économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 17 · Exercice de TD
Analyse de document : empreinte carbone et mondialisation
Risques sociaux, inégalités et défis environnementaux · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Document. Selon le Citepa (avril 2026), les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français atteignent 369,2 Mt CO éq en 2024 et seraient de 363,7 Mt en 2025 (estimation provisoire). Selon le SDES et l'Insee (octobre 2025), l'empreinte carbone de la France atteint 563 Mt en 2024 (8,2 tonnes par habitant), en baisse de 3,4 % ; les émissions des résidents sont de 404 Mt (5,9 tonnes par habitant) ; les émissions importées représentent environ la moitié de l'empreinte.
- Présenter le document et calculer le taux de variation des émissions territoriales entre 2024 et 2025, ainsi que l'écart entre l'empreinte et les émissions des résidents en 2024.
- Expliquer pourquoi l'empreinte dépasse les émissions sur le territoire.
- En mobilisant les effets d'échelle, de composition et de technique, montrer que la mondialisation peut à la fois réduire et déplacer les émissions. Quel instrument européen répond au risque de fuite de carbone ?
Corrigé
1. Données d'organismes publics (Citepa, chargé de l'inventaire national ; SDES, service statistique du ministère, avec l'Insee), en millions de tonnes d'équivalent CO, sur trois périmètres. Variation : . Écart : Mt, soit une empreinte supérieure de 39 % aux émissions des résidents ().
2. L'empreinte compte les émissions provoquées par la demande finale française, y compris celles des biens importés (produits manufacturés en Asie, par exemple), et retire celles des biens exportés. Une économie désindustrialisée qui importe beaucoup de biens industriels a une empreinte supérieure à ses émissions territoriales.
3. Effet d'échelle : la mondialisation accroît la production et le transport, donc les émissions. Effet de composition : la France s'est spécialisée dans les services et importe des biens fabriqués ailleurs ; ses émissions territoriales baissent, mais une partie de la pollution est déplacée vers les pays producteurs (havres de pollution, fuites de carbone). Effet technique : la diffusion de technologies propres réduit les émissions par unité produite ; la baisse de l'empreinte en 2024 (), dont les deux tiers viennent des émissions importées selon le SDES, en témoigne en partie. L'Union européenne répond au risque de fuite par le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, en phase définitive depuis le 1er janvier 2026, qui fait payer aux importateurs le prix du carbone européen.
Ce qu'il faut retenir. Juger la politique climatique d'un pays sur ses seules émissions territoriales peut masquer un déplacement des émissions : l'empreinte complète le diagnostic.