économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 12 · Exercice de TD
Un taux unique pour des pays différents
Les controverses sur l'ouverture · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Données fictives. Une union monétaire réunit deux pays : A (60 % du PIB de l'union) et B (40 %). En A, l'inflation est de 3,5 % et l'écart de production (écart entre PIB effectif et PIB potentiel, en % du potentiel) de ; en B, l'inflation est de 1 % et l'écart de production de . On utilise une règle de Taylor : , où est l'inflation et l'écart de production (en %).
- Calculer le taux d'intérêt souhaitable pour A et pour B, s'ils étaient indépendants.
- La banque centrale applique la règle aux moyennes pondérées de l'union. Calculer le taux commun.
- Comparer et expliquer la notion de politique « taille unique ».
- De quels instruments B dispose-t-il pour faire face à sa situation ? Quelles contraintes pèsent sur eux ?
Corrigé
1. A : . B : .
2. Inflation moyenne : ; écart moyen : . Taux commun : .
3. Le taux commun (3,3 %) est trop bas pour A (5,5 % souhaitable), qui risque la surchauffe, et trop haut pour B (0 %), qui s'enfonce dans la récession. C'est la politique « taille unique » : adaptée à la moyenne, elle ne convient à aucun des pays en cas de choc asymétrique.
4. B ne peut ni baisser ses taux ni dévaluer. Il lui reste la politique budgétaire, mais elle est encadrée par les règles européennes (trajectoire de dépenses nettes, procédure pour déficit excessif), et la baisse relative de ses coûts (dévaluation interne), lente et coûteuse en emplois. La mobilité du travail vers A et des transferts budgétaires européens seraient les mécanismes d'ajustement d'une zone monétaire optimale.
Ce qu'il faut retenir. Le coût d'une union monétaire augmente avec l'hétérogénéité des situations de ses membres.