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chimie : thermodynamique et électrochimie (MP) · Chapitre 2 · Exercice de TD

La prise du plâtre : l'entropie du système diminue, la transformation se fait quand même

Second principe et potentiel chimique · A. Entropie, second principe et fonctions d'état · niveau 2

Énoncé

Le plâtre est du sulfate de calcium hémihydraté ; gâché avec de l'eau, il se réhydrate en gypse, dont les aiguilles enchevêtrées forment le solide : Données à 298 K (tables NBS ; hémihydrate de la variété ) :

espèce () ()

Masse molaire de l'hémihydrate : . On gâche de plâtre avec d'eau, à 20 °C et sous 1 bar ; la réaction est totale (on l'admet), les solides et l'eau en excès restent des phases pures, et l'on prend et à 298 K. Pour une phase condensée de capacité thermique que l'on chauffe de à , la variation d'entropie est .

1) Calculer et . Interpréter leurs signes. L'entropie du système diminue-t-elle au cours de la prise ? Cela interdit-il la transformation ?

2) Prise lente au contact de l'air à 20 °C, le plâtre restant à 20 °C. Calculer l'avancement, la masse d'eau consommée, le transfert thermique reçu par le système, la variation d'entropie du système, l'entropie échangée et l'entropie créée. Conclure. Rapporter l'entropie créée à une mole d'avancement et comparer à .

3) Prise dans un moule calorifugé : la transformation est adiabatique et isobare. La capacité thermique du plâtre gâché et de la paroi intérieure du moule vaut . Calculer l'élévation de température, puis et l'entropie créée.

4) Démoulé, le plâtre chaud se refroidit au contact de l'air à 20 °C. Calculer l'entropie créée pendant ce refroidissement, puis l'entropie créée totale du chemin « moule puis refroidissement ». Comparer à la question 2 et expliquer.

Corrigé

La stratégie. Le second principe juge une transformation par l'entropie créée, , jamais par le signe de seul : un système qui cède de la chaleur à l'extérieur peut voir son entropie diminuer. On fait le bilan sur deux chemins entre les mêmes états extrêmes.

1) Grandeurs de réaction. Loi de Hess : La réaction est exothermique : l'eau qui s'insère dans le cristal y forme des liaisons (avec les ions, et liaisons hydrogène) plus fortes que dans le liquide. Elle diminue l'entropie : , mais une mole et demie d'eau liquide, mobile, se trouve immobilisée dans un réseau cristallin. Les phases étant pures, l'entropie du système varie de : elle diminue. Cela n'interdit rien : le système n'est pas isolé, et c'est l'entropie créée qui doit être positive.

2) Au contact de l'air. Avancement : ; eau consommée : (l'excès, 514 g, sert à rendre la pâte maniable et s'évapore ensuite). Transformation monobare à constante, sans autre travail que celui de la pression : , soit 118 J libérés par gramme de plâtre. Puis, avec : La transformation est permise : l'entropie que le système perd est plus que compensée par celle qu'il « exporte » avec la chaleur cédée à l'air. Par mole d'avancement : , et La coïncidence n'en est pas une : les phases étant pures, la quantité est l'enthalpie libre de réaction, et l'entropie créée par mole d'avancement vaut . C'est le résultat que le problème de la séance établira en général.

3) Dans le moule calorifugé. Adiabatique et monobare : . On décompose l'évolution en deux étapes fictives entre les mêmes états : la réaction à 20 °C (), puis l'échauffement du mélange final () : soit , 52 °C : le plâtre chauffe nettement, ce que l'on sent à la main. L'entropie est une fonction d'état, on suit le même chemin fictif : Rien n'est échangé () : . Cette fois l'entropie du système augmente : la chaleur libérée reste dedans.

4) Le refroidissement. Le plâtre passe de à en cédant à l'air, à 293,15 K : Total du chemin « moule puis refroidissement » : , soit sans les arrondis intermédiaires : la même valeur qu'à la question 2. Ce n'est pas un hasard : les états initial et final sont les mêmes, donc aussi () ; et dans les deux cas la même chaleur, 118,1 kJ, a été cédée à l'air à la même température de 20 °C, donc est la même. L'entropie créée ne dépend ici que des états extrêmes et de la température de l'extérieur ; on l'a seulement répartie autrement : une part dans la réaction (98,2), une part dans le transfert thermique du plâtre chaud vers l'air froid (20,5).

Ordre de grandeur et cas limite. par mole, c'est peu : la prise est une transformation « juste permise », ce qui explique qu'on puisse déshydrater le gypse en hémihydrate par un chauffage modéré (le plâtre se fabrique en cuisant le gypse vers 150 °C). Si l'eau consommée était de la vapeur au lieu d'un liquide, perdrait : la fixation de vapeur d'eau abaisse fortement l'entropie du système, et c'est elle qui fait du plâtre cuit un produit qui reprend l'humidité de l'air.

Ce que l'exercice installe. C'est l'entropie créée, , qui juge une transformation, pas le signe de : une réaction exothermique peut faire baisser l'entropie du système et rester permise. Pour des phases pures, et, au contact d'un thermostat à , : l'entropie créée par mole d'avancement vaut . Entre deux mêmes états, avec la même chaleur cédée à la même température extérieure, l'entropie créée totale ne dépend pas du chemin ; seule sa répartition change.

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