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électricité (PCSI) · Chapitre 10 · Exercice de TD

Problème : le convertisseur numérique-analogique, du sommateur au réseau R-2R

L'ALI idéal et les filtres actifs · B. Quatre montages fondamentaux · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un convertisseur numérique-analogique (CNA) transforme un nombre écrit en binaire, , chaque bit valant ou , en une tension proportionnelle à . Chaque bit commande un interrupteur. On note une tension de référence.

1) Le sommateur inverseur. Trois tensions , , sont appliquées à l'entrée inverseuse d'un ALI à travers trois résistances , , ; une résistance relie la sortie à l'entrée inverseuse ; l'entrée non inverseuse est à la masse. Établir Pourquoi les trois sources ne se perturbent-elles pas mutuellement ? Citer une application.

2) Le CNA à résistances pondérées, 4 bits. On utilise quatre entrées : le bit (poids fort) commande une tension appliquée à travers , le bit à travers , à travers , à travers . Montrer que . Avec , choisir pour que la pleine échelle () donne . Quel est alors le quantum, c'est-à-dire la variation de quand augmente de ?

3) Le défaut à 8 bits. On passe à 8 bits. Quelles résistances faut-il ? On veut que l'erreur sur reste inférieure à un demi-quantum. Montrer que la résistance du bit de poids fort doit être juste à mieux que près. Conclure sur la réalisation pratique.

4) Le réseau R-2R. On considère une échelle de résistances : une suite de nœuds reliés en chaîne par des résistances ; chaque nœud est relié, par une résistance , à un interrupteur ; le dernier nœud est en outre relié à la masse par une résistance . La tension est appliquée au nœud . Les interrupteurs relient chaque branche soit à la masse, soit à l'entrée inverseuse d'un ALI monté avec une résistance de rétroaction, entrée non inverseuse à la masse. Montrer que, vue de n'importe quel nœud vers le bas de l'échelle, la résistance équivalente vaut . En déduire que le courant qui part de chaque nœud vers son interrupteur vaut la moitié de celui du nœud précédent.

5) Le rôle de la masse virtuelle. Montrer que les courants dans les branches ne dépendent pas de la position des interrupteurs. En déduire Combien de valeurs de résistances différentes faut-il ? Conclure.

6) Ordres de grandeur. Pour un CNA 8 bits avec et , calculer le quantum, la pleine échelle et le courant fourni par la référence. Quelles limites le modèle idéal ignore-t-il ?

Corrigé

La stratégie. Tout repose sur la masse virtuelle : un nœud maintenu à où des courants indépendants viennent s'additionner. On établit le sommateur, on en déduit le CNA le plus simple, on mesure son défaut, puis on le corrige par un réseau qui n'utilise que deux valeurs de résistances, analysé par les équivalences de Thévenin et de résistances du chapitre 2.

1) Le sommateur. La sortie revient sur l'entrée inverseuse par : régime linéaire, et . Chaque résistance d'entrée a un bout à et l'autre à : elle est parcourue par le courant , qui ne dépend que de . Loi des nœuds à l'entrée inverseuse, avec : la somme de ces courants traverse , et , d'où Les sources ne se perturbent pas : chacune voit une résistance reliée à un point fixé à , comme si les autres n'existaient pas. Sans la masse virtuelle, si les trois résistances aboutissaient à un même nœud flottant, le potentiel de ce nœud dépendrait de toutes les entrées, et chaque source débiterait dans les autres. Application : la table de mixage, qui additionne plusieurs micros avec des gains réglables .

2) Le CNA à résistances pondérées. Avec et les résistances , , , : Pleine échelle : donne Le quantum vaut . Vérification : , la sortie ne sature jamais.

3) Le défaut à 8 bits. Il faut les résistances , soit de à : un rapport de . Le bit de poids fort pèse quanta sur . Si sa résistance est fausse d'une fraction , le courant correspondant l'est de environ, et la sortie de quanta. Pour une erreur inférieure à un demi-quantum, Et il faut que ces huit résistances, de valeurs très différentes, gardent ces rapports exacts malgré les variations de température. Avec plus de bits, l'exigence double à chaque bit ajouté : le principe est juste, la réalisation impraticable.

4) Le réseau R-2R. On part du bas de l'échelle. Au nœud , deux résistances partent vers la masse : celle de la terminaison et celle de la branche (l'interrupteur aboutit à la masse ou à la masse virtuelle, toutes deux à ). Elles sont en parallèle : . Vu de vers le bas, on trouve la résistance entre et , en série avec cet équivalent : . Au nœud , cet équivalent est à son tour en parallèle avec la branche de , ce qui donne encore , et ainsi de suite. Vue de n'importe quel nœud vers le bas, l'échelle vaut , et la résistance totale vue par la référence au nœud est .

À chaque nœud, le courant qui arrive se partage donc entre deux résistances égales à : la branche du nœud et le reste de l'échelle. Il se divise en deux moitiés égales. La référence débite ; la branche de reçoit , celle de reçoit , et ainsi de suite jusqu'à , qui reçoit .

5) La masse virtuelle, encore. Chaque branche aboutit soit à la masse, soit à l'entrée inverseuse, qui est à elle aussi. Le réseau voit donc exactement les mêmes potentiels quelle que soit la position des interrupteurs : les courants des branches ne changent pas. Seule change leur destination. Les branches dont le bit vaut envoient leur courant vers l'entrée inverseuse, où il traverse ; les autres l'envoient à la masse. Le courant total vers la masse virtuelle vaut et , d'où Deux valeurs de résistances suffisent, et , quel que soit le nombre de bits. On fabrique sur une même puce des résistances identiques bien appariées, dont on fait en en mettant deux en série : leurs rapports sont précis et suivent ensemble la température. C'est pourquoi le réseau R-2R équipe la plupart des CNA. Et c'est la masse virtuelle qui le rend possible : sans elle, basculer un interrupteur changerait les potentiels, donc tous les courants.

6) Ordres de grandeur. Avec , et :

  • quantum : ;
  • pleine échelle () : , sans saturation ;
  • courant fourni par la référence : , le même quel que soit : la référence voit toujours la même charge, ce qui la rend facile à stabiliser.

Le modèle idéal ignore la vitesse : un ALI réel met un temps fini, de l'ordre de la microseconde, à faire varier sa sortie de plusieurs volts, ce qui limite le nombre de conversions par seconde. Il ignore aussi la résistance des interrupteurs, qui s'ajoute à celle des branches , et le décalage de l'ALI, qui doit rester petit devant un quantum de .

Le résultat. Le convertisseur numérique-analogique à réseau R-2R — une échelle de résistances et dont chaque branche est aiguillée vers la masse ou vers la masse virtuelle d'un amplificateur inverseur — délivre une tension proportionnelle au nombre binaire ; il n'utilise que deux valeurs de résistances, et ses courants ne dépendent pas des bits, parce que la masse virtuelle et la masse sont au même potentiel.

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