfices, hors exploitation).
- Vérifier que le total des emplois égale le total des ressources (soit le total du bilan comptable augmenté des amortissements et dépréciations).
11.1.2 Un exemple complet
La SAS Orféa (entreprise fictive) fabrique du mobilier de bureau. En milliers d'euros :
| Actif | Brut | Amort., dépr. | Net |
|---|---|---|---|
| Immobilisations incorporelles | 120 | 40 | 80 |
| Immobilisations corporelles | 1 800 | 650 | 1 150 |
| Immobilisations financières | 60 | 60 | |
| Stocks de matières premières | 180 | 10 | 170 |
| Stocks de produits finis | 220 | 220 | |
| Créances clients | 540 | 20 | 520 |
| Autres créances (1) | 70 | 70 | |
| Charges constatées d'avance (exploitation) | 10 | 10 | |
| Valeurs mobilières de placement | 50 | 50 | |
| Disponibilités | 140 | 140 | |
| Total | 3 190 | 720 | 2 470 |
| Passif | Montant |
|---|---|
| Capital | 800 |
| Réserves | 300 |
| Résultat de l'exercice | 90 |
| Provisions pour risques | 30 |
| Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit (2) | 620 |
| Dettes fournisseurs | 360 |
| Dettes fiscales et sociales (3) | 210 |
| Dettes sur immobilisations | 40 |
| Autres dettes (hors exploitation) | 20 |
| Total | 2 470 |
(1) Dont TVA déductible 40 (exploitation) et créance sur cession d'immobilisation 30. (2) Dont concours bancaires courants 80. (3) Dont impôt sur les bénéfices 30.