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électricité (PCSI) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Transférer la charge d'un condensateur à un autre par une bobine

Oscillations libres : circuits LC et RLC · A. L'oscillateur harmonique : le circuit LC · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Un condensateur , chargé sous , est relié à , par l'intermédiaire d'une bobine idéale , à un condensateur initialement déchargé : les trois dipôles forment une seule maille. On note et les tensions des condensateurs, orientées de sorte que et , la charge de , et le courant qui quitte , traverse la bobine et entre dans .

On rappelle un résultat du chapitre des circuits du premier ordre : si les deux condensateurs sont reliés par une résistance, l'état final est et l'énergie perdue vaut , quelle que soit la résistance.

1) Justifier que à tout instant. Établir l'équation différentielle vérifiée par et montrer qu'il s'agit d'un oscillateur harmonique de pulsation , avec . Interpréter .

2) Préciser les conditions initiales et montrer que .

3) Cas : à quel instant le courant s'annule-t-il pour la première fois ? Que valent alors et ? Quelle fraction de l'énergie initiale se trouve dans ?

4) Cas : mêmes questions ; vérifier que l'énergie totale est conservée.

5) Un interrupteur idéal ouvre la maille à l'instant . Comparer avec le transfert à travers une résistance.

6) En réalité, la bobine a une petite résistance et l'on n'ouvre pas la maille. Sans calcul, quel est l'état final ? Quelle énergie a été dissipée ? Conclure.

Corrigé

La stratégie. Une seule maille, deux condensateurs, une bobine : il y a trois réservoirs, mais la conservation de la charge lie les deux condensateurs, et il ne reste qu'un degré de liberté. On s'attend donc à un oscillateur, et c'est l'énergie qui dira s'il transfère bien.

1) Conservation de la charge et équation. Les armatures de et de reliées par la bobine forment, avec le fil, un conducteur isolé : la charge qui quitte arrive sur . Quantitativement, , donc et (valeur initiale). Ainsi et .

La loi des mailles, en suivant le courant de vers à travers la bobine, s'écrit . En remplaçant : C'est l'équation de l'oscillateur harmonique, avec un second membre constant, de pulsation . Interprétation : vue de la bobine, la maille contient deux condensateurs en série, et est bien la loi d'association en série. Le second membre traduit la charge initiale de .

2) Conditions initiales et solution. Par continuité de la tension aux bornes d'un condensateur, ; par continuité de l'intensité dans la bobine, . La solution particulière constante est ; la solution générale ; impose et impose . Donc Le courant vaut : il est positif sur , puis change de signe. Vérification d'homogénéité : est une charge divisée par un temps, donc une intensité.

3) Cas . Alors , . Le courant s'annule pour la première fois en Alors : , et . Toute la charge, et toute l'énergie , sont passées dans ; la bobine, où , n'en contient plus. Le courant maximal, atteint à mi-chemin, vaut .

4) Cas . Alors , et . En : et . Le condensateur s'est rechargé en sens inverse : la bobine, par son inertie, a poussé la charge au-delà de l'équilibre. Bilan : L'énergie totale est conservée, comme il se doit sans résistance ; mais seuls les trois quarts sont dans .

5) Comparaison avec la résistance. Si l'on ouvre la maille en (le courant y est nul : l'ouverture ne crée aucune surtension, puisque la bobine ne contient aucune énergie), on fige l'état. Avec , le transfert est total et sans perte. À travers une résistance, au contraire, on aurait abouti à et perdu la moitié de l'énergie (avec , les trois quarts). La bobine ne dissipe rien : elle emprunte l'énergie pendant le transfert et la rend.

6) Avec une petite résistance, sans ouvrir. Les oscillations s'amortissent, et le courant finit par s'annuler. L'état final vérifie et , donc , et la conservation de la charge (toujours vraie) donne : le même état final qu'avec une résistance seule. L'énergie finale est donc la même, et l'énergie dissipée aussi, (25