chimie (PCSI) · Chapitre 3 · Exercice de TD
Écarts à l'octet : lacune, hypervalence, radical
Structure des entités chimiques · A. La liaison covalente et le schéma de Lewis · niveau 2
Énoncé
1) La lacune. Établir le schéma de Lewis du trifluorure de bore . Combien d'électrons entourent le bore ? réagit avec l'ammoniac pour donner une entité unique, , où l'azote est lié au bore. Établir son schéma, vérifier les octets, calculer les charges formelles de N et de B, nommer le rôle de chaque réactif.
2) Le chlorure d'aluminium gazeux, à température modérée, est formé de molécules : chaque aluminium est lié à quatre chlores, dont deux « pontants », liés aux deux aluminiums. Expliquer cette dimérisation à partir du schéma de , et vérifier par un décompte complet le schéma de .
3) L'hypervalence. et existent ; et n'existent pas. Combien d'électrons entourent P et S dans leurs schémas de Lewis (atome central lié à tous les halogènes) ? Pourquoi l'azote et l'oxygène ne peuvent-ils pas former ces composés ?
4) Le nombre impair. Compter les électrons de valence de et . Que peut-on affirmer avant tout schéma ? Proposer un schéma de chacun (N central pour ), avec charges formelles. Le dioxyde d'azote, brun, se transforme partiellement en tétraoxyde de diazote , incolore : interpréter.
Corrigé
La stratégie. La règle de l'octet est une règle, pas une loi. On identifie chaque écart par le décompte — lacune, excès, parité — puis on montre que chacun a une signature chimique.
1) et son adduit. électrons, doublets : trois liaisons et trois doublets non liants par fluor. Le bore n'est entouré que de six électrons : lacune. Toutes les charges formelles sont nulles (). L'ammoniac porte un doublet non liant ; une flèche courbe part de ce doublet et pointe vers le bore : il devient le doublet liant . Dans , azote et bore ont chacun quatre doublets liants : la lacune est comblée. , , somme nulle. L'ammoniac est donneur de doublet (base de Lewis), accepteur (acide de Lewis) : la lacune est un site réactif, et un électrophile.
2) . L'aluminium, sous le bore dans la colonne 13, a trois électrons de valence : dans , il est lacunaire comme le bore. Or chaque chlore porte trois doublets non liants : un chlore d'une molécule donne un doublet à l'aluminium de l'autre, et réciproquement. Décompte : électrons, doublets ; liaisons ; trois doublets non liants sur chacun des quatre chlores terminaux (), deux sur chacun des deux pontants () : , le compte est juste, et chaque atome a son octet. Charges formelles : , chlore pontant , terminal ; somme nulle. Le dimère comble la lacune sans partenaire extérieur.
3) L'hypervalence, et sa limite. : électrons, doublets (cinq liaisons, trois doublets par chlore) : P est entouré de électrons. : électrons, doublets : S est entouré de électrons. Les deux dépassent l'octet ; toutes leurs charges formelles sont nulles. Pour N et O, c'est impossible : un atome de la deuxième période ne dispose, sur sa couche de valence , que de quatre places pour des doublets, donc au plus huit électrons, alors qu'il en faudrait dix pour et douze pour . À partir de la troisième période, l'atome central, plus gros, accueille cinq ou six voisins (la géométrie de ces molécules à cinq ou six directions n'est pas exigible : elle serait donnée). L'octet est une limite stricte en deuxième période, une tendance au-delà.
4) Le nombre impair. : ; : . Nombres impairs : il est impossible de tout apparier, il reste au moins un électron célibataire et un atome sans octet. Ce sont des radicaux — on le sait avant de dessiner.
: , deux doublets non liants sur O (octet), un doublet non liant et un électron célibataire sur N, entouré de électrons ; , . : une liaison double et une simple ( électrons liants), deux doublets non liants sur l'oxygène doublement lié, trois sur l'autre ( électrons), il reste électron, célibataire, sur l'azote. , oxygène simplement lié , l'autre . Deux radicaux mettent en commun leurs électrons célibataires : doublet liant , à électrons tous appariés. C'est l'équilibre du chapitre sur l'équilibre chimique : le gaz brun pâlit au froid, quand le dimère incolore devient majoritaire.
Ce que l'exercice installe. Trois écarts, trois signatures : une lacune se comble par un doublet venu d'ailleurs (adduit, dimère) ; l'hypervalence n'existe qu'à partir de la troisième période ; un nombre impair d'électrons fait un radical, qui tend à s'apparier. Dans les trois cas, le décompte renseigne avant le dessin.
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