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Seuil de rentabilité et risque d'exploitation

Cours · management et sciences de gestion (ECT, 1re et 2e années), chapitre 9 · prépa ECT, 1re et 2e années · le début du chapitre, la suite sur Adloun

Deux fabricants de vélos réalisent le même chiffre d'affaires et le même bénéfice. L'un possède son usine, ses machines et ses monteurs ; l'autre sous-traite l'assemblage et paie ses fournisseurs à la pièce. Que les ventes reculent de 20 %, et le premier voit son bénéfice fondre de 80 %, quand le second n'en perd que 40 %. Que les ventes progressent d'autant, et c'est le premier qui gagne le plus. La différence ne tient ni au marché ni au talent des vendeurs : elle tient à la structure des charges. Ce chapitre apprend à mesurer ce risque d'exploitation avec trois outils, le seuil de rentabilité, la marge de sécurité et le levier d'exploitation, et à le relier aux choix stratégiques de l'entreprise.

ImportantLa question du programme

Thème 3, « Organisation et coordination des activités ». Capacité : « Évaluer le risque d'exploitation (ou opérationnel) ». Notions : seuil de rentabilité ; marge et indice de sécurité ; levier d'exploitation. Le texte du thème demande d'être capable de « mesurer le risque d'exploitation d'une entreprise en fonction des spécificités et de l'évolution de son cadre stratégique » : le calcul n'est jamais une fin, il sert un diagnostic.

9.1 Le risque d'exploitation et la structure des charges

9.1.1 Un risque qui naît des charges fixes

Définition 9.1Risque d'exploitation

Le risque d'exploitation (ou risque opérationnel, au sens de ce programme) est le risque de voir le résultat de l'activité se dégrader, voire devenir une perte, lorsque le niveau d'activité baisse. Il est d'autant plus élevé que les charges fixes pèsent lourd dans le total des charges, car elles restent dues quel que soit le volume vendu.

Le chapitre 8 a défini les outils dont ce chapitre a besoin : la distinction entre charges fixes (constantes pour une capacité donnée, mais qui augmentent par paliers) et charges variables, le coût variable, la marge sur coût variable et son taux. On ne les redéfinit pas ici ; on les met en forme pour mesurer le risque.

9.1.2 Le compte de résultat différentiel

Le compte de résultat différentiel présente l'activité selon la logique des coûts partiels du chapitre 8 : les charges y sont classées selon leur variabilité, et non selon leur nature comme dans le compte de résultat du plan comptable (chapitre 10).

Repère : Notations employées dans ce chapitre

  • CA : chiffre d'affaires ; CV : coût variable ; CF : charges fixes ; : résultat ;
  • MCV : marge sur coût variable, (chapitre 8) ;
  • : taux de marge sur coût variable, (chapitre 8) ;
  • : prix de vente unitaire ; : coût variable unitaire ; : marge sur coût variable unitaire.

La marge sur coût variable sert d'abord à couvrir les charges fixes ; ce qui reste est le résultat : . C'est cette égalité qui porte tout le chapitre.

Exemple 9.2Le compte de résultat différentiel de Kerlan Cycles

La SAS Kerlan Cycles, entreprise fictive, fabrique des vélos à assistance électrique. Elle en vend 2 400 par an au prix de 1 500 € hors taxes. Le coût variable unitaire (cadre, moteur, batterie, pièces, main-d'œuvre payée à la pièce, transport) est de 900 €. Les charges fixes annuelles s'élèvent à 1 080 000 €.

ÉlémentsMontants (€)% du CA
Chiffre d'affaires ()3 600 000100
Coût variable ()2 160 00060
= Marge sur coût variable1 440 00040
Charges fixes1 080 00030
= Résultat360 00010

Le taux de marge sur coût variable est : chaque euro de vente supplémentaire rapporte 40 centimes de marge. La marge unitaire est de  € par vélo.

iRemarquePourquoi un taux constant ?

Supposer le taux de marge constant revient à supposer que le prix de vente et le coût variable unitaire ne changent pas avec les quantités. C'est une hypothèse de travail : au-delà d'un certain volume, il faut souvent consentir des remises (le prix baisse) ou payer des heures supplémentaires (le coût variable monte). Les résultats obtenus valent donc pour une zone d'activité réaliste, pas pour n'importe quel volume.

9.2 Le seuil de rentabilité

9.2.1 Définition et calcul

Définition 9.3Seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité (SR) est le chiffre d'affaires pour lequel l'entreprise ne fait ni bénéfice ni perte : la marge sur coût variable couvre exactement les charges fixes. On parle aussi de chiffre d'affaires critique. En dessous du seuil, l'activité est déficitaire ; au-dessus, chaque euro de vente dégage un bénéfice égal à euros.

À ce niveau, , d'où les trois écritures du seuil :

où est le prix de vente unitaire et le coût variable unitaire. Le seuil en quantité est aussi le seuil en valeur divisé par le prix de vente.

Exemple 9.4Le seuil de Kerlan Cycles

Vérification :  €, et . Kerlan doit vendre 1 800 vélos pour couvrir ses charges fixes ; les 600 vélos suivants (de 1 801 à 2 400) font tout son bénéfice :  €.

Exercices du chapitre

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