économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 12 · Exercice de TD
Les émissions importées
Les controverses sur l'ouverture · niveau 2
Énoncé
Selon le SDES (octobre 2025), en 2024, l'empreinte carbone de la France s'élève à 563 millions de tonnes équivalent CO2, dont la moitié est importée ; les émissions territoriales sont de 369 millions de tonnes. L'empreinte a baissé de 20 % depuis 1990.
- Calculer les émissions importées et le rapport entre empreinte et émissions territoriales.
- Expliquer en quoi ces chiffres illustrent l'effet de composition et le risque de fuite de carbone.
- Expliquer comment le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières cherche à y répondre, et présenter une objection de ses partenaires.
Corrigé
1. Émissions importées : environ millions de tonnes (le SDES les chiffre précisément à 284). L'empreinte vaut fois les émissions territoriales.
2. La France s'est spécialisée dans des activités moins émettrices (services) et importe des biens dont la production émet ailleurs : c'est un effet de composition, favorable pour ses émissions territoriales mais pas forcément pour les émissions mondiales. Si des productions se sont déplacées vers des pays aux règles climatiques moins strictes, il y a fuite de carbone.
3. Le MACF, en régime définitif depuis le 1er janvier 2026, fait payer aux importateurs de certains produits (acier, ciment, aluminium, engrais, électricité, hydrogène) un prix du carbone équivalent à celui des producteurs européens : il supprime l'avantage de coût lié à une réglementation plus laxiste. Objection : des pays exportateurs y voient un obstacle déguisé au commerce, qui pénalise des pays en développement dont la responsabilité historique dans le changement climatique est faible.
Ce qu'il faut retenir. Les émissions territoriales sous-estiment la responsabilité d'un pays importateur ; l'empreinte la mesure du côté de la consommation.