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chimie quantique (PC) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Le nuage 1s de l'hydrogène : où est l'électron ?

Orbitales atomiques et classification périodique · A. De la fonction d'onde à l'orbitale atomique · niveau 2

Énoncé

Dans son état fondamental, l'électron de l'atome d'hydrogène est décrit par l'orbitale , dont la fonction d'onde est fournie : On pose . On admet que la probabilité de trouver l'électron à une distance du noyau inférieure à vaut

1) Rappeler la signification physique de . Où la densité de probabilité de présence est-elle maximale ?

2) La probabilité de trouver l'électron entre les sphères de rayons et vaut . Montrer que , puis vérifier cette expression en calculant un nombre dérivé numérique de la fonction fournie en . Pour quelle valeur de la densité radiale est-elle maximale ? Pourquoi ce résultat ne contredit-il pas celui de la question 1 ?

3) Calculer la probabilité de trouver l'électron à moins de , puis à moins de du noyau.

4) Déterminer, par dichotomie (bisect), le rayon de la sphère qui contient l'électron avec une probabilité de , de et de . Qu'en conclure sur « la taille » de l'atome d'hydrogène ?

5) La densité volumique de charge électronique vaut . La calculer au noyau. La comparer à la densité de charge qu'on obtiendrait en répartissant uniformément la charge contenue dans la sphère à dans le volume de cette sphère.

6) Cas limite. Pourquoi représente-t-on l'orbitale par une sphère, et que signifie cette sphère, alors que ne s'annule nulle part ?

Corrigé

La stratégie. Deux densités différentes : est une probabilité par unité de volume, maximale là où le nuage est le plus dense ; est une probabilité par unité de distance au noyau, qui compte aussi le volume de la coquille d'épaisseur . La fonction de répartition , fournie, donne toutes les probabilités ; la dichotomie l'inverse.

1) Une densité de probabilité. est la probabilité de trouver l'électron dans le petit volume entourant le point : est une densité volumique de probabilité de présence, en . Ici décroît avec : elle est maximale au noyau, où elle vaut .

2) La densité radiale. Avec et : Le nombre dérivé numérique, par la différence centrée avec , se calcule en trois lignes :

from math import exp
P = lambda x: 1 - exp(-2*x)*(1 + 2*x + 2*x**2)
h, x = 1e-5, 1.3
print((P(x+h) - P(x-h))/(2*h), 4*x**2*exp(-2*x))  # 0.50209  0.50209

Les deux valeurs coïncident () : la fonction fournie est bien la primitive de la densité radiale, nulle en . La densité radiale est maximale quand la dérivée de s'annule : , soit , , où elle vaut (par unité de ). Pas de contradiction : près du noyau, la densité volumique est grande, mais les coquilles sont minuscules (volume ) ; loin du noyau, les coquilles sont vastes mais presque vides. Le produit des deux est maximal à : la distance au noyau la plus probable est , alors que l'endroit le plus probable (par unité de volume) est le noyau. On retrouve le rayon du modèle hydrogénoïde.

3) Deux probabilités. L'électron n'est à moins de du noyau qu'une fois sur trois : la distance la plus probable n'est pas une distance « typique » au sens où l'électron y serait la plupart du temps. Il est à plus de près d'une fois sur quatre.

4) Trois rayons, trois tailles. On cherche tel que , pour ; ; : est croissante, et , la dichotomie converge dans .

from scipy.optimize import bisect
for s in (0.5, 0.9, 0.99):
    x = bisect(lambda t: P(t) - s, 0, 10)
    print(s, round(x, 3), round(52.9*x, 1))
# 0.5 1.337 70.7   |   0.9 2.661 140.8   |   0.99 4.203 222.3

Les sphères contenant l'électron avec une probabilité de , et ont pour rayons , et . Le nuage n'a pas de bord : « la taille » d'un atome dépend du seuil choisi, et triple entre la convention à et celle à . Les rayons tabulés (rayon de covalence de l'hydrogène, ; rayon de van der Waals, ) sont d'autres conventions encore, tirées de distances entre noyaux ; tous sont de l'ordre de , c'est-à-dire de la centaine de picomètres.

5) La densité de charge. Au noyau : La sphère à contient la charge dans un rayon ; répartie uniformément : La densité au noyau est près de trente fois la densité moyenne : le nuage est très concentré au centre et très dilué au bord. Ce que dit la courbe : elle est divisée par à chaque .

6) La sphère de contour. ne dépend que de : le nuage a la symétrie sphérique, et toute surface où garde une valeur donnée (une surface d'iso-densité) est une sphère centrée sur le noyau. On choisit, par convention, celle qui délimite le volume où l'électron a (ou ) de chances de se trouver : c'est ce volume qu'on dessine quand on « représente une orbitale ». Elle ne marque aucun bord physique — la fonction d'onde décroît exponentiellement sans jamais s'annuler — mais elle donne la forme et l'ordre de grandeur de l'étendue du nuage.

Ce que l'exercice installe. est une densité volumique de probabilité, une densité de charge ; la densité radiale pèse en plus le volume des coquilles, d'où un maximum à pour l'orbitale alors que est maximale au noyau. Une orbitale se représente par une surface d'iso-densité qui contient une fraction convenue de la probabilité ; « la taille » d'un atome dépend de cette convention. Une équation se résout par dichotomie, et une expression de dérivée se contrôle par un nombre dérivé numérique.

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