conversion de puissance (PSI) · Chapitre 2 · Exercice de TD
Pourquoi des fils ou des tôles ? Les courants de Foucault dans un noyau
Le transformateur · D. Le transformateur réel : pertes et défauts · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Les premières bobines d'induction avaient un noyau fait d'un faisceau de fils de fer vernis ; les transformateurs modernes, un empilement de tôles. On étudie un barreau de fer cylindrique d'axe , de rayon , de conductivité , plongé dans un champ magnétique axial, uniforme et sinusoïdal, , avec et . On néglige le champ magnétique créé par les courants induits eux-mêmes (« champ propre »).
1) Décrire la géométrie des courants induits. Par la loi de Faraday appliquée à un cercle de rayon , calculer le champ électrique induit , puis la densité de courant.
2) Calculer la puissance moyenne dissipée par unité de volume, moyennée sur le volume du barreau, et montrer qu'elle vaut .
3) Application à un noyau massif de rayon . On admet que le modèle « champ propre négligé » n'est valable que si est petit devant , avec . Le résultat est-il crédible ?
4) Le même volume est fait de fils isolés de rayon . Calculer la puissance volumique, le facteur de réduction, et vérifier la validité du modèle. Pour un noyau de d'un transformateur de , l'exigence « pertes par courants de Foucault inférieures à de la puissance nominale » est-elle remplie ?
5) Pour des tôles d'épaisseur , on admet . Comparer avec des tôles de . Pourquoi les tôles sont-elles isolées les unes des autres ?
Corrigé
La stratégie. Le champ magnétique variable induit un champ électrique dont la circulation se calcule par Faraday sur un cercle, par symétrie ; la loi d'Ohm locale donne ; la puissance volumique se moyenne dans le temps, puis dans l'espace. Le résultat en dit tout.
1) Courants induits. Par symétrie de révolution, les lignes de courant sont des cercles d'axe : . Faraday sur le cercle de rayon orienté selon (normale ) : Le courant est nul sur l'axe et maximal au bord.
2) Puissance. , de moyenne temporelle . En moyenne sur la section (le barreau est invariant selon ), avec l'élément d'aire : Proportionnelle à : la force électromotrice d'une boucle croît comme son aire, sa résistance comme son périmètre.
3) Le noyau massif. , soit par décimètre cube : absurde pour un transformateur, et d'ailleurs hors du domaine du modèle : , bien plus petit que . Les courants induits créent un champ propre qui repousse le flux vers la surface : le cœur du barreau ne serait même plus aimanté. Le calcul ne vaut pas, mais sa conclusion qualitative oui : un noyau massif est inutilisable.
4) Les fils. Avec : ( pour une masse volumique de ). Le facteur de réduction, à volume de fer égal, vaut : le vernis empêche les courants de passer d'un fil à l'autre, chaque boucle reste dans un fil. Cette fois : le modèle est acceptable. Pour de noyau : , soit de : exigence remplie.
5) Les tôles. : , trois fois moins que les fils, et un empilement de tôles se fabrique et remplit l'espace bien mieux qu'un faisceau de fils. Les tôles sont isolées (vernis, oxyde) : sans cela, les courants se refermeraient d'une tôle à l'autre, et le noyau redeviendrait massif. Le silicium ajouté au fer, lui, réduit .
Ce que l'exercice installe. La géométrie des courants de Foucault (cercles autour de l'axe du champ), leur calcul par Faraday puis Ohm local, la puissance en ; le feuilletage comme réduction de la dimension transverse au champ ; et le réflexe de vérifier le domaine du modèle avant de croire un nombre.
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