chimie (PTSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD
Les lacunes de l'aluminium : ce que le cristal parfait ne voit pas
Structure des solides cristallins · C. La maille cubique à faces centrées (CFC) · niveau 3 (difficile)
Énoncé
L'aluminium cristallise dans la structure CFC. On chauffe un barreau de à (fusion : ) et l'on mesure simultanément l'allongement relatif du barreau par dilatométrie, , et la variation relative du paramètre de maille par diffraction des rayons X, . (Données arrondies et simplifiées, de l'ordre de celles de l'expérience de Simmons et Balluffi, 1960, qui a mis en évidence une fraction de lacunes de l'ordre de près de la fusion.) On admet qu'à le cristal est parfait et que la dilatation est la même dans toutes les directions.
1) Dans un cristal parfait, que vaudrait ? Pourquoi ?
2) Le cristal réel contient des lacunes : des nœuds du réseau inoccupés. On note le nombre de sites du réseau, le nombre d'atomes, constant, et . Montrer que le volume du barreau est proportionnel à et en déduire
3) Calculer à ; comparer à l'approximation .
4) La masse volumique « rayons X » et la masse volumique réelle diffèrent-elles à ? De combien ? Quelle précision absolue faut-il sur chacun des deux allongements pour mesurer à près ? Pourquoi le calcul de par le modèle reste-t-il excellent à température ambiante ?
Corrigé
La stratégie. La règle mesure le barreau entier, donc tous les sites, occupés ou non ; les rayons X mesurent le paramètre seul. L'écart entre les deux compte les sites vides : on cherche ce que le cristal parfait, par construction, ne peut pas voir.
1) Le cristal parfait. Si le barreau est un cristal parfait, il est fait d'un nombre fixe de mailles, , et sa longueur est proportionnelle à : avec constant. Les deux allongements relatifs sont alors égaux, et . Or on mesure , soit : le barreau s'est allongé plus que sa maille. Il a donc gagné des mailles.
2) Le bilan des sites. Le volume du barreau est le nombre de mailles multiplié par le volume d'une maille. Chaque maille CFC contient sites en propre (qu'ils soient occupés ou non) : il y a mailles, et À , le cristal est parfait : , . À : . La dilatation étant isotrope, ; donc D'où viennent les sites nouveaux ? Un atome intérieur migre vers la surface : il y crée un site et laisse une lacune.
3) La fraction de lacunes. Au premier ordre, donne , à près : l'approximation linéaire suffit à l'ordre de grandeur. Près de la fusion, environ un site sur mille est vide : c'est l'ordre de grandeur publié pour l'aluminium.
4) Masse volumique et précision. La masse réelle est , le volume réel ; donc Le modèle surestime de : mesurable, mais au quatrième chiffre.
Précision. se lit sur une différence de deux allongements : avec . Pour connaître à près, il faut à près ; si l'on répartit l'erreur à parts égales entre les deux mesures, chaque allongement doit être connu à environ près en valeur absolue — soit environ en valeur relative sur des allongements de . La soustraction de deux grandeurs voisines ruine la précision relative : d'où des mesures simultanées sur le même échantillon.
À température ambiante. La fraction de lacunes croît très vite avec la température (loi du type d'Arrhenius) ; à , on admet qu'elle est négligeable de plusieurs ordres de grandeur : le modèle y reste excellent (exercice 2).
Ce que l'exercice installe. Les limites du cristal parfait se mesurent : on cherche une grandeur que le modèle prévoit nulle. Deux réflexes en plus : le bilan de sites et la sensibilité d'une différence de deux mesures voisines.
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