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Procréation, sexualité humaine et santé

Cours complet · SVT (seconde), chapitre 11 · seconde générale, sciences de la vie et de la Terre

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11.1 Sexualité et procréation : deux notions à distinguer

Chez de nombreux animaux, l'accouplement n'a lieu qu'au moment où la femelle est fertile (période de rut ou d'œstrus), sous le contrôle quasi exclusif des hormones. Chez l'espèce humaine, la situation est très différente : les rapports sexuels peuvent avoir lieu à tout moment du cycle, y compris en dehors de toute période de fécondité, et répondent le plus souvent à une recherche de plaisir et de lien affectif plutôt qu'à la seule reproduction.

Définition 11.1Sexualité

La sexualité humaine désigne l'ensemble des comportements, sensations et relations liés au plaisir, à l'attirance et à l'intimité entre partenaires. Elle mobilise le corps, les émotions et les relations sociales, et n'est pas nécessairement associée à un projet de reproduction.

Définition 11.2Procréation

La procréation désigne le processus biologique de reproduction : la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde, puis le développement d'un embryon jusqu'à la naissance d'un enfant.

Propriété : Une dissociation propre à l'espèce humaine

Chez l'être humain, sexualité et procréation sont dissociées : un rapport sexuel n'a pas systématiquement pour but, ni pour conséquence, une grossesse. Cette dissociation, rendue possible par le fonctionnement du cerveau humain et renforcée par l'existence de moyens de contraception, est à l'origine de la notion de sexualité choisie et responsable, distincte du seul instinct de reproduction.

11.2 Le cerveau, organe central de la sexualité humaine

11.2.1 Un circuit cérébral du plaisir

Le désir et le plaisir sexuels reposent sur l'activation, au sein du cerveau, d'un ensemble de structures appelé circuit (ou système) de la récompense.

Définition 11.3Circuit de la récompense

Le circuit de la récompense est un ensemble de structures cérébrales profondes (notamment l'aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens) qui s'activent lors d'expériences procurant du plaisir (nourriture, relations sociales, activité sexuelle) en libérant un messager chimique, la dopamine. Cette activation renforce le comportement à l'origine du plaisir et pousse à le reproduire.

Propriété : Le cerveau, siège du plaisir sexuel

L'imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle) montre que les stimulations sexuelles activent les mêmes structures du circuit de la récompense que d'autres sources de plaisir. C'est donc bien le cerveau, et non uniquement les organes génitaux, qui est l'organe central de la sexualité : il intègre les stimulations sensorielles (toucher, vue, odorat) et génère les sensations de désir et de plaisir.

11.2.2 Une double influence : hormonale et psycho-sociale

Le comportement sexuel humain est influencé par les hormones sexuelles (testostérone, œstrogènes), qui modulent le désir, mais il n'est jamais entièrement déterminé par elles.

Propriété : Facteurs hormonaux et facteurs relationnels

Le désir et le comportement sexuels humains résultent de l'intégration, au niveau du cerveau, de plusieurs types de facteurs :

  • des facteurs hormonaux : les taux de testostérone (chez l'homme et la femme) et d'œstrogènes influencent l'intensité du désir sexuel ;
  • des facteurs psychologiques et affectifs : attirance pour un partenaire, état émotionnel, estime de soi ;
  • des facteurs sociaux et culturels : éducation, normes du groupe social, contexte relationnel, consentement mutuel.

Contrairement à de nombreuses espèces animales dont le comportement sexuel est presque exclusivement déclenché par les hormones, le comportement sexuel humain reste possible, ou au contraire peut être inhibé, quel que soit le contexte hormonal, sous l'effet du contexte social et affectif.

Exemple 11.4Le contexte peut l'emporter sur l'hormone

Un contexte de stress, d'anxiété ou l'absence de consentement peut inhiber le désir sexuel même en présence d'un taux hormonal élevé ; à l'inverse, un contexte affectif favorable peut permettre l'expression du désir même lorsque les taux hormonaux sont bas. Ceci illustre que, chez l'humain, le cerveau intègre l'information hormonale sans en être l'esclave.

