La lumière : images, couleurs, photons
Cours complet · physique (première), chapitre 8 · première, spécialité physique-chimie
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La seconde a construit des images à la règle (lentille convergente, rayons remarquables). La première les calcule — relation de conjugaison, grandissement —, explique les couleurs du monde (synthèses, absorption, diffusion), puis dévoile la double nature de la lumière : onde électromagnétique classée par domaines, et pluie de photons dont l'énergie explique les spectres de raies.
8.1 La relation de conjugaison
Sur l'axe optique orienté dans le sens de la lumière (et verticalement vers le haut), les positions sont repérées par des grandeurs algébriques (capacité mathématique) : pour un objet réel placé avant la lentille de centre , pour une image réelle après. La distance focale est pour une lentille convergente.
Pour une lentille mince convergente, un objet (perpendiculaire à l'axe, sur l'axe) donne une image telle que
: image agrandie ; : image renversée.
Les trois rayons remarquables de seconde, désormais mis en équation : ici donne et — image réelle, renversée, de même taille.
D'où vient le grandissement : le rayon passant par n'est pas dévié, et les angles en sont opposés par le sommet. Les triangles et sont donc semblables, et le théorème de Thalès donne directement . La formule n'est pas « fournie » : elle se démontre en une ligne.
Méthode : Calculer position et taille d'une image
- Écrire les données algébriquement ( pour un objet réel !) ;
- isoler , inverser ;
- calculer puis ;
- conclure : image réelle ou virtuelle (signe de ), droite ou renversée (signe de ), agrandie ou réduite ().
Objet de cm à cm d'une lentille de focale cm : cm,
Image réelle (), renversée (), haute de cm — sur un écran placé à cm.
8.2 Image réelle, image virtuelle
- Une image est réelle si les rayons convergent effectivement en elle : on peut la recueillir sur un écran (projecteur, rétine).
- Elle est virtuelle si les rayons semblent provenir d'elle sans y passer () : elle se voit à travers la lentille mais ne s'attrape pas sur un écran — c'est la loupe.
Même lentille ( cm), objet rapproché à cm ( cm, entre et ) :
Image virtuelle, droite, agrandie fois : la loupe. La règle : objet au-delà de image réelle renversée ; objet entre et image virtuelle droite agrandie.
La loupe : l'objet est placé entre et . Les rayons émergents (verts) divergent ; l'œil les prolonge en arrière (pointillés) et voit en une image virtuelle, droite et agrandie fois. Les deux mesures et sont négatives : l'image se forme du même côté que l'objet.
Méthode : Estimer une distance focale ; mise au point
- Estimation rapide : un objet très éloigné (fenêtre, paysage) a son image au plan focal ( donne ) : la distance lentille--écran net est .
- Mise au point : pour un objet à distance donnée, on rend l'image nette soit en déplaçant la lentille (ou l'écran) — appareils classiques — soit en changeant à géométrie fixe : c'est la stratégie de l'œil (cristallin déformable) et des lentilles liquides des smartphones.
Une lentille divergente est plus mince au centre qu'au bord : elle écarte les rayons au lieu de les rassembler. Sa distance focale est négative (), et son foyer image se trouve avant la lentille. La relation de conjugaison et le grandissement s'écrivent exactement de la même façon — c'est tout l'intérêt des grandeurs algébriques.
Lentille divergente (, foyer image avant la lentille) : les rayons émergents s'écartent, leurs prolongements (pointillés) se coupent en . Ici et donnent et .
Quel que soit l'objet réel, l'image est toujours virtuelle, droite et réduite : contrairement à la loupe, qui n'agrandit que si l'objet est entre et , la divergente se comporte ainsi systématiquement. C'est le verre des lunettes de myopie, qui écarte les rayons avant qu'ils n'entrent dans l'œil.
8.3 Couleurs : synthèses, absorption, diffusion
L'œil possède trois types de cônes (sensibles au rouge, au vert, au bleu) : toute couleur perçue se reproduit en superposant des lumières rouge, verte et bleue — la synthèse additive (écrans). Deux à deux, les primaires donnent cyan, magenta, jaune ; les trois ensemble : du blanc. Deux lumières dont la superposition donne du blanc sont complémentaires (rouge cyan, vert magenta, bleu jaune).
Les filtres, pigments et encres ne créent pas de lumière : ils en absorbent. Chaque filtre soustrait sa couleur complémentaire à la lumière qui le traverse — c'est la synthèse soustractive (imprimerie : cyan, magenta, jaune). Superposer les trois encres absorbe tout : du noir.
Choisir le bon modèle : des lumières qui se superposent s'ajoutent (écran) ; des filtres ou pigments traversés se soustraient (peinture, imprimerie).
La couleur d'un objet dépend de la lumière incidente et de trois phénomènes :
- absorption : les radiations captées, converties en chaleur ;
- diffusion : les radiations renvoyées dans toutes les directions — celles qu'on voit d'un objet opaque ;
- transmission : celles qui traversent (objets transparents, filtres).
Un objet rouge en lumière blanche diffuse le rouge et absorbe le reste ; éclairé en lumière verte, il n'a rien à diffuser : il paraît noir.
Un maillot jaune en lumière blanche diffuse rouge + vert (jaune = R + V). En lumière rouge : il diffuse le rouge, il paraît rouge. En lumière bleue : rien à diffuser, il paraît noir. La « couleur » n'est pas dans l'objet, mais dans le couple objet--éclairage.
8.4 Les domaines des ondes électromagnétiques
La lumière visible n'est qu'une étroite fenêtre d'une famille immense : les ondes électromagnétiques, qui se propagent dans le vide à , avec
L'échelle des longueurs d'onde (chaque graduation divise par ) : des ondes radio ( km, Hz) aux rayons ( pm), en passant par le wifi ( cm, GHz), l'imagerie médicale (rayons X, nm) et l'étroite bande visible.
8.5 Le photon et la quantification de l'énergie
Au modèle ondulatoire, la physique du XXe siècle superpose un modèle particulaire : la lumière transporte son énergie par quanta — les photons — d'énergie
Photon rouge ( nm) : eV (avec eV , l'unité naturelle de l'atome). Un photon UV est plus énergétique qu'un photon rouge — d'où les coups de soleil, que la lumière visible, même intense, ne cause pas.
Dans un atome, l'énergie ne peut prendre que certaines valeurs : les niveaux d'énergie, quantifiés. L'atome n'échange de la lumière que par sauts entre niveaux :
- absorption : l'atome monte de à en absorbant un photon tel que ;
- émission : il redescend en émettant un photon de même énergie .
Chaque élément possède ses niveaux propres : son spectre de raies est sa signature.
Diagramme de niveaux d'énergie : l'atome absorbe (bleu) ou émet (orange) un photon dont l'énergie est exactement l'écart entre deux niveaux — d'où des spectres de raies discrètes, et non continus.
Méthode : Exploiter un diagramme de niveaux
- Repérer les deux niveaux du saut, calculer (souvent en eV : convertir en joules) ;
- en déduire la fréquence puis la longueur d'onde ;
- situer la raie (visible ? UV ? IR ?) et la comparer au spectre mesuré.
Le doublet jaune du sodium provient d'une transition d'environ eV :
le jaune-orangé des anciens éclairages urbains. Obtenir le spectre d'une source spectrale et y retrouver les écarts du diagramme : c'est l'activité expérimentale reine de cette partie.