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chimie (PCSI) · Chapitre 9 · Exercice de TD

Problème : solubilité du calcaire en fonction du pH

Réactions acide-base et de précipitation · D. Réactions de précipitation · niveau 3 (difficile)

Énoncé

; / : ; / : ; . Conventions : le pH de la solution est imposé par un tampon qui ne contient pas de carbone et ne réagit pas avec les ions calcium ; on néglige le dégagement de gazeux, sauf à la question 6 ; frontières de prédominance à égalité des concentrations.

  1. Tracer le diagramme de prédominance des espèces carbonatées.
  2. Écrire l'équation de la dissolution de conduisant à l'espèce carbonatée prédominante, dans chacun des trois domaines. Calculer leurs constantes par combinaison linéaire d'équations connues.
  3. On note la solubilité et . Exprimer et la concentration totale en carbone dissous en fonction de , puis en fonction de , de et des constantes d'acidité. En déduire
  4. Déterminer les trois asymptotes de en fonction du pH et leurs pentes. (Capacité numérique.) Écrire un script qui trace exact et ses asymptotes, ainsi que le diagramme de distribution des trois espèces carbonatées dissoutes ; calculer en grammes par litre à , et .
  5. On introduit de dans de solution tamponnée. En dessous de quel pH le solide disparaît-il entièrement ? Que vaut la « solubilité » calculée à ? Que se passe-t-il réellement ?
  6. Interpréter : l'action d'un détartrant acide sur le tartre ; le creusement des grottes calcaires par les eaux de pluie chargées en , et la formation des stalactites ; le rôle du dégagement gazeux de . Énoncer le résultat obtenu.

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. Les définitions de et des , la règle de combinaison des constantes, la conservation de la matière. Aucune formule de pH : le pH est imposé par le tampon, c'est une donnée.

1) Le diagramme. prédomine pour , entre et , au-delà de .

2) Trois équations de dissolution. Partons de , de constante : c'est l'équation du domaine .

  • : le carbonate libéré est capté par ; on ajoute l'opposée de la réaction de avec l'eau (constante ) :
  • : on ajoute encore l'opposée de la réaction de avec l'eau (constante ) : de constante .

Les constantes passent de à : la même roche, très peu soluble en milieu basique, est attaquée sans retenue par un acide.

3) La solubilité. Chaque mole de dissoute libère une mole de calcium et une mole de carbone, qui se répartit entre les trois formes (le tampon n'apporte pas de carbone) : Les constantes d'acidité donnent et , donc où l'on reconnaît la fraction de carbonate du diagramme de distribution (exercice 3). Le solide étant présent, : Contrôle : en milieu très basique, et , solubilité d'un sel dont l'anion ne réagit pas.

4) Les asymptotes, et le script. Dans chaque domaine, un terme de la parenthèse l'emporte :

  • : , pente ;
  • : , pente ;
  • : , pente .

Les asymptotes se coupent aux ( à ; à ) : une ligne brisée coudée aux frontières du diagramme de prédominance. Comme est fois une somme de termes positifs, la courbe exacte est au-dessus de chaque asymptote ; aux coudes, deux termes sont égaux et l'écart vaut . Le script trace , la ligne brisée et la distribution des trois espèces carbonatées dissoutes.

import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

pKs, pKa1, pKa2, M = 8.4, 6.4, 10.3, 100.1
Ks, Ka1, Ka2 = 10**-pKs, 10**-pKa1, 10**-pKa2

def termes(pH):         # CO2(aq), HCO3-, CO3^2- rapportes a CO3^2-
    h = 10.0**-np.asarray(pH, dtype=float)
    return np.array([h**2/(Ka1*Ka2), h/Ka2, np.ones_like(h)])

def log_s(pH):
    return 0.5*np.log10(Ks*termes(pH).sum(axis=0))

def fractions(pH):      # repartition du carbone dissous
    t = termes(pH)
    return t / t.sum(axis=0)

for x in (12, 8.3, 7, 3):
    f = " ".join(f"{y:.3f}" for y in fractions(x))
    print(f"pH {x:4} : log s = {log_s(x):5.2f}, s = "
          f"{10**log_s(x)*M:.3g} g/L, fractions {f}")