11.3 La procréation : du cycle féminin à la nidation

Obtenir une grossesse suppose la rencontre des deux gamètes, puis l'installation de l'embryon dans l'utérus. Chez la femme, l'appareil reproducteur s'y prépare de façon cyclique.

11.3.1 Le cycle féminin

Définition 11.5Cycle féminin

Chez la femme, de la puberté à la ménopause, l'appareil reproducteur fonctionne de façon cyclique. Un cycle, d'une durée moyenne de 28 jours, associe deux organes : l'ovaire, où un ovule mûrit puis est libéré (ovulation), et l'utérus, dont la paroi interne, la muqueuse utérine, se transforme pour pouvoir accueillir un embryon. Par convention, le premier jour des règles marque le début du cycle (jour 1).

Propriété : Deux organes synchronisés par les hormones ovariennes

Le fonctionnement de l'ovaire et de l'utérus est coordonné par des hormones sécrétées par l'ovaire lui-même :

  • pendant la première moitié du cycle, un follicule ovarien grossit et sécrète des quantités croissantes d'œstrogènes, qui font épaissir la muqueuse utérine ;
  • vers le milieu du cycle (jour 14) a lieu l'ovulation : le follicule libère un ovule, aussitôt capté par la trompe ;
  • pendant la seconde moitié du cycle, le follicule vidé se transforme en corps jaune, qui sécrète de la progestérone ; celle-ci entretient la muqueuse utérine, désormais épaisse et richement vascularisée, prête pour une éventuelle nidation ;
  • en l'absence de fécondation, le corps jaune régresse, les taux hormonaux chutent et la muqueuse, qui n'est plus entretenue, se désagrège : ce sont les règles, qui ouvrent le cycle suivant.
Figure : Le cycle féminin (28 jours) : l'ovulation (jour 14) sépare la phase de maturation du follicule de celle du corps jaune. La muqueuse utérine, épaissie sous l'effet des œstrogènes puis entretenue par la progestérone, est éliminée lors des règles en l'absence de fécondation. Les trois bandeaux partagent le même axe des jours ; les courbes hormonales donnent l'allure des variations, sans échelle précise.
Exemple 11.6La date de l'ovulation n'est pas fixe

La durée de 28 jours n'est qu'une moyenne, et la date de l'ovulation varie d'une femme à l'autre et d'un cycle à l'autre. C'est ce qui rend peu fiables les méthodes de contraception fondées sur le seul calcul des dates du cycle.

11.3.2 La fécondation et le début de la grossesse

Définition 11.7Fécondation

La fécondation est la fusion d'un spermatozoïde et d'un ovule, qui donne une cellule unique, la cellule-œuf (ou zygote), première cellule d'un nouvel individu. Elle a lieu dans la trompe, dans les heures qui suivent un rapport sexuel non protégé survenu à proximité de l'ovulation.

Propriété : De la fécondation à la nidation

Après la fécondation :

  • la cellule-œuf se divise (segmentation) tout en migrant le long de la trompe vers l'utérus, formant un petit amas de cellules, l'embryon ;
  • environ une semaine après la fécondation, l'embryon s'implante dans la muqueuse utérine : c'est la nidation, qui marque le début de la grossesse ;
  • la muqueuse, maintenue par les hormones de la grossesse, n'est plus éliminée : les règles n'ont pas lieu, ce qui est souvent le premier signe d'une grossesse.
Figure : Trajet de l'ovulation à la nidation. 1 Ovulation : l'ovaire libère un ovule, capté par la trompe. 2 Fécondation dans la trompe. 3 Segmentation et migration de l'embryon vers l'utérus. 4 Nidation : implantation dans la muqueuse utérine (début de la grossesse).

11.4 Maîtriser sa procréation : la contraception

Parce que sexualité et procréation sont dissociées, il est possible d'avoir une vie sexuelle tout en évitant, temporairement ou durablement, une grossesse non désirée : c'est le principe de la contraception.

Définition 11.8Contraception

La contraception regroupe l'ensemble des méthodes, réversibles, qui permettent d'avoir des rapports sexuels tout en évitant une grossesse, en empêchant la rencontre des gamètes (fécondation) ou, pour certaines méthodes, la nidation de l'embryon dans l'utérus.

