chimie : transformation de la matière (MPI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
La dissociation du tétraoxyde de diazote suivie au manomètre
Transformations chimiques et équilibre · E. Constante d'équilibre et critère d'évolution · niveau 2
Énoncé
Dans un ballon de 1,00 L préalablement vidé, on introduit de tétraoxyde de diazote. Il s'établit l'équilibre ; les gaz sont parfaits ; le dioxyde d'azote est brun, le tétraoxyde incolore. On mesure la pression totale à l'équilibre : 0,614 bar à 298 K ; 0,750 bar à 318 K.
- On note le taux de dissociation et la pression qu'aurait le ballon sans dissociation. Exprimer la pression totale et en fonction de , et .
- En déduire et à 298 K, puis à 318 K. Que dire de l'influence de la température sur cette constante ?
- Le manomètre est précis à . Quelle incertitude relative en résulte sur à 298 K ? Quelle est la grandeur qui la gouverne ?
- On comprime brutalement une seringue contenant le mélange à l'équilibre : la teinte brune fonce aussitôt, puis pâlit partiellement en quelques secondes. Interpréter les deux temps.
Corrigé
La stratégie. On ne peut pas mesurer directement la composition d'un mélange gazeux avec un manomètre. Mais la réaction change le nombre total de molécules : une molécule en donne deux. La pression totale, grandeur globale, mesure donc l'avancement. C'est la manière de « déterminer une constante d'équilibre » par une mesure physique.
1) Tableau d'avancement et pression. Le taux de dissociation est .
| total | |||
|---|---|---|---|
| état initial | |||
| équilibre |
À volume et température fixés, la pression est proportionnelle à la quantité totale de gaz. Avec : D'où
2) Les valeurs. À 298 K, . Donc et À 318 K, , , et .
Vérification : dans les deux cas, et .
Une élévation de 20 K multiplie la constante par plus de quatre : dépend fortement de la température, et ici elle croît avec elle — la dissociation, qui rompt une liaison, est favorisée par le chauffage. On le voit à l'œil : le mélange brunit quand on le chauffe. Le programme ne demande pas d'expliquer ce sens de variation, seulement de savoir que est une fonction de seule.
3) L'incertitude. Une erreur sur la pression donne une erreur sur le taux de dissociation. Or , donc C'est le terme qui domine : quand la dissociation est faible, une petite erreur absolue sur est une grande erreur relative, élevée au carré dans . La méthode manométrique est donc d'autant meilleure que est grand ; à 318 K, l'incertitude tombe à 2,5 %.
4) La seringue. Deux phénomènes d'échelles de temps différentes se succèdent. Premier temps, instantané : la compression réduit le volume sans changer la composition ; la concentration du gaz brun augmente, la teinte fonce. Second temps, quelques secondes : le mélange n'est plus à l'équilibre, car augmente quand diminue à quantités fixées. : la réaction évolue en sens inverse, du dioxyde d'azote se dimérise, et la teinte pâlit — partiellement seulement, car le nouvel équilibre contient plus de gaz brun par litre que l'ancien.
Ce que l'exercice installe. Une grandeur globale (pression, conductivité, absorbance) mesure l'avancement dès qu'elle en dépend, et l'avancement donne . L'analyse d'incertitude dit où la méthode est fiable. Et la distinction entre une perturbation instantanée et la réponse chimique qui suit le signe de .
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