pH = np.linspace(2, 14, 120001)
i = np.argmin(abs(log_s(pH) - np.log10(1.0/M)))
print(f"1,0 g/L entierement dissous pour pH <= {pH[i]:.2f}")
brisee = np.maximum.reduce([0*pH - pKs/2, (pKa2 - pKs - pH)/2,
                            (pKa1 + pKa2 - pKs)/2 - pH])
print(f"ecart maximal a la ligne brisee : "
      f"{np.max(log_s(pH) - brisee):.2f}")

fig, (g1, g2) = plt.subplots(2, 1, sharex=True)
g1.plot(pH, log_s(pH)); g1.plot(pH, brisee, "--")
g2.plot(pH, fractions(pH).T)
g1.set_ylabel("log s"); g2.set_ylabel("fraction")
g2.set_xlabel("pH"); plt.show()

Résultat obtenu en l'exécutant :

pH   12 : log s = -4.20, s = 0.00638 g/L, fractions 0.000 0.020 0.980
pH  8.3 : log s = -3.20, s = 0.0639 g/L, fractions 0.012 0.978 0.010
pH    7 : log s = -2.50, s = 0.316 g/L, fractions 0.201 0.799 0.000
pH    3 : log s =  1.15, s = 1.41e+03 g/L, fractions 1.000 0.000 0.000
1,0 g/L entierement dissous pour pH <= 6.27
ecart maximal a la ligne brisee : 0.15

Soit à , à (le pH d'une eau de mer ou d'une eau calcaire), à . Les asymptotes donnent , et : à , près du coude de , l'écart de est visible — du carbone y est déjà sous forme de dissous —, ailleurs il est négligeable. Cinq unités de pH font gagner un facteur cinquante. Les fractions disent sous quelle forme le carbone part en solution : carbonate à , hydrogénocarbonate à .

5) Dissolution totale. par litre représente . Le solide disparaît si , soit : le calcul exact donne (l'asymptote de pente donnerait ; on est trop près du coude pour s'y fier). À , la formule donne — de calcaire par litre, ce qui n'a aucun sens. La formule suppose le solide présent ; ici le gramme de calcaire se dissout entièrement bien avant saturation. C'est une rupture d'équilibre, comme chaque fois qu'on introduit moins de solide que la solution ne peut en dissoudre : l'état final est , avec . (La convention suppose que le tampon a la réserve d'ions nécessaire.)

6) Interprétations.

  • Le détartrant. Les détartrants (acide citrique, acide sulfamique, vinaigre) amènent la solution à à , loin dans le domaine de pente : la réaction , de constante , dissout tout le tartre accessible, avec effervescence.
  • Les grottes. L'eau de pluie qui traverse un sol riche en matière organique se charge en : son pH descend vers à , elle dissout le calcaire sous forme d'ions et et creuse des galeries. Quand elle suinte dans une grotte, où l'air est moins riche en , le gaz dissous s'échappe : le pH remonte, la solubilité chute, le calcaire reprécipite — stalactites et stalagmites.
  • Le dégagement gazeux. Si le formé quitte la solution, le quotient de la réaction de dissolution reste inférieur à sa constante, et la dissolution continue jusqu'à disparition du solide : le système est ouvert, comme le sang de l'exercice 4. Inversement, un dégazage force la précipitation.

Le résultat obtenu — la solubilité du calcaire en fonction du pH. Pour le carbonate de calcium en solution de pH imposé, le diagramme est asymptotiquement une ligne brisée de pentes , et , coudée aux deux du couple carbonate. Valable tant que le solide est présent ; au-delà, rupture d'équilibre.

Ce que le problème installe. La solubilité dépend du pH dès que l'anion du sel est une base : on l'obtient par conservation de la matière et fractions de distribution, et la pente de chaque asymptote vaut moins la moitié du nombre de consommés par l'équation de dissolution prépondérante (, , puis ), la moitié parce que figure au carré dans la loi d'action des masses. Et les deux limites de toute formule de solubilité : elle suppose le solide présent, et un système fermé.

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