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électricité (PCSI) · Chapitre 10 · Exercice de TD

Le convertisseur courant-tension : une impédance d'entrée nulle

L'ALI idéal et les filtres actifs · B. Quatre montages fondamentaux · niveau 2

Énoncé

Une photodiode éclairée se comporte comme un générateur de courant : elle débite un courant proportionnel à l'éclairement, à condition que la tension à ses bornes reste voisine de zéro. Si cette tension dépasse quelques centaines de millivolts, la diode se met à conduire en sens direct et une partie du courant photoélectrique est perdue : la réponse n'est plus proportionnelle. Sous l'éclairement étudié, .

1) On fait débiter la photodiode dans une résistance et l'on mesure la tension à ses bornes. Que vaudrait cette tension si la photodiode restait un générateur de courant idéal ? Pourquoi la mesure est-elle faussée ?

2) On relie l'anode de la photodiode à l'entrée inverseuse d'un ALI, sa cathode à la masse ; l'entrée non inverseuse est reliée à la masse, et une résistance relie la sortie à l'entrée inverseuse. Le courant entre dans le nœud de l'entrée inverseuse. Établir la relation entre et . Que vaut la tension aux bornes de la photodiode ?

3) Quelle est l'impédance d'entrée de ce montage, vue par la photodiode ? Comparer au suiveur.

4) Quel est le courant maximal mesurable sans saturation ? Comment augmenter la sensibilité ?

Corrigé

La stratégie. Un générateur de courant se mesure sans tension à ses bornes, comme un ampèremètre idéal. Il faut donc un étage d'impédance d'entrée nulle : c'est exactement ce que fournit la masse virtuelle de l'entrée inverseuse.

1) La résistance seule. Un générateur de courant idéal imposerait . Mais aux bornes de la photodiode, c'est bien au-delà des quelques centaines de millivolts tolérés : la diode conduit en sens direct, détourne une partie du courant photoélectrique, et la tension mesurée reste nettement inférieure à , sans être proportionnelle à l'éclairement. Pour garder la proportionnalité, il faudrait une résistance petite, donc une tension minuscule et difficile à mesurer.

2) La masse virtuelle. La sortie revient sur l'entrée inverseuse par : régime linéaire. , donc . Loi des nœuds à l'entrée inverseuse, avec : le courant qui arrive de la photodiode repart tout entier dans , vers la sortie. Aux bornes de : , donc La tension aux bornes de la photodiode vaut : elle est court-circuitée par la masse virtuelle, et reste un générateur de courant idéal quel que soit l'éclairement. La sortie est proportionnelle au courant, avec une sensibilité de .

3) Impédance d'entrée nulle. Quel que soit le courant injecté, le potentiel du nœud d'entrée reste : la tension d'entrée est nulle pour tout courant, donc l'impédance d'entrée est nulle. C'est le montage dual du suiveur : le suiveur mesure une tension sans prendre de courant (impédance infinie) ; le convertisseur courant-tension mesure un courant sans prendre de tension (impédance nulle). Dans les deux cas, l'appareil ne perturbe pas la grandeur mesurée.

4) Domaine et sensibilité. La sortie sature quand atteint , soit . Pour mesurer de plus faibles éclairements, on augmente : avec , on obtient pour , sans jamais perturber la photodiode. La limite devient alors le courant d'entrée de l'ALI (quelques picoampères), qui doit rester petit devant .

Ce que l'exercice installe. La masse virtuelle n'est pas qu'une astuce de calcul : c'est un nœud maintenu à qui absorbe n'importe quel courant. Un montage se caractérise par son impédance d'entrée, qu'on choisit selon la grandeur à mesurer : infinie pour une tension, nulle pour un courant.

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