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économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 14 · Exercice de TD

Analyse de document : la BCE face au choc énergétique

Les déséquilibres macroéconomiques et la politique économique · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Document. Le 29 octobre 2026, le Conseil des gouverneurs de la BCE laisse ses trois taux directeurs inchangés (facilité de dépôt : 2,50 % ; opérations principales de refinancement : 2,65 % ; facilité de prêt marginal : 2,90 %), après les avoir relevés de 25 points de base en juin puis en septembre 2026. Son communiqué indique que les prix de l'énergie continuent d'augmenter, ce qui fait peser des risques à la hausse sur l'inflation et à la baisse sur la croissance ; que l'inflation sous-jacente est restée globalement stable et que les salaires n'ont pas encore réagi significativement ; que l'intensification du choc et ses effets de second tour risquent d'alimenter l'inflation. La même semaine, Eurostat estime l'inflation de la zone euro à 4,0 % en octobre (énergie : 20,8 %).

Présenter le document, puis expliquer le dilemme auquel la BCE est confrontée et justifier sa décision de ne pas relever ses taux en octobre.

Corrigé

Présentation. Communiqué de la Banque centrale européenne, autorité monétaire indépendante de la zone euro, à l'issue de sa réunion du 29 octobre 2026, dans un contexte de choc énergétique ; il annonce un maintien des taux après deux hausses.

Le dilemme. L'inflation (4,0 %) est le double de la cible de 2 %, ce qui plaide pour un resserrement. Mais elle vient d'un choc d'offre : le choc pèse déjà sur l'activité. Relever les taux freinerait la demande (crédit plus cher moins d'investissement et de consommation) sans faire baisser le prix mondial de l'énergie : on ajouterait du ralentissement au ralentissement.

La justification du maintien. Trois éléments du communiqué. (1) L'inflation sous-jacente reste stable : la hausse ne s'est pas encore diffusée au-delà de l'énergie. (2) Les salaires n'ont pas réagi : pas encore de boucle prix-salaires. (3) Les conditions de financement se sont déjà durcies, ce qui freine déjà l'inflation. Les deux hausses de 2026 ont servi à ancrer les anticipations ; la BCE attend de voir si des effets de second tour apparaissent, en se réservant d'agir « réunion par réunion ».

Ce qu'il faut retenir. Face à un choc d'offre, la banque centrale ne cherche pas à effacer la hausse directe des prix de l'énergie, qu'elle ne contrôle pas, mais à empêcher sa diffusion durable par les anticipations et les salaires.

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