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chimie (PCSI) · Chapitre 9 · Exercice de TD

Recristallisation du nitrate de potassium

Réactions acide-base et de précipitation · D. Réactions de précipitation · niveau 2

Énoncé

Les courbes de solubilité de deux sels dans l'eau donnent les valeurs suivantes (masse maximale de sel, en grammes, dissoute dans d'eau ; tables usuelles, arrondies) :

(°C)

On admet que la présence d'un sel ne modifie pas la solubilité de l'autre (ils n'ont aucun ion commun).

  1. Comparer l'influence de la température sur les deux solubilités. Quel caractère de la dissolution de cela traduit-il qualitativement ?
  2. On veut purifier d'un mélange de de et de par recristallisation dans l'eau. Quelle masse minimale d'eau à 100 °C dissout tout le nitrate de potassium ? Dissout-elle aussi tout le chlorure de sodium ?
  3. On refroidit à 20 °C. Masse de cristallisée, rendement de la purification ; le chlorure de sodium cristallise-t-il ? Que gagne-t-on en refroidissant jusqu'à 0 °C ?
  4. Même question (refroidissement à 20 °C) si le mélange contient de et de . Quelle contrainte fixe désormais la masse d'eau ? Nouveau rendement.
  5. Pourquoi ne peut-on pas décrire ces solutions à l'aide d'un produit de solubilité écrit avec les concentrations ?

Corrigé

La stratégie. On dissout tout à chaud dans le moins d'eau possible, on refroidit : le produit principal, dont la solubilité s'effondre, cristallise ; l'impureté reste dissoute à condition que sa quantité ne dépasse pas sa solubilité à froid.

1) Deux comportements. La solubilité de est multipliée par huit entre 20 °C et 100 °C, celle de n'augmente que de . Une solubilité qui croît fortement avec la température traduit une dissolution endothermique (on l'admet : une élévation de température la favorise — dissoudre du nitrate de potassium refroidit d'ailleurs nettement l'eau). La dissolution de est presque athermique. La température est, avec le pH et l'ion commun, l'un des facteurs qui influencent la solubilité.

2) La dissolution à chaud. À 100 °C, d'eau dissolvent de ; pour , il faut au minimum Le chlorure de sodium demande, à 100 °C, d'eau : suffisent, tout est dissous.

3) Le refroidissement. À 20 °C, d'eau ne retiennent que de . Il cristallise : rendement . Le chlorure de sodium demanderait à 20 °C d'eau ; on en a : il reste dissous, et les cristaux sont du nitrate de potassium pur (aux eaux-mères près, éliminées par un lavage à l'eau glacée). À 0 °C, il ne reste dissous que de : rendement , et le chlorure de sodium (il lui faudrait d'eau) reste dissous.

4) Plus d'impureté. Avec de , il faut à 20 °C au moins d'eau pour que le chlorure de sodium ne cristallise pas avec le nitrate. Cette contrainte est désormais plus forte que celle de la dissolution à chaud () : c'est elle qui fixe la masse d'eau. Il reste alors dissous de , il en cristallise : rendement . L'optimisation a deux bornes : moins d'eau augmente le rendement, mais l'impureté impose un minimum.

5) Les limites du produit de solubilité. À 100 °C, la solution contient environ de sel par kilogramme d'eau : elle n'est plus du tout diluée, l'activité d'un ion n'y est plus sa concentration rapportée à , et n'a pas de sens quantitatif. Les courbes de solubilité, mesurées, remplacent le modèle.

Ce que l'exercice installe. Exploiter une courbe d'évolution de la solubilité avec une variable — ici la température — pour concevoir une purification : on raisonne sur des masses et des seuils, en vérifiant à chaque étape quel solide existe. Et l'on sait où s'arrête le modèle du produit de solubilité : aux solutions diluées.

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