économie (ECT, 1re et 2e années) · Chapitre 8 · Exercice de TD
Analyse d'un document : les taux directeurs de la BCE
Le système financier et la croissance · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Le document présente le taux de la facilité de dépôt de la BCE, d'après le site de la Banque centrale européenne : 0 % le 27 juillet 2022 ; 4 % le 20 septembre 2023 (après neuf hausses) ; 2 % le 11 juin 2025 (après huit baisses) ; 2,25 % le 17 juin 2026 et 2,50 % le 16 septembre 2026. Par ailleurs, la Banque de France indique que le coût des nouveaux crédits bancaires aux entreprises est resté, au deuxième trimestre 2026, nettement inférieur à 4 % en moyenne.
- Présenter le document et calculer l'ampleur de la hausse, puis de la baisse, en points de pourcentage.
- Expliquer par une chaîne causale comment une hausse des taux directeurs se transmet au crédit, à l'investissement et à la croissance.
- Pourquoi la BCE a-t-elle relevé ses taux en 2022-2023 ? Quel risque prenait-elle pour la croissance ?
- Montrer que la politique monétaire agit sur le cycle du crédit.
Corrigé
1. Série officielle de la BCE sur l'un de ses trois taux directeurs, de 2022 à 2026. Hausse : points en quatorze mois ; baisse : points jusqu'en juin 2025 ; remontée de 0,5 point en 2026.
2. Hausse des taux directeurs hausse du coût du refinancement des banques et des taux du marché monétaire hausse des taux des crédits aux entreprises et aux ménages des projets d'investissement cessent d'être rentables, les ménages empruntent moins pour se loger baisse de la demande de crédit et de l'investissement ralentissement de l'activité, puis de l'inflation. S'y ajoutent la baisse du prix des actifs (obligations, logements) et l'effet de richesse négatif.
3. Pour freiner l'inflation, très élevée en 2022, en réduisant la demande. Le risque était de provoquer une récession : le resserrement du crédit pèse sur l'investissement, donc sur la croissance à court terme et, si l'investissement manque, sur la croissance potentielle.
4. En baissant les taux, la banque centrale favorise l'expansion du crédit et l'endettement ; en les relevant, elle provoque sa contraction. Elle peut ainsi atténuer le cycle du crédit (contracyclique) ou, si elle maintient des taux trop bas trop longtemps, nourrir l'endettement et les bulles (Minsky).
Ce qu'il faut retenir. Un écart de taux s'exprime en points de pourcentage ; la transmission de la politique monétaire passe d'abord par le crédit bancaire.