Adloun

anglais LV A et LV B (prépas ECG et ECT) · Chapitre 7 · Exercice de TD

Une version : le dilemme d'Eveline

Le verbe : temps, aspects et modalité · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Traduire en français cet extrait d'« Eveline », nouvelle de James Joyce (Dubliners, 1914 ; domaine public, Project Gutenberg, numéro 2814), en 175 mots. Eveline hésite à partir avec l'homme qu'elle aime ; les Stores sont le magasin où elle travaille. Commenter ensuite la traduction des would. She had consented to go away, to leave her home. Was that wise? She tried to weigh each side of the question. In her home anyway she had shelter and food; she had those whom she had known all her life about her. Of course she had to work hard, both in the house and at business. What would they say of her in the Stores when they found out that she had run away with a fellow? Say she was a fool, perhaps; and her place would be filled up by advertisement. Miss Gavan would be glad. She had always had an edge on her, especially whenever there were people listening. Miss Hill, don't you see these ladies are waiting?'' Look lively, Miss Hill, please.'' She would not cry many tears at leaving the Stores. But in her new home, in a distant unknown country, it would not be like that. Then she would be married — she, Eveline. People would treat her with respect then. She would not be treated as her mother had been.

Corrigé

Proposition : « Elle avait accepté de partir, de quitter sa maison. Était-ce raisonnable ? Elle essaya de peser le pour et le contre. Chez elle, en tout cas, elle avait le gîte et le couvert ; elle avait autour d'elle ceux qu'elle connaissait depuis toujours. Bien sûr, elle devait travailler dur, à la maison comme au magasin. Que dirait-on d'elle, aux Stores, quand on apprendrait qu'elle s'était enfuie avec un garçon ? Qu'elle était folle, peut-être ; et l'on pourvoirait sa place par une petite annonce. Miss Gavan serait contente. Elle avait toujours eu une dent contre elle, surtout quand il y avait des gens pour écouter.

``Miss Hill, vous ne voyez donc pas que ces dames attendent ?''

``Un peu de nerf, Miss Hill, s'il vous plaît.''

Elle ne verserait pas beaucoup de larmes en quittant les Stores.

Mais dans sa nouvelle maison, dans un pays lointain et inconnu, ce ne serait pas comme ça. Alors elle serait mariée — elle, Eveline. Les gens la traiteraient avec respect. Elle ne serait pas traitée comme sa mère l'avait été. »

Les would. Tous les would de ce passage sont des futurs dans le passé : Eveline imagine l'avenir depuis le moment du récit. Ils se rendent par le conditionnel présent (« dirait », « serait », « traiteraient »), jamais par un imparfait d'habitude ni par un conditionnel passé. Dans when they found out, le prétérit de la subordonnée de temps correspond au futur français (« quand on apprendrait ») : c'est la règle des subordonnées de temps, transposée au passé.

Les autres points. Had consented, had known all her life : le plus-que-parfait et « depuis toujours ». She had to work hard : obligation passée (had to), « elle devait ». Shelter and food : l'équivalence « le gîte et le couvert ». Had an edge on her : « avoir une dent contre » (équivalence). Look lively : injonction familière, « un peu de nerf », « dépêchez-vous un peu ». She would not be treated as her mother had been : le passif est gardé, car il met en valeur la victime ; had been (sous-entendu treated) se rend par « l'avait été ». A fellow : « un garçon », « un homme », registre familier. Les répliques sont des souvenirs cités : on peut garder les guillemets anglais de l'original, ou les rendre par des tirets.

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