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conversion de puissance (PSI) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Onduleur en pont : pleine onde ou modulation de largeur d'impulsion sur une charge

Conversion électronique statique : hacheur, redresseur, onduleur · E. L'onduleur en pont · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un onduleur en pont à quatre interrupteurs à (chacun un transistor avec une diode en antiparallèle) est alimenté sous continus. Il alimente entre ses points milieux et une charge , qui demande un courant sinusoïdal à . Le cahier des charges exige que le taux d'harmoniques du courant (rapport de la valeur efficace de l'ensemble des harmoniques à celle du fondamental) reste inférieur à . On donne le développement du créneau : .

1) Quelles séquences de commutation sont permises ? Quelles tensions peut-on obtenir ?

2) Pleine onde : fermés pendant une demi-période, pendant l'autre. Calculer les amplitudes du fondamental et de l'harmonique 3 du courant, puis le taux d'harmoniques (on trouve en sommant tous les rangs). L'exigence est-elle remplie ?

3) Modulation de largeur d'impulsion bipolaire : à chaque période d'une porteuse de fréquence , on applique pendant et pendant le reste, avec , . Montrer que la valeur moyenne de sur une période de porteuse (« moyenne glissante ») vaut . En déduire l'amplitude du courant à .

4) Estimer l'ondulation crête à crête du courant à la fréquence de la porteuse (on la majorera au voisinage de ). Une simulation numérique donne un résidu efficace de du fondamental (donnée de l'énoncé). Conclure sur l'exigence.

Corrigé

La stratégie. Les règles d'interconnexion fixent les états permis. En pleine onde, la charge filtre un créneau : on calcule harmonique par harmonique avec l'impédance . En MLI, la charge ne « voit » que la moyenne glissante, et l'ondulation restante est à , là où filtre très bien.

1) Séquences. Dans un bras, les deux interrupteurs ne doivent jamais être fermés ensemble (court-circuit de ) : commande complémentaire, ou , ou . Quatre états : donne ; , ; et , (roue libre de la charge). Le courant inductif n'est jamais interrompu : les diodes en antiparallèle lui offrent toujours un chemin, quel que soit son signe.

2) Pleine onde. Le fondamental de a l'amplitude ; l'impédance à vaut , d'où d'amplitude. Harmonique 3 : sur , soit , du fondamental à lui seul. Le taux complet vaut : l'exigence de n'est pas remplie. L'inductance atténue les harmoniques ( croît avec ), mais pas assez à .

3) La moyenne glissante. Sur une période de porteuse, assez courte pour que y soit constant : C'est une sinusoïde d'amplitude , réglable par , de fréquence réglable par . La charge, filtre passe-bas, répond à cette moyenne : d'amplitude.

(Pour la lisibilité, la porteuse est dessinée à au lieu de .)

4) L'ondulation résiduelle. Au voisinage de , la tension vaut pendant puis pendant , et la moyenne glissante est presque nulle : , d'où crête à crête, de l'amplitude du fondamental. Le résidu efficace, , est bien sous les : l'exigence est remplie. La MLI repousse les harmoniques vers , où l'impédance est deux cents fois plus grande qu'à ; le prix est une amplitude maximale du fondamental plus faible ( au lieu de ) et des commutations deux cents fois plus nombreuses.

Ce que l'exercice installe. Les séquences permises d'un pont ; la décomposition d'un créneau filtrée par ; la moyenne glissante de la MLI, , qui fabrique une sinusoïde réglable en amplitude et en fréquence ; et l'estimation de l'ondulation à la fréquence de porteuse.

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