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chimie (PCSI) · Chapitre 13 · Application directe du cours

Réduire la vanilline par

Oxydoréduction en chimie organique · niveau 2

Énoncé

La vanilline, principal arôme de la vanille, est le 4-hydroxy-3-méthoxybenzaldéhyde, () : un cycle benzénique porte un groupe , en position 4 par rapport à lui un groupe hydroxyle phénolique , et entre les deux un groupe méthoxy . Protocole : on dissout g de vanilline dans mL de soude à ; on refroidit dans un bain de glace, puis on ajoute par petites portions g de tétrahydroborate de sodium () ; on agite dix minutes ; on ajoute enfin goutte à goutte de l'acide chlorhydrique à jusqu'à : un dégagement gazeux se produit, puis un solide blanc précipite. Après filtration et séchage, on obtient g d'alcool vanillique (). Le du groupe phénol de la vanilline vaut .

  • Écrire le mécanisme de la réduction, en modélisant l'ion tétrahydroborate comme un donneur d'ion hydrure : flèches courbes, intermédiaire, protonation.
  • Écrire le bilan de la réduction de la vanilline par un ion (on pourra s'appuyer sur le bilan condensé du cours). Quelle masse minimale de faut-il pour réduire g de vanilline ? Combien d'équivalents d'hydrure par groupe carbonyle a-t-on introduits ?
  • Le tétrahydroborate est détruit en milieu acide selon . Vérifier cette équation. Pourquoi opère-t-on en milieu basique ? Quel est le gaz qui se dégage à la fin, et pourquoi acidifie-t-on ?
  • Sous quelle forme se trouve le groupe phénol dans la soude ? Pourquoi la vanilline est-elle soluble dans la soude et l'alcool vanillique précipite-t-il à ? Le groupe méthoxy et le cycle sont-ils touchés ?
  • Comment suivre la réaction par spectroscopie infrarouge et par RMN ?
  • Calculer le rendement.

Corrigé

La stratégie. Mécanisme du cours ; quatre hydrures par ion ; chaque étape du protocole expliquée par l'acido-basicité.

1) Le mécanisme. Le carbone du carbonyle est électrophile (, ). Première étape, addition nucléophile : une flèche courbe part du doublet de la liaison et pointe vers le carbone du carbonyle ; simultanément, une seconde flèche part du doublet de la liaison et pointe vers l'oxygène. Il se forme une liaison et un ion alcoolate , l'oxygène portant trois doublets non liants et la charge négative. Seconde étape, acide-base : une flèche d'un doublet de l'oxygène de l'alcoolate vers un hydrogène de l'eau, une autre du doublet de l'eau vers son oxygène : l'alcoolate est protoné en alcool, un ion hydroxyde est libéré. Les trois autres hydrures sont transférés de même.

2) Un ion pour quatre carbonyles. Le cours donne . Pour la vanilline (, où désigne le cycle substitué) :

mmol. Il faut au minimum mmol de , soit

On en introduit g, soit mmol de , donc mmol d'hydrure : quatre équivalents d'hydrure par carbonyle, le quadruple du minimum. Cet excès compense la destruction lente du réactif par l'eau et assure une réaction complète en dix minutes.

3) Pourquoi le milieu basique. L'équation de destruction : , ; , à gauche, à droite ; , ; charge, . Cette réaction est rapide en milieu acide, lente en milieu basique, où les ions sont rares : on travaille dans la soude pour que le réducteur réduise le carbonyle, et non l'eau. À la fin, au contraire, on veut détruire l'excès : l'acidification provoque le dégagement de dihydrogène observé (l'excès, environ mmol d'hydrure, libère près d'un litre de dihydrogène : on opère sous hotte, loin de toute flamme). Elle protone aussi le phénolate (question suivante).

4) Le phénol et la solubilité. Le du phénol vaut ; dans la soude à , , la forme prédominante est le phénolate, chargé, donc soluble dans l'eau. La soude ( mmol) dépasse la vanilline ( mmol) : tout est déprotoné et dissous. À , plus de cinq unités sous le , l'alcool vanillique est sous sa forme phénol, neutre, peu soluble dans l'eau froide : il précipite. Le méthoxy (éther) et le cycle ne sont pas réduits : seul le carbonyle est attaqué, première forme de chimiosélectivité.

5) Le suivi spectroscopique. En infrarouge, la bande d'aldéhyde conjugué, vers , et les bandes d'aldéhyde disparaissent ; la bande , déjà présente (phénol), subsiste. En RMN, le singulet d'intégration 1 à ppm du proton d'aldéhyde disparaît, et un signal d'intégration 2 apparaît vers ppm : les deux protons du groupe , dans la zone .

6) Rendement. Le maximum est mmol d'alcool, soit g. On a obtenu g :

La vanilline est le réactif limitant, puisque l'hydrure est en excès d'un facteur quatre.

Ce que l'exercice installe. Le mécanisme de la réduction par l'ion tétrahydroborate en deux étapes (addition de l'hydrure, protonation de l'alcoolate), et ses flèches courbes ; la stœchiométrie d'un pour quatre carbonyles ; et le sens chimique de chaque étape d'un protocole : milieu basique pour préserver le réducteur, acidification pour détruire son excès et précipiter le produit.

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