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chimie : thermodynamique, procédés et électrochimie (PSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Problème : la chambre de combustion d'une turbine à gaz, ou la température de flamme adiabatique

Premier principe appliqué aux transformations physico-chimiques · E. Transformation monobare et adiabatique · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Dans une turbine à gaz de centrale électrique, un compresseur aspire l'air ambiant et le comprime (taux voisin de ) : l'air en sort à . Dans la chambre de combustion, du gaz naturel (méthane) brûle en continu dans cet air ; les gaz chauds se détendent dans la turbine, qui entraîne le compresseur et l'alternateur. Les aubes du premier étage, pourtant refroidies, n'admettent pas des gaz à plus de à : c'est l'exigence qui fixe la conduite de la chambre.

La chambre est un réacteur monobare et adiabatique où la combustion est totale. Le facteur d'air est le rapport de la quantité d'air admise à la quantité stœchiométrique : par mole de méthane, moles de dioxygène et moles de diazote. Les réactifs entrent à ; les produits atteignent la température de flamme adiabatique .

Données : () : ; ; . Capacités thermiques molaires moyennes entre et () : ; ; ; ; . Enthalpies d'échauffement (tables JANAF), en :

(K)

1) Le pouvoir calorifique utile. Calculer avec l'eau gazeuse. Pourquoi le PCI, et non le PCS, compte-t-il dans une turbine ?

2) La flamme stœchiométrique. Avec et , établir, par un chemin fictif en deux étapes, (somme sur les constituants de l'état final). Calculer , puis la valeur que donnent les tables. Quelle part de la capacité thermique revient au diazote ? Cas limite : que donnerait la formule dans le dioxygène pur ?

3) L'excès d'air. Exprimer en fonction de pour . Pour (mélange riche), modèle simple : seule la fraction du méthane brûle, le reste traverse la chambre et s'échauffe. Montrer que est maximale à la stœchiométrie ; la calculer pour ; ; ; ; .

4) La turbine. Les réactifs entrent à , étant supposée indépendante de . Que vaut à la stœchiométrie ? Quel facteur d'air donne ? ? Fraction de dioxygène dans les fumées sèches ? Comparer aux de dioxygène auxquels les normes d'émission des turbines ramènent leurs mesures. Que gagne-t-on à préchauffer l'air ?

5) Valider les hypothèses. (a) Calculer par un cycle avec les tables (refroidir les réactifs, réagir à , réchauffer les produits). (b) Quelle erreur commettent les capacités moyennes ? (c) La dissociation de et , endothermique, devient sensible au-dessus de environ : quelles valeurs en sont affectées ? (d) La réaction est-elle totale ?

6) Synthèse. Énoncer le résultat. Les brûleurs modernes fonctionnent en mélange pauvre : pourquoi ne pas brûler à la stœchiométrie puis diluer (la formation des oxydes d'azote croît très vite avec la température) ? Tableau : exigence, valeur obtenue, facteur d'air retenu.

Corrigé

La stratégie. entre l'état initial (réactifs à ) et l'état final (produits à ) ; deux étapes fictives commodes ; et l'on compte tout ce qui s'échauffe : produits, dioxygène en excès, diazote, qui ne réagit pas mais absorbe l'essentiel de l'énergie.

1) Le PCI. . Les gaz restent au-dessus de jusqu'à l'échappement : l'eau ne se condense jamais dans la machine, l'énergie disponible est le PCI.

2) La flamme stœchiométrique.

Étape 1 : réaction à , : . Étape 2 : échauffement, sans changement d'état, de tous les constituants de l'état final : . L'enthalpie étant une fonction d'état, , d'où la formule. À la stœchiométrie ( de , de , de ) : Avec les tables, on cherche tel que l'enthalpie des produits gagne : à (), à ; par interpolation, : la formule à capacités moyennes est bonne à près. Le diazote porte de la capacité thermique : c'est un ballast.

Cas limite. Sans diazote, : absurde. Bien avant, et se dissocient, de façon endothermique, ce qui plafonne la flamme du méthane dans le dioxygène vers : l'hypothèse « réaction totale vers et » ne tient plus.

3) Le maximum à la stœchiométrie. Pauvre () : s'y ajoutent moles de dioxygène, et le diazote devient : décroissante : l'air en excès est un ballast de plus. Riche () : il brûle de méthane, qui libèrent ; restent de , de , de méthane, de diazote : La dérivée de vaut : croît côté riche, décroît côté pauvre, et la fonction est continue en : maximum à la stœchiométrie. Valeurs () : () ; () ; () ; () ; (). (En réalité, la dissociation et la nature des imbrûlés, et , placent le maximum très légèrement côté riche, vers .)

4) La turbine. À : : une turbine ne peut pas brûler à la stœchiométrie. impose : La turbine brûle avec deux fois et demie l'air nécessaire. Fumées sèches : de , de , de ; pour , pour : l'ordre de grandeur des des normes, l'écart venant de l'air de refroidissement des aubes, qui rejoint les fumées après la chambre. Le préchauffage relève la flamme de (même , même capacité) : la compression préchauffe l'air (une compression adiabatique réversible de rapport porterait à ; les irréversibilités mènent vers ).

5) Les hypothèses. (a) Cycle : refroidir les réactifs de à , ; réagir, ; réchauffer les produits, (le diazote se compense). : d'écart, l'hypothèse du programme est excellente, car réactifs et produits ont des capacités thermiques voisines. (b) Avec les tables, au lieu de (), au lieu de ( ; l'enthalpie des produits doit alors gagner , au-delà des de : on prolonge la table par la pente entre et , , c'est une extrapolation), et et au lieu de et : d'écart sur , négligeable pour la conduite. (c) Sans effet dans la turbine () ; les flammes stœchiométriques ( à ) sont des majorants. (d) Dioxygène en large excès, température élevée : combustion totale (traces de et d'imbrûlés, en parties par million).

6) Synthèse.

Le résultat obtenu — la température de flamme adiabatique. La température atteinte par les produits d'une combustion totale, monobare et adiabatique, dont les réactifs entrent à , est , la somme portant sur tous les constituants de l'état final : produits, réactif en excès, inertes. Elle est maximale au voisinage de la stœchiométrie ; tout ballast l'abaisse (diazote, excès d'air, combustible imbrûlé) ; le préchauffage des réactifs la relève d'autant. Méthane dans l'air : depuis , depuis (capacités moyennes) ; le diazote absorbe près des deux tiers de l'énergie.

Pourquoi brûler pauvre. Une flamme stœchiométrique diluée ensuite donnerait la même température d'entrée de turbine, mais passerait par à , où le diazote et le dioxygène de l'air forment des oxydes d'azote, d'autant plus vite que la flamme est chaude. Prémélangé à tout l'air ( à ), le gaz brûle sans dépasser .

exigencevaleur obtenuedécision
entrée de turbine à (tables : )brûler pauvre
(tables : )retenu ; de
(tables : )marge ; de
constante d'écart à validée

Ce que le problème installe. La température de flamme adiabatique est le bilan monobare adiabatique appliqué à une combustion : chemin fictif en deux étapes, réaction totale vérifiée, capacité thermique qui compte tout ce qui s'échauffe. Le facteur d'air règle la flamme, avec un maximum à la stœchiométrie. L'hypothèse « indépendante de » se vérifie par un cycle avec les tables ; un résultat absurde (la flamme à ) dit qu'une hypothèse a cessé de valoir.

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