chimie : thermodynamique, procédés et électrochimie (PSI) · Chapitre 5 · Exercice de TD
Le fer dans un acide désaéré : où se fixe le potentiel de corrosion ?
Électrochimie : thermodynamique et cinétique des réactions redox · E. Corrosion et protection · niveau 2
Énoncé
Une plaque de fer de surface immergée plonge dans une solution d'acide chlorhydrique désaérée (barbotage de diazote), d'abord à pH 0, puis à pH 1 ; le dihydrogène formé s'échappe sous . Les courbes courant-potentiel relevées sur le fer sont assimilées, au-delà de leur seuil, à des droites ( désigne la densité de courant, en ) :
| branche | seuil (V/ENH) | au-delà du seuil |
|---|---|---|
| oxydation du fer | ||
| réduction de sur le fer |
( et ; ; pentes en ; en deçà du seuil, la branche est nulle).
1) Calculer le potentiel d'équilibre avec la convention de tracé, puis à pH 0 et à pH 1. La réaction est-elle thermodynamiquement favorisée ? Donner . Quel est le surpotentiel de seuil de l'oxydation du fer ?
2) À pH 0, tracer l'allure des deux branches sur un même graphique en courants signés. Écrire la condition qui fixe le potentiel de corrosion et en déduire et . Comparer l'écart thermodynamique (entre les deux potentiels d'équilibre) et l'écart réellement utilisé.
3) Même question à pH 1. De combien la corrosion ralentit-elle ?
4) Contrôle par une autre donnée expérimentale : on recueille, à sous , de dihydrogène par heure à pH 0 et par heure à pH 1. En déduire et confronter au résultat des courbes ().
5) Cas limite : on refait l'expérience à pH 0 dans la même solution aérée. La réduction du dioxygène sur le fer ajoute, sur tout le domaine utile, un palier de diffusion de . Calculer le nouveau potentiel et le nouveau courant de corrosion. Qui est l'oxydant du fer en milieu acide fort ?
Corrigé
La stratégie. Le fer est à la fois anode (il s'oxyde) et cathode (les ions se réduisent à sa surface). Aucun courant ne sort de la plaque : la somme des courants anodique et cathodique est nulle. Le potentiel de corrosion est donc l'abscisse où la branche anodique et la branche cathodique sont opposées ; on la cherche sur le graphique, puis par le calcul avec les droites fournies.
1) Ce que dit la thermodynamique. Par la formule de Nernst avec : Pour sous , : à pH 0, à pH 1. L'oxydant () a le plus grand potentiel : la réaction est favorisée, avec une réaction quasi totale. Le surpotentiel de seuil de l'oxydation du fer vaut : le fer n'est pas un système rapide.
2) Le potentiel de corrosion à pH 0. Le seuil de la réduction de est à . Entre et , les deux branches existent : le fer s'oxyde, se réduit. La condition s'écrit d'où et , soit pour la plaque. L'écart thermodynamique entre les deux potentiels d'équilibre vaut ; mais les deux seuils ne laissent que , et le potentiel de corrosion s'installe dans cet intervalle, là où la branche la plus raide (le fer) et la moins raide () se compensent. « Favorisé » ne dit pas « rapide » : c'est le surpotentiel de chaque couple sur le fer qui fixe la vitesse.
3) À pH 1. Le seuil cathodique descend à : la branche cathodique glisse de vers la gauche, la branche anodique ne bouge pas. et . Le potentiel de corrosion baisse de (le tiers du déplacement de la branche, parce que la branche anodique est deux fois plus raide que la cathodique) et la corrosion ralentit de .
Les deux situations sur une même figure (densités de courant signées ; les deux points de chaque corrosion sont à la même abscisse) :
4) Le contrôle par le dihydrogène. Tout l'oxydant est : chaque mole de recueillie correspond à deux moles d'électrons, donc à une mole de fer oxydé. À pH 0 : soit ; à pH 1, par heure donnent . L'accord avec les courbes est à près : deux données expérimentales indépendantes (un relevé électrique, un volume de gaz) disent la même vitesse. C'est la loi de Faraday lue à l'envers : la corrosion est une électrolyse sans générateur, et le gaz dégagé compte les électrons.
5) L'acide aéré. La branche cathodique s'enrichit d'un palier de : et . Le potentiel monte d'un millivolt et le courant de : en acide fort, l'oxydant du fer est , présent à , quand le dioxygène dissous n'est qu'à quelques et plafonne à son palier de diffusion. Aérer ou désaérer un acide fort ne change rien à la corrosion du fer ; on verra à l'exercice suivant qu'en milieu neutre c'est l'inverse.
Ce que l'exercice installe. La méthode du potentiel de corrosion : deux branches sur le même métal, la condition , deux points opposés à la même abscisse. La vitesse se lit sur les seuils et les pentes, pas sur l'écart des potentiels standard. Une autre donnée expérimentale (le gaz dégagé) contrôle le résultat par la loi de Faraday. Et la dépendance au pH est modeste tant que est l'oxydant et que son transfert d'électrons commande.
100 % gratuit
La suite du chapitre est sur Adloun
- 31 autres exercices corrigés dans ce chapitre, et 14 à chercher avec le tuteur
- Les 2 QCM du chapitre, le premier sans compte
- Le podcast et la vidéo du chapitre et la correction filmée du TD : 2 minutes sans compte
- Le tuteur, qui guide pas à pas sans donner la réponse
Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.