économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 14 · Exercice de TD
Le climat, un jeu du passager clandestin
Les déséquilibres macroéconomiques et la politique économique · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Deux pays fictifs, A et B, peuvent chacun financer un programme de réduction des émissions qui coûte 6 (en milliards d'euros) au pays qui le finance. Chaque programme réalisé procure un bénéfice de 4 à chacun des deux pays, qu'il ait payé ou non.
- Construire le tableau des gains nets de A et de B dans les quatre cas possibles.
- Quel est l'intérêt individuel de chaque pays, quel que soit le choix de l'autre ? Quelle situation en résulte ?
- Quelle situation maximise le gain total ? Pourquoi n'est-elle pas atteinte spontanément ?
- Proposer deux dispositifs permettant d'atteindre la situation coopérative.
Corrigé
1. Gain net d'un pays = (nombre de programmes) s'il paie.
| B contribue | B ne contribue pas | |
|---|---|---|
| A contribue | A : ; B : | A : ; B : |
| A ne contribue pas | A : ; B : | A : ; B : |
2. Si B contribue, A gagne 4 en ne contribuant pas, contre 2 en contribuant ; si B ne contribue pas, A gagne 0 au lieu de . Ne pas contribuer est toujours plus avantageux : c'est une stratégie dominante, et il en va de même pour B. Résultat : personne ne contribue, gain total nul.
3. La coopération (les deux contribuent) donne un gain total de 4, le maximum. Elle n'est pas atteinte parce que chaque programme coûte 6 à son financeur et ne lui rapporte que 4 : le reste du bénéfice profite à l'autre pays. C'est le problème du passager clandestin propre aux biens publics (Samuelson, Olson) : le bien public mondial est sous-produit.
4. Un traité avec engagements réciproques vérifiables et sanctions (sur le modèle du protocole de Montréal) ; un club au sens de Nordhaus, qui taxe les importations des non-contributeurs, ce qui réduit le gain du passager clandestin ; un fonds commun financé par des contributions obligatoires.
Ce qu'il faut retenir. La rationalité individuelle des États conduit à un résultat collectivement mauvais : la coopération doit être organisée, elle n'est jamais spontanée.