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chimie (MPSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Empilements compacts ABAB et ABCABC : la CFC est un empilement compact

Structure des solides cristallins · C. La maille cubique à faces centrées (CFC) · niveau 3 (difficile)

Énoncé

On empile des plans compacts (exercice 1) de sphères identiques de rayon . On note A le premier plan.

1) Le plan suivant, B, se pose dans la moitié des creux de A. Montrer qu'entre A et B apparaissent deux sortes de cavités : celles délimitées par trois sphères d'un plan et une sphère de l'autre (sites tétraédriques), et celles délimitées par trois sphères de chaque plan (sites octaédriques). Dénombrer, par atome d'un plan, les sites de chaque type situés entre deux plans successifs.

2) Montrer que la distance entre deux plans compacts successifs vaut (on considérera le tétraèdre régulier formé par trois sphères tangentes de A et la sphère de B posée sur elles).

3) Structure fournie : l'empilement ABAB…, où le troisième plan se place à l'aplomb du premier, définit la structure hexagonale compacte (HC), de maille prismatique droite dont la base est un losange de côté et d'angle , et dont la hauteur est ; elle contient atomes en propre. Calculer le rapport idéal et montrer que la compacité vaut encore .

4) Montrer que, dans la maille CFC, les plans perpendiculaires à une grande diagonale du cube sont des plans compacts, et qu'ils s'empilent selon ABCABC… ; vérifier que la relation redonne . Retrouver, à l'aide de la question 1, les sites tétraédriques et les sites octaédriques de la maille CFC.

5) Confronter au modèle : magnésium (HC, , ) ; zinc (HC, , ). Que dit l'écart observé pour le zinc sur le modèle des sphères dures ?

Corrigé

La stratégie. On construit l'espace plan par plan (triangle équilatéral et tétraèdre régulier d'arête ), puis on reconnaît ces plans dans la CFC : cela démontre qu'elle est compacte et fournit ses sites sans les chercher un à un.

1) Les cavités entre deux plans. Le plan A a deux creux par atome (exercice 1), « creux b » et « creux c ». Deux creux adjacents ne sont distants que de : les sphères de B ne peuvent en occuper que la moitié, disons les creux b.

Sites tétraédriques. Chaque sphère de B, posée dans un creux b, ferme une cavité délimitée par trois sphères de A et une de B (un tétraèdre régulier de centres) : une par atome de B. Symétriquement, chaque sphère de A est sous un creux de B, d'où une cavité formée d'une sphère de A et trois de B : une par atome de A. A et B ayant autant d'atomes, on compte sites tétraédriques par atome, entre deux plans successifs.

Sites octaédriques. Au-dessus de chaque creux c de A se trouve un creux de B ; la cavité est délimitée par trois sphères de A et trois sphères de B formant un triangle tourné de : un octaèdre. Il y en a autant que de creux c : site octaédrique par atome.

Chaque plan n'étant suivi que d'un intervalle, un empilement de atomes compte sites tétraédriques et octaédriques, quel que soit l'ordre d'empilement.

2) La distance entre plans. Les centres de trois sphères tangentes de A et de la sphère de B posée sur elles forment un tétraèdre régulier d'arête . Le pied G de sa hauteur est le centre de gravité du triangle de base, à de chaque sommet ; par Pythagore :

3) L'hexagonale compacte. et , d'où le rapport idéal La base est un losange de côté et d'angle , d'aire ; le volume de la maille vaut . Avec atomes : C'est la compacité de la CFC : elle ne dépend pas de l'ordre d'empilement, puisque la densité des plans et leur distance sont les mêmes.

4) La CFC vue le long de la grande diagonale. Plaçons l'origine en un sommet du cube et notons les coordonnées en unités de . Le plan d'équation , perpendiculaire à la grande diagonale issue de l'origine, contient les trois sommets , , , qui forment un triangle équilatéral de côté , et les trois centres de faces , , , qui sont les milieux de ses côtés. Deux voisins y sont à , distance de contact de la CFC : chaque atome est tangent à six voisins en hexagone, le plan est compact. Le long de la grande diagonale, de longueur , se succèdent les plans , , , : trois intervalles égaux. D'un plan au suivant, les projections sont décalées d'un même vecteur, et le quatrième revient à l'aplomb du premier : c'est l'empilement ABCABC… (le troisième plan est au-dessus des creux c de A). Donc : la relation du cours. La CFC est donc un empilement compact, ce qui démontre à la fois sa compacité et sa coordinence (six voisins dans le plan, trois au-dessus, trois au-dessous).

Les sites. La maille CFC contient atomes ; d'après la question 1, un empilement compact compte sites tétraédriques et site octaédrique par atome. On retrouve sites tétraédriques et sites octaédriques par maille, exactement le décompte du cours ( petits cubes d'arête ; centre du cube et douze milieux d'arêtes comptant ).

5) Confrontation. Magnésium : , à du rapport idéal : les atomes de magnésium se comportent comme des sphères dures. Zinc : , soit au-dessus de la valeur idéale. Les plans du zinc sont trop écartés : un atome de zinc n'est pas une sphère (six voisins à dans le plan, six à hors du plan). Le modèle des sphères dures, excellent pour le magnésium, atteint ici sa limite.

Ce que l'exercice installe. Le plan compact suffit à tout : deux sites tétraédriques et un octaédrique par atome, , compacité . La CFC est l'empilement ABC vu le long de la grande diagonale : c'est ainsi qu'on localise les sites « entre les plans d'empilement », comme le demande le programme.

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