économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 16 · Exercice de TD
La flexicurité est-elle transposable en France ?
Les politiques de l'emploi · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Construire une argumentation répondant à la question : « La flexicurité danoise peut-elle être un modèle pour la France ? » Vous mobiliserez les notions de flexibilité, de sécurité, de politiques actives et passives, et au moins une donnée du chapitre.
Corrigé
Problématique. La flexicurité promet de concilier l'efficacité économique (ajustement rapide de l'emploi) et la protection des personnes. Mais un modèle dépend des institutions qui le portent : peut-on l'importer ?
I. Un modèle attractif pour la France.
- Un marché du travail français dual (56,5 % de contrats temporaires chez les jeunes salariés, Eurostat 2025) : la flexibilité existe déjà, mais concentrée sur les plus fragiles. La flexicurité la répartirait et protégerait les parcours.
- Un chômage élevé et en hausse (8,3 % au deuxième trimestre 2026, Insee), un chômage de longue durée (2,1 % des actifs) qui appelle des politiques actives intensives contre l'hystérèse.
- Des réformes françaises vont dans ce sens : rupture conventionnelle (2008), ordonnances (2017), France Travail et accompagnement renforcé (2024).
II. Des conditions difficiles à réunir.
- Le coût : une indemnisation généreuse et des politiques actives intensives supposent des dépenses élevées, alors que le déficit public atteint 5,1 % du PIB en 2025.
- La confiance : le modèle danois repose sur un dialogue social dense ; en France, les relations sociales sont plus conflictuelles et le taux de syndicalisation faible.
- Le risque d'une transposition partielle : importer la flexibilité sans la sécurité (et la France a durci l'indemnisation depuis 2023) donne une dérégulation, non une flexicurité.
III. Une transposition progressive et négociée. S'inspirer des principes plutôt que copier le modèle : sécuriser les parcours (formation tout au long de la vie, accompagnement), réduire l'écart entre CDI et contrats courts, négocier les contreparties avec les partenaires sociaux.
Conclusion. La flexicurité est moins un modèle à importer qu'un équilibre à construire ; sa réussite tient à l'ensemble, pas à une mesure isolée.