chimie (PTSI) · Chapitre 7 · Exercice de TD
Nombres d'oxydation : colonnes, extrêmes et nombres d'oxydation moyens
Oxydo-réduction : piles et potentiels · A. Oxydants, réducteurs et nombre d'oxydation · niveau 2
Énoncé
On rappelle les règles du cours : un corps simple a ses atomes au nombre d'oxydation (n.o.) ; dans un ion monoatomique, le n.o. est la charge ; l'oxygène vaut en général et l'hydrogène ; la somme des n.o. est égale à la charge de l'entité. Plus précisément, le n.o. d'un atome est la charge qu'il porterait si l'on attribuait chaque doublet de liaison à l'atome le plus électronégatif du doublet (et pour moitié à chacun si les deux atomes sont identiques).
1) L'azote (), le soufre (), le chlore () et le manganèse (, qui a sept électrons de valence) sont respectivement dans les colonnes 15, 16, 17 et 7 du tableau périodique. Prévoir, pour chacun, le n.o. le plus bas et le n.o. le plus haut, puis vérifier sur et , et , et , et .
2) Calculer le n.o. de l'oxygène dans le peroxyde d'hydrogène et celui du chlore dans l'ion hypochlorite (eau de Javel). En déduire que chacune de ces deux espèces peut jouer le rôle d'oxydant et celui de réducteur, alors que l'ion permanganate et l'ion sulfate ne peuvent être qu'oxydants. Que dire de l'ion chlorure ?
3) Calculer le n.o. moyen du soufre dans l'ion tétrathionate (produit de l'oxydation du thiosulfate par le diiode) et celui du fer dans la magnétite . Un n.o. fractionnaire a-t-il un sens ?
4) Le schéma de Lewis de l'ion tétrathionate est une chaîne de quatre atomes de soufre liés par des liaisons simples ; chacun des deux soufres d'extrémité porte en outre trois atomes d'oxygène, et les deux soufres centraux ne portent aucun oxygène. Attribuer un n.o. à chaque atome de soufre. Même question pour la magnétite, qu'on décrira comme un oxyde mixte .
Corrigé
La stratégie. Le n.o. d'un élément dans une entité est déterminé par les électrons que l'atome « possède » une fois les doublets attribués au plus électronégatif. Le plus bas qu'il puisse atteindre correspond à la couche de valence complétée (l'atome a gagné ce qui lui manque pour atteindre l'octet), le plus haut à la couche de valence entièrement cédée. La position dans le tableau donne donc les deux extrêmes sans aucun calcul ; les entités proposées servent de vérification.
1) Les extrêmes se lisent dans la colonne.
- Azote (colonne 15 : cinq électrons de valence). Il lui en manque trois pour l'octet : n.o. minimal ; il peut en céder cinq : n.o. maximal . Vérification : dans , donne ; dans , donne .
- Soufre (colonne 16 : six électrons de valence). Extrêmes et . Dans , : ; dans , : .
- Chlore (colonne 17 : sept électrons de valence). Extrêmes et . Dans , ; dans , : .
- Manganèse (colonne 7, sept électrons de valence, ). Un métal ne gagne pas d'électrons : son n.o. minimal est , celui du métal ; il peut en céder sept : n.o. maximal . Dans , : .
La règle est générale : pour un élément du bloc p, les n.o. extrêmes sont « numéro de colonne moins 18 » et « numéro de colonne moins 10 » ; pour un métal de transition, et le nombre d'électrons de valence (jusqu'au manganèse).
2) Un n.o. intermédiaire, c'est une double possibilité.
- Dans : , donc . L'oxygène est à , entre son minimum (dans l'eau) et le n.o. du dioxygène. Il peut donc descendre (le peroxyde est oxydant, couple ) ou monter (il est réducteur, couple ).
- Dans : , donc . Le chlore à peut descendre vers () ou () : c'est l'usage de l'eau de Javel, un oxydant ; il pourrait aussi monter vers , ou .
- Dans et , le manganèse et le soufre sont à leur n.o. maximal : ils ne peuvent plus céder d'électrons. Ces ions ne peuvent être que des oxydants.
- Dans , le chlore est à son n.o. minimal : l'ion chlorure ne peut être que réducteur.
3) Des n.o. moyens fractionnaires.
- : , donc et .
- : , donc .
Un n.o. est la charge fictive d'un atome, donc un entier : un résultat fractionnaire est une moyenne sur des atomes du même élément placés dans des environnements différents. Il reste exact pour compter les électrons échangés globalement, mais la règle « somme des n.o. égale charge » ne distingue pas les atomes.
4) Le schéma de Lewis départage les atomes.
On revient à la définition. Soufre central : il est lié à deux atomes de soufre, et chaque doublet est partagé à égalité ; l'atome garde donc ses six électrons de valence : n.o. . Soufre d'extrémité : il ne porte aucun doublet non liant ; il est lié à un soufre, avec qui il partage le doublet à égalité (il en garde un électron), et à trois atomes d'oxygène, plus électronégatifs, qui prennent tous les doublets de ces liaisons — quel que soit le schéma de Lewis retenu, liaisons simples avec charges formelles ou liaisons doubles. Sur ses six électrons de valence, il n'en garde qu'un : n.o. . Contrôle : . Le tétrathionate contient donc deux soufres au n.o. et deux au n.o. , et le « » n'est que leur moyenne.
Pour la magnétite, contient un fer dans , au n.o. , et deux fers dans , au n.o. : la moyenne est bien retrouvée.
Ce que l'exercice installe. Les n.o. extrêmes se lisent dans la colonne (capacité exigible) : on reconnaît d'un coup d'œil une espèce qui ne peut être qu'oxydante (, , ) ou que réductrice (, ). Un n.o. intermédiaire signale un double rôle, donc une possible dismutation (exercice 6). Un n.o. fractionnaire est une moyenne, que le schéma de Lewis raffine.
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