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Choix d'investissement et de financement

Cours · management et sciences de gestion (ECT, 1re et 2e années), chapitre 12 · prépa ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun

Acheter une machine, ouvrir un magasin, développer un logiciel, racheter un concurrent : investir, c'est engager aujourd'hui des sommes importantes dans l'espoir de recettes futures, par nature incertaines. La décision engage l'entreprise pour des années et se défait mal. Elle pose deux questions liées : le projet rapportera-t-il assez pour justifier la mise ? Et avec quel argent le financer — celui des associés, celui des banques, celui que l'entreprise a elle-même dégagé, ou celui d'une foule d'investisseurs réunis par une plateforme ? Ce chapitre présente les outils qui éclairent ces deux choix, sans oublier qu'ils servent une stratégie.

ImportantLa question du programme

Thème 4, « Analyse de la performance et des équilibres financiers ». Deux capacités : « Analyser les choix d'investissement » (choix d'investissement ; flux nets de trésorerie ; rentabilité économique d'un investissement : VAN, TRI, DRCI ; taux d'actualisation, ses déterminants et ses conséquences) et « Analyser les choix de financement » (moyens de financement, y compris les nouveaux moyens ; choix de financement ; effet de levier). Les indications complémentaires précisent que le TRI et le DRCI se calculent uniquement par interpolation linéaire avec bornes. Le texte du thème signale aussi les « biais informationnels entre les emprunteurs et les prêteurs ».

12.1 L'investissement, une décision stratégique

Définition 12.1Investissement

Un investissement est l'engagement durable de ressources dans l'acquisition d'un actif — matériel, immatériel ou financier — dont l'entreprise attend des avantages économiques sur plusieurs exercices. Sur le plan financier, c'est une dépense immédiate contre une suite de flux de trésorerie futurs.

Repère : Typologie des investissements

  • selon leur objet : investissements de renouvellement (remplacer un équipement usé), de capacité (produire plus), de productivité (produire moins cher), d'innovation (produire autre chose) ;
  • selon leur nature : matériels (bâtiments, machines), immatériels (recherche, logiciels, formation, marque), financiers (prise de participation dans une autre société, croissance externe, chapitre 3) ;
  • selon leurs finalités : de plus en plus, des investissements de conformité et de transition (sécurité, réduction des émissions), qui répondent aux attentes des parties prenantes autant qu'à un calcul de rentabilité.
iRemarqueInvestir, c'est choisir une stratégie

Le choix d'investissement traduit les orientations stratégiques : une stratégie de domination par les coûts appelle des investissements de productivité, une stratégie de différenciation des investissements immatériels (marque, innovation), une croissance externe des investissements financiers. Il modifie aussi la structure des charges et donc le risque d'exploitation (chapitre 9). Un projet rentable mais incohérent avec la stratégie doit être écarté ; un projet peu rentable peut être retenu s'il est la condition d'une position future.

12.2 Les flux nets de trésorerie

L'analyse financière d'un projet ne raisonne pas en bénéfices, mais en flux de trésorerie : ce que le projet fait réellement entrer et sortir de la caisse, année après année.

Définition 12.2Flux net de trésorerie

Le flux net de trésorerie (FNT) d'une année est la différence entre les encaissements et les décaissements générés par le projet cette année-là. On distingue :

  • en début de projet (année 0), le capital investi : prix d'acquisition et frais de mise en service, augmentés du besoin en fonds de roulement d'exploitation initial ;
  • chaque année d'exploitation, la capacité d'autofinancement d'exploitation dégagée par le projet, diminuée des augmentations de BFRE ;
  • en fin de projet, la récupération du BFRE et la valeur résiduelle de l'investissement, nette d'impôt.

Méthode : Calculer les flux nets de trésorerie d'un projet

  • Calculer, pour chaque année, le supplément d'excédent brut d'exploitation : chiffre d'affaires supplémentaire moins charges décaissables supplémentaires.
  • Retirer la dotation aux amortissements pour obtenir le résultat avant impôt, puis calculer l'impôt sur les bénéfices supplémentaire (taux normal de l'impôt sur les sociétés : 25 %).
  • Calculer la CAF d'exploitation : résultat net dotation aux amortissements (ou, ce qui revient au même, EBE impôt).
  • Retrancher les variations de BFRE (un besoin qui augmente consomme de la trésorerie) ; ajouter en dernière année la récupération du BFRE et la valeur résiduelle nette d'impôt.

Les frais financiers (intérêts) ne sont pas déduits : le mode de financement sera étudié à part, et le coût des ressources est pris en compte par le taux d'actualisation.

iRemarquePourquoi réintégrer l'amortissement ?

L'amortissement n'est pas un décaissement : la machine a été payée en année 0. Mais il réduit le bénéfice imposable, donc l'impôt payé ; c'est pourquoi on le déduit d'abord pour calculer l'impôt, puis on le rajoute pour obtenir le flux de trésorerie. Cette économie d'impôt est l'un des avantages de l'investissement.

Repère : Le taux de l'impôt sur les sociétés

Le taux normal de l'impôt sur les sociétés est de 25 %. Les PME dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques bénéficient d'un taux réduit de 15 % sur leurs premiers 42 500 € de bénéfice (service-public.fr, fiche vérifiée le 17 février 2026). Les exercices de ce chapitre retiennent 25 %, sauf indication contraire.

Exemple 12.3La ligne de conditionnement des Maraîchers du Val

La coopérative fictive Maraîchers du Val envisage une ligne de conditionnement automatisée :

  • coût : 600 000 €, amorti en linéaire sur cinq ans (120 000 € par an) ;
  • chiffre d'affaires supplémentaire : 800 000 € par an ; charges décaissables supplémentaires : 560 000 € par an ;
  • BFRE supplémentaire : 10 % du chiffre d'affaires, soit 80 000 €, constitué dès l'année 0 et récupéré à la fin de l'année 5 ;
  • valeur résiduelle de la ligne à la fin de l'année 5 : 30 000 € ; la ligne étant entièrement amortie, cette somme est imposée à 25 %, soit 22 500 € nets.
Année012345
EBE supplémentaire240 000240 000240 000240 000240 000
Dotation aux amortissements120 000120 000120 000120 000120 000
Résultat avant impôt120 000120 000120 000120 000120 000
Impôt (25 %)30 00030 00030 00030 00030 000
Résultat net90 00090 00090 00090 00090 000
Dotation aux amortissements120 000120 000120 000120 000120 000
CAF d'exploitation210 000210 000210 000210 000210 000
Investissement
BFRE (constitution, récupération)80 000
Valeur résiduelle nette d'impôt22 500
Flux net de trésorerie210 000210 000210 000210 000312 500

Exercices du chapitre

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