conversion de puissance (PSI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Problème : la ligne d'une station de pompage, ou pourquoi l'on transporte sous haute tension avec un bon facteur de puissance
Puissance électrique en régime sinusoïdal · F. Transport de l'énergie et pertes en ligne · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Une station de pompage d'irrigation consomme sous un facteur de puissance (moteurs, inductif). Elle se trouve à du poste qui l'alimente. On adopte un modèle monophasé : une ligne aller-retour de de conducteur en aluminium de section , de résistivité et de masse volumique ; la ligne a aussi une réactance totale à (données de l'énoncé). On exige des pertes en ligne inférieures à de et une chute de tension inférieure à . La tension est celle qui règne à l'arrivée de la ligne.
1) Calculer la résistance de la ligne. Exprimer le courant puis le rapport des pertes en ligne à la puissance transportée en fonction de , , et .
2) On alimente directement la station sous . Calculer et les pertes. Par le diagramme de Fresnel, calculer la tension qu'il faudrait au départ. Conclure.
3) On transporte sous , un transformateur supposé idéal abaissant la tension à dans la station. Calculer , les pertes et la chute de tension relative. Les exigences sont-elles remplies ?
4) On relève le facteur de puissance de la station à . Que deviennent les pertes et la chute de tension ? Dans quel rapport les pertes ont-elles diminué ?
5) À pertes relatives fixées et à , quelle section de conducteur faudrait-il sous et sous ? Quelle masse d'aluminium ? Montrer que cette masse varie comme .
6) Énoncer le résultat établi. Pourquoi ne transporte-t-on pas sous ?
Corrigé
La stratégie. Écrire le courant à puissance imposée, , puis les pertes ; la chute de tension se lit sur le diagramme de Fresnel de la ligne, . Le dimensionnement suit.
1) Pertes relatives. . Le courant et les pertes :
2) Sous 400 V : impossible. , et , quinze fois la puissance transportée. Le diagramme de Fresnel dit pire : avec sur l'axe réel et , Il faudrait près de au départ pour obtenir à l'arrivée : le calcul des « pertes » n'a même plus de sens, la ligne n'est pas un fil de liaison mais l'essentiel du circuit.
3) Sous 20 kV. ; , soit de . La chute de tension, petite, se calcule au premier ordre par la projection sur : soit (le calcul exact donne ). Les deux exigences sont largement remplies.
4) Avec . , pertes (), chute . Les pertes ont été multipliées par : à puissance utile égale, le courant ne transporte plus de composante en quadrature inutile.
5) La masse de conducteur. À et : , et : Sous : , (un barreau de de diamètre), d'aluminium. Sous : , , . Le rapport des masses vaut . (Une section aussi petite serait en pratique fixée par la tenue mécanique de la ligne, pas par les pertes.)
6) Le résultat établi et sa limite. Élever la tension réduit le courant à puissance égale, donc les pertes et la matière ; mais l'isolement coûte de plus en plus cher avec : isolateurs, distances dans l'air, pertes par effet couronne au-delà de quelques centaines de kilovolts, transformateurs aux deux bouts. Pour sur , suffit largement ; est réservé aux centaines de mégawatts sur des centaines de kilomètres.
Le résultat établi — l'intérêt du transport à haute tension et d'un facteur de puissance élevé. Pour transporter une puissance moyenne sur une ligne de résistance sous la tension avec un facteur de puissance , les pertes en ligne valent : à pertes relatives données, la section et la masse de conducteur varient comme . Le transformateur permet d'élever la tension pour le transport et de l'abaisser chez l'usager ; les condensateurs de relèvement, de supprimer la composante en quadrature du courant.
Ce que le problème installe. Le courant à puissance imposée varie en , d'où les pertes en ; le diagramme de Fresnel de la ligne pour la chute de tension ; et le raisonnement de dimensionnement, qui transforme une loi de pertes en une masse de métal : un facteur entre et .