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chimie : thermodynamique et électrochimie (PC) · Chapitre 6 · Exercice de TD

Problème : électro-extraction du zinc, la tension d'une cellule se lit sur les courbes courant-potentiel

Électrochimie : thermodynamique et cinétique des réactions redox · D. Électrolyse et accumulateurs · niveau 3 (difficile)

Énoncé

L'essentiel du zinc mondial (celui des tôles galvanisées) est obtenu par électrolyse d'une solution de sulfate de zinc. Dans la salle d'électrolyse d'une usine, la solution, déjà purifiée (fer précipité, cuivre et cadmium éliminés par cémentation sur de la poudre de zinc), contient d'ions et de l'acide sulfurique ; on prend l'activité de égale à (simplification) et l'on raisonne à 25 °C (l'électrolyte réel est vers 35 °C). Les cathodes sont des plaques d'aluminium ( immergés, deux faces comprises), les anodes des plaques de plomb allié d'argent. Densité de courant : , soit par cathode ; le zinc est arraché des cathodes toutes les .

Données : (plus précisément , d'après les tables NBS), ; tables NBS à 298 K : , ; , masse volumique du zinc . Courbes courant-potentiel relevées dans l'électrolyte industriel :

  • sur zinc : système rapide ; à , la réduction de porte ;
  • réduction de sur zinc : aucun courant au-dessus de ; à ;
  • réduction de sur platine, sur cuivre, sur cobalt ou sur nickel : système rapide ;
  • oxydation de l'eau sur l'anode : début de vague à au-dessus de l'équilibre ; surpotentiel à ;
  • chute ohmique dans l'électrolyte entre anode et cathode : ; contacts et barres : .

1) Ce que dit la thermodynamique. Calculer les potentiels d'équilibre des couples , et dans la cellule (gaz sous ). Quelle réduction la thermodynamique prévoit-elle à la cathode ? Écrire la réaction voulue , calculer son par les tables et la tension correspondante.

2) Ce que disent les courbes. Tracer l'allure des branches cathodiques (dépôt du zinc, dihydrogène sur zinc, dihydrogène sur platine) et de la branche anodique. Au potentiel de travail de la cathode, calculer le surpotentiel cathodique et le rendement faradique prévu. Qu'obtiendrait-on avec une cathode de platine ? Que se passe-t-il si l'on coupe le courant ?

3) Pourquoi purifier. Quelques dixièmes de milligramme par litre de cobalt ou de nickel se déposent avec le zinc et y forment des îlots ; les relevés donnent alors de dihydrogène au potentiel de travail. Calculer le rendement faradique à densité de courant totale imposée. Qu'arriverait-il à des ions laissés dans la solution ?

4) La tension. Calculer la tension minimale à appliquer pour déposer du zinc, puis la tension de fonctionnement à ; présenter ses termes dans un tableau et commenter. (Les usines mesurent à .)

5) Faraday et rendement. Calculer la masse de zinc attendue par cathode et par cycle, à rendement . La pesée donne : calculer le rendement faradique et l'épaisseur du dépôt sur chaque face. Comparer à la prévision de la question 2.

6) L'énergie, et le résultat. Calculer l'énergie électrique consommée par tonne de zinc, puis l'énergie minimale fixée par la thermodynamique, et la part de l'énergie qui fait la chimie. Où passe le reste ? Énoncer le résultat établi par ce problème.

Corrigé

La stratégie. Trois lectures successives : la thermodynamique (potentiels d'équilibre, enthalpie libre de la réaction voulue) donne un plancher et une mauvaise nouvelle ; les courbes courant-potentiel disent ce qui se dépose vraiment et à quel potentiel travaille chaque électrode ; la tension se reconstruit terme par terme à partir de ces potentiels, puis Faraday et l'énergie chiffrent le procédé.

1) La thermodynamique fixe un plancher, et prévoit du dihydrogène. .

  • ;
  • ; .

À la cathode, l'oxydant le plus fort est (, bien au-dessus de ) : la thermodynamique prévoit qu'on réduise les protons, pas les ions zinc ; on « ne devrait » obtenir que du dihydrogène, et un dépôt de zinc éventuel devrait même être attaqué par l'acide. Pour la réaction voulue : en accord avec (deux électrons par atome de zinc). Dans les conditions de la cellule, : aucune tension inférieure ne peut déposer du zinc.

2) Les courbes : un dépôt permis par le seul surpotentiel du dihydrogène.