Propriété : Trois grands principes d'action

Selon leur mode d'action, les méthodes contraceptives peuvent :

  • faire obstacle mécanique à la rencontre des gamètes (préservatifs, qui empêchent le passage des spermatozoïdes) ;
  • bloquer l'ovulation par un apport artificiel d'hormones (pilule, implant, patch), empêchant la libération d'un ovule ;
  • empêcher la nidation de l'embryon dans la paroi utérine (dispositif intra-utérin, ou DIU).

Aucune méthode contraceptive réversible n'est efficace à 100 % ; leur efficacité dépend aussi de leur bonne utilisation.

MéthodeMode d'actionPose / priseProtège aussi des IST ?
Préservatif masculinBarrière mécanique, empêche le passage des spermatozoïdesÀ chaque rapportOui
Préservatif fémininBarrière mécanique interne au vaginÀ chaque rapportOui
Pilule œstroprogestativeHormones bloquant l'ovulationQuotidienne, à heure fixeNon
Implant contraceptifHormone diffusée en continu, bloque l'ovulationSous-cutané, valable 3 ansNon
DIU (stérilet) au cuivreEmpêche la nidation, effet spermicide localPosé par un médecin, 5 à 10 ansNon
DIU hormonalHormone locale bloquant la nidation et épaississant la glairePosé par un médecin, 3 à 6 ansNon

Méthode : Choisir une méthode contraceptive adaptée

Le choix d'une méthode contraceptive se fait avec un professionnel de santé (médecin, sage-femme, centre de planification) et dépend de plusieurs critères :

  • l'efficacité recherchée et la régularité avec laquelle la méthode peut être suivie (une pilule oubliée perd son efficacité) ;
  • l'existence d'un risque d'IST : seul le préservatif protège à la fois de la grossesse et des infections, donc les autres méthodes doivent lui être associées en cas de partenaires multiples ou de statut sérologique inconnu ;
  • les contre-indications médicales éventuelles (certaines pathologies déconseillent les hormones) ;
  • le caractère réversible souhaité et la durée d'action voulue (contraception « longue durée » comme le DIU ou l'implant, versus contraception à renouveler chaque jour ou chaque rapport).

Une méthode contraceptive n'est efficace que si elle est comprise et suivie correctement : la notice qui accompagne chaque méthode (posologie, conduite à tenir en cas d'oubli, contre-indications) doit être lue attentivement.

11.5 Contraception d'urgence et interruption volontaire de grossesse

Définition 11.9Contraception et contragestion

On distingue deux moments d'action :

  • la contraception agit avant la fécondation : elle empêche la rencontre des gamètes ou l'ovulation ;
  • la contragestion agit après une fécondation éventuelle : elle empêche la nidation de l'embryon ou interrompt une grossesse débutante.
Définition 11.10Contraception d'urgence

La contraception d'urgence (dite « pilule du lendemain ») est un traitement hormonal à prendre le plus rapidement possible après un rapport non ou mal protégé, qui retarde ou empêche l'ovulation : elle relève donc de la contraception (elle agit avant la fécondation), et non de la contragestion. Elle n'est pas une méthode de contraception régulière et ne protège pas des IST.

Propriété : Un recours d'exception, pas une routine

La contraception d'urgence est d'autant plus efficace qu'elle est prise tôt après le rapport à risque. En France, elle est disponible sans ordonnance et gratuitement en pharmacie pour toutes les femmes, quel que soit leur âge ; pour les mineures, elle peut en outre être obtenue de façon anonyme (notamment auprès de l'infirmerie scolaire). Elle ne remplace en aucun cas une méthode contraceptive régulière ni le préservatif.

Définition 11.11Interruption volontaire de grossesse, IVG

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est l'acte médical, encadré par la loi, par lequel une grossesse non désirée est interrompue à la demande de la femme concernée, avant un terme légal. Elle peut être réalisée par voie médicamenteuse (jusqu'à un certain stade) ou par voie instrumentale, sous contrôle médical. Interrompant une grossesse déjà installée, elle relève de la contragestion.

Exemple 11.12Une liberté encadrée

En France, l'IVG a été dépénalisée par la loi Veil de 1975 ; elle est prise en charge médicalement, réalisable jusqu'à un délai fixé par la loi, et l'accès à l'information et à l'accompagnement (centres de planification, professionnels de santé) fait partie du parcours de soin. Depuis 2024, la liberté de recourir à l'IVG est inscrite dans la Constitution française.

11.6 L'aide médicale à la procréation

Certains couples, malgré des rapports réguliers et non protégés, ne parviennent pas à obtenir de grossesse : on parle d'infertilité. La médecine propose alors des techniques pour pallier cette difficulté.

Définition 11.13Aide médicale à la procréation, AMP

L'aide médicale à la procréation (AMP, ou PMA) regroupe les techniques médicales qui aident à obtenir une grossesse lorsque la fécondation naturelle est impossible. Les deux principales sont l'insémination artificielle (dépôt de spermatozoïdes sélectionnés dans l'utérus au moment de l'ovulation) et la fécondation in vitro (FIV), où la fécondation est réalisée « en laboratoire » avant transfert de l'embryon dans l'utérus.

11.7 Les infections sexuellement transmissibles et leur prévention

Au-delà du risque de grossesse non désirée, les rapports sexuels non protégés exposent à un autre risque sanitaire majeur : la transmission d'infections.

Définition 11.14Infection sexuellement transmissible, IST

Une infection sexuellement transmissible (IST) est une maladie infectieuse (due à un virus, une bactérie ou un parasite) qui se transmet principalement lors de rapports sexuels, par contact direct avec les muqueuses ou les liquides biologiques (sperme, sécrétions vaginales, sang) d'une personne infectée.

Exemple 11.15Quelques IST fréquentes

Parmi les IST les plus répandues figurent des infections virales, comme celles dues au VIH (virus de l'immunodéficience humaine, responsable du sida), au papillomavirus humain (HPV, à l'origine de certains cancers) ou à l'herpès génital, et des infections bactériennes, comme la chlamydiose, la gonorrhée ou la syphilis, généralement guérissables par antibiotiques si elles sont dépistées à temps.

Propriété : Le VIH : une infection sans guérison, mais contrôlable

Le VIH attaque les cellules du système immunitaire. En l'absence de traitement, l'infection évolue, après plusieurs années, vers le stade du sida (syndrome d'immunodéficience acquise), où l'organisme, très affaibli, devient vulnérable à des infections normalement bénignes. Il n'existe pas de traitement permettant d'éliminer le virus, mais des traitements antirétroviraux permettent aujourd'hui de bloquer sa multiplication, de préserver le système immunitaire et de réduire fortement, voire d'annuler, le risque de transmission.

Méthode : Se protéger et se faire dépister

La prévention des IST repose sur plusieurs mesures complémentaires :

  • l'usage systématique du préservatif (masculin ou féminin) lors de tout rapport sexuel avec un nouveau partenaire, ou dont le statut sérologique est inconnu ;
  • le dépistage régulier (test sanguin pour le VIH et d'autres IST, réalisable en laboratoire, en centre gratuit et anonyme, ou par autotest), notamment après un rapport à risque ou un changement de partenaire ;
  • la vaccination, lorsqu'elle existe (par exemple contre certains papillomavirus) ;
  • l'information du ou des partenaires en cas d'IST diagnostiquée, afin qu'ils puissent eux aussi se faire dépister et traiter.

Propriété : Le préservatif, seule méthode à double protection

Parmi toutes les méthodes de maîtrise de la procréation présentées dans ce chapitre, le préservatif (masculin ou féminin) est le seul moyen qui protège simultanément d'une grossesse non désirée et de la transmission des IST, y compris du VIH. C'est pourquoi il est recommandé de l'associer à une autre méthode contraceptive (pilule, implant, DIU) lorsque le risque infectieux n'est pas exclu, plutôt que de choisir entre les deux.

11.8 Ce qu'il faut retenir

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