chimie quantique (PC) · Chapitre 2 · Exercice de TD
La famille du dioxygène : de au peroxyde
Orbitales moléculaires et réactivité · E. Étude détaillée : N₂ et O₂ · niveau 2
Énoncé
Le dioxygène existe sous quatre formes : la molécule , le cation dioxygényle (dans le sel , ou en phase gazeuse), l'anion superoxyde (dans le superoxyde de potassium , qui régénère l'air des appareils respiratoires autonomes) et l'anion peroxyde (dans le peroxyde de sodium ). On donne leurs longueurs de liaison et leurs nombres d'onde de vibration (tables de spectroscopie pour et , spectres Raman des sels pour les anions ; pour le peroxyde, valeur usuelle des manuels, qui varie de quelques dizaines de selon le cation).
| espèce | ||||
|---|---|---|---|---|
| (pm) | ||||
| () |
1) Construire le diagramme des OM de valence de (sans mélange –), le remplir et calculer l'indice de liaison. Pourquoi le dioxygène liquide est-il retenu entre les pôles d'un aimant, alors que le diazote liquide s'écoule ?
2) En déduire, sans refaire le diagramme, la configuration des OM , l'indice de liaison et le nombre d'électrons non appariés des quatre espèces.
3) Calculer les constantes de raideur des quatre liaisons. Représenter et en fonction de l'indice, et commenter.
4) On arrache un électron au dioxygène : la liaison se raccourcit. On arrache un électron au diazote : la longueur passe de à et la raideur diminue. Expliquer cette différence de comportement.
5) Cas limite. Le difluor (une liaison de , ) et le peroxyde sont isoélectroniques. Calculer leur indice et comparer leurs liaisons. Que prévoit-on pour ?
Corrigé
La stratégie. Un seul diagramme, celui de , sert aux quatre espèces : on ajoute ou on retire des électrons dans le dernier niveau occupé, la paire dégénérée , antiliante. On attend donc que l'indice diminue quand on ajoute des électrons, et que la liaison s'allonge et s'assouplisse avec lui.
1) Le diagramme de . Chaque oxygène (, ) apporte six électrons de valence : douze électrons à placer dans l'ordre sans mélange.
Électrons liants : , , , , soit ; antiliants : , , , soit . D'où , la double liaison de Lewis. Mais les deux derniers électrons occupent deux OM dégénérées : la règle de Hund les place un par OM, de spins parallèles. Le dioxygène possède deux électrons non appariés : il est paramagnétique, attiré dans les régions de champ magnétique intense, et le liquide reste suspendu entre les pôles d'un aimant. Le diazote, dont tous les électrons sont appariés (), est diamagnétique. Le schéma de Lewis , qui apparie tous les électrons, ne le prévoit pas : c'est l'un des premiers succès du modèle des OM.
2) Toute la famille. Seuls les électrons changent ; les huit électrons liants et les deux électrons restent :
| espèce | électrons | non appariés | |||
|---|---|---|---|---|---|
Trois espèces sur quatre sont paramagnétiques ; le peroxyde, seul, est diamagnétique.
3) Raideurs. Pour , :
Les deux grandeurs varient de façon monotone avec l'indice : la liaison raccourcit de et sa raideur est multipliée par cinq quand l'indice passe de à . Chaque électron ajouté affaiblit la liaison, comme le prévoit son caractère antiliant. La relation n'est pas une proportionnalité ( vaut pour le peroxyde, pour ) : là encore, l'indice ordonne sans chiffrer. On ne compare d'ailleurs pas exactement des choses semblables : la molécule et le cation sont libres, les anions sont dans des cristaux, où les cations voisins les perturbent.
4) Retirer un électron antiliant ou un électron liant. L'électron arraché est toujours celui de la HO, le plus haut. Dans , la HO est une OM antiliante : l'arracher augmente l'indice () et renforce la liaison. Dans ( électrons de valence), la HO est une OM liante (dans le modèle sans mélange, la paire ; dans la réalité, une OM faiblement liante, comme l'établit l'exercice suivant) : l'arracher diminue l'indice () et allonge la liaison. Le sens de variation de la liaison à l'ionisation dit donc si la HO est liante ou antiliante : c'est une mesure du caractère d'une OM.
5) Isoélectroniques, même indice. a électrons de valence, comme : , , une liaison simple, diamagnétique. Les deux liaisons sont longues et molles : et ; pour , avec , , contre pour le peroxyde. Le même indice donne des liaisons du même ordre, pas identiques : les deux noyaux de fluor, plus chargés, contractent davantage les orbitales, et les deux charges négatives du peroxyde se repoussent. Pour ( électrons), toutes les OM antiliantes sont pleines : , pas de molécule, comme .
Ce que l'exercice installe. Pour une série d'espèces voisines, un seul diagramme suffit : on ajoute ou on retire des électrons dans les dernières OM. La règle de Hund dans des OM dégénérées explique le paramagnétisme de . Longueur et raideur suivent l'indice de façon monotone, sans proportionnalité. L'effet d'une ionisation sur la liaison révèle le caractère liant ou antiliant de la HO.
100 % gratuit
La suite du chapitre est sur Adloun
- 11 autres exercices corrigés dans ce chapitre, et 10 à chercher avec le tuteur
- Les 2 QCM du chapitre, le premier sans compte
- Le podcast et la vidéo du chapitre : 2 minutes d'écoute sans compte
- Le tuteur, qui guide pas à pas sans donner la réponse
Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.