Branches cathodiques : le dépôt du zinc, couple rapide, part de ; la réduction de sur zinc ne part que de , avec une pente faible : le zinc est un très mauvais catalyseur du dégagement de dihydrogène (surpotentiel de seuil par rapport à ). La cathode travaille à , où les deux réductions s'additionnent : . Surpotentiel cathodique du zinc : . Rendement faradique prévu : Sur une cathode de platine, se réduirait dès , avec une branche presque verticale : à courant imposé, le potentiel de la cathode resterait près de , bien au-dessus de , et pas un gramme de zinc ne se déposerait. L'aluminium est choisi parce qu'il est vite recouvert de zinc (on travaille ensuite sur zinc) et que le dépôt n'y adhère pas fortement : on l'arrache d'un bloc. Si l'on coupe le courant, la cathode revient à son potentiel en circuit ouvert : le zinc y est à , sous le début de la vague de sur zinc () ; le dépôt se redissout lentement dans l'acide en dégageant du dihydrogène. On ne laisse jamais une cathode chargée de zinc sans courant.

3) La purification : protéger le surpotentiel. Les îlots de cobalt ou de nickel sont des sites où la réduction de est rapide : au même potentiel, le dihydrogène y prend . À densité de courant totale imposée (), il ne reste que pour le zinc : Pire : autour de chaque îlot, le zinc et l'îlot forment une pile en court-circuit dans l'acide, le zinc s'oxyde et le dihydrogène se dégage sur l'îlot. Le dépôt se redissout localement et se troue (c'est un mécanisme de corrosion). Des ions (), eux, se réduiraient avant le zinc, sur un palier de diffusion, et le cuivre déposé, sur lequel est rapide, ferait le même dégât : ils doivent être éliminés avant l'électrolyse. C'est pourquoi la solution est purifiée jusqu'à quelques dixièmes de milligramme par litre de chaque impureté : l'électrolyse du zinc n'est possible que dans un électrolyte d'une pureté exceptionnelle.

4) La tension, terme par terme. Tension minimale (courant quasi nul) : écart entre le début de la vague anodique, , et le début du dépôt du zinc, (couple rapide) : Tension de fonctionnement à : l'anode travaille à , la cathode à , et il faut ajouter les chutes ohmiques :

termetension (V)part
thermodynamique,
anode (),
cathode (),
électrolyte (chute ohmique)
contacts et barres
total

Le calcul retrouve les à des usines. Hors thermodynamique, l'anode à oxygène, système lent, coûte plus que tout le reste réuni ( contre ) : c'est pourquoi on allie le plomb à l'argent, qui abaisse ce surpotentiel et réduit la corrosion de l'anode. La chute ohmique dépend de la distance entre électrodes, de la conductivité de l'électrolyte et des bulles de dioxygène qui l'encombrent.

5) Faraday et rendement. Par cathode et par cycle, , et deux électrons par atome de zinc : La pesée donne : , en accord avec la prévision des courbes courant-potentiel. Épaisseur : chaque face () porte , soit . Par tonne de zinc, la charge utile vaut , et la charge réellement fournie .

6) L'énergie. par tonne, l'ordre de grandeur des usines ( à ). L'énergie minimale est celle d'une électrolyse réversible, à la tension d'équilibre et sans réaction parasite : . La chimie utilise donc de l'énergie ; les restants (surpotentiels, chute ohmique, dihydrogène parasite) chauffent l'électrolyte, qu'il faut refroidir en permanence (tours de refroidissement de la salle d'électrolyse).

Le résultat établi. La tension aux bornes d'une cellule d'électrolyse se lit sur les courbes courant-potentiel au courant de fonctionnement : ; sa valeur minimale, à courant quasi nul, est l'écart entre les débuts des vagues anodique et cathodique. Et l'on peut déposer en milieu acide un métal dont le couple est situé sous parce que le dihydrogène a, sur ce métal, un surpotentiel plus grand que l'écart thermodynamique : protection purement cinétique, que la moindre impureté à faible surpotentiel détruit, d'où la purification de l'électrolyte et le choix de la cathode.

Ce que le problème installe. Toute l'électrolyse du programme en un procédé réel : tension minimale et tension de fonctionnement, choix des électrodes, purification de l'électrolyte, masse déposée et rendement faradique, énergie par tonne. La thermodynamique donne le plancher (, ), la cinétique la réalité (, ) ; l'écart se répartit, terme par terme, sur les courbes courant-potentiel.

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