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chimie : thermodynamique et électrochimie (PC) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Le ballon fermé qu'on chauffe : quelle phase domine ?

Changements de phase des corps purs et des mélanges binaires · D. Théorème des moments chimiques · niveau 2

Énoncé

On utilise le diagramme isobare cyclohexane–toluène sous ci-dessous ( : fraction molaire en toluène). Un récipient fermé, maintenu à par un piston, contient d'un liquide de composition , qu'on chauffe lentement.

1) À quelle température apparaît la première bulle ? Quelle est sa composition ? À quelle température disparaît la dernière goutte, et quelle est sa composition ?

2) À , lire les compositions du liquide et de la vapeur, puis calculer les quantités de matière et des deux phases. Quelle phase est majoritaire ? Quel résultat donnerait la règle appliquée à l'envers ?

3) Calculer la fraction vaporisée à , , , et (on lit et à ; et à ; et à ; et à ; et à ). À quelle température la moitié est-elle vaporisée ? Comment évoluent les compositions des deux phases ? Vérifier la conservation du cyclohexane à .

4) Calculer à les masses des deux phases. La fraction massique vaporisée diffère-t-elle beaucoup de la fraction molaire ? Pour quel type de mélange l'écart serait-il important ?

5) Cas limite. Un camarade applique la règle des moments à , où l'isotherme coupe les courbes en et . Il trouve . Que s'est-il passé ?

Corrigé

La stratégie. On lit les compositions sur l'isotherme, aux intersections avec les deux courbes ; la composition globale ne sert qu'à placer le point et à dire si l'on est dans le fuseau. Le théorème des moments est un bilan de matière : on l'écrit, puis on contrôle que la phase majoritaire est la plus proche de .

1) Les deux extrémités de l'intervalle. L'isoplèthe coupe la courbe d'ébullition à : première bulle. Sa composition se lit sur la courbe de rosée à la même température : , nettement plus riche en cyclohexane que le liquide. L'isoplèthe coupe la courbe de rosée à : dernière goutte, de composition lue sur la courbe d'ébullition à cette température, . La vapeur a alors la composition globale ; la dernière goutte, elle, est riche en toluène.

2) Le levier à . On lit (courbe d'ébullition) et (courbe de rosée). Conservation de la matière et du toluène :

Soit et .

Le point est à de et à de : il est plus proche du liquide, qui est majoritaire. C'est le sens du levier : , la phase la plus abondante porte le bras le plus court, comme le plus lourd des deux enfants sur une balançoire s'assoit près de l'axe. La règle à l'envers (« chaque phase est d'autant plus abondante que en est éloigné ») donnerait de vapeur et violerait le bilan de toluène : , au lieu des introduites.

3) La vaporisation, degré par degré. Avec :

(C)

La moitié est vaporisée vers (). Quand monte, passe de à et de à : les deux phases s'enrichissent en toluène, donc s'appauvrissent en cyclohexane. Ce n'est pas contradictoire : la vapeur, toujours plus riche en cyclohexane que le liquide, devient de plus en plus abondante. À , , , et le cyclohexane se répartit en : les introduites.

4) En masses. Masses molaires moyennes à : vapeur , liquide . D'où et ; la fraction massique vaporisée vaut , contre en moles. L'écart est faible parce que les deux masses molaires sont voisines ( et ). Le même levier, écrit en fractions massiques (, , ), redonne : on applique le théorème en moles sur un diagramme en fractions molaires, en masses sur un diagramme en fractions massiques. Pour l'eau et l'éthanol ( et ), l'écart serait grand : un mélange équimolaire contient d'éthanol en masse.

5) Un résultat négatif est un diagnostic. . Une quantité négative signale que n'est pas entre et : à , sous la première bulle (), le système est encore entièrement liquide ; le point est sous le fuseau et l'isotherme de ne le concerne pas. Aux deux extrémités de l'intervalle, l'une des phases a une quantité nulle : est confondu avec (première bulle) ou avec (dernière goutte).

Ce que l'exercice installe. Le théorème des moments dans le bon sens : , chaque phase est d'autant plus abondante que le point global en est proche ; on le contrôle par le bilan du constituant. On l'applique dans l'échelle du diagramme (moles ou masses). Le long d'un chauffage isoplèthe, les deux phases s'appauvrissent en constituant volatil pendant que la vapeur gagne en quantité. Une quantité négative signifie qu'on n'est pas dans le domaine biphasé.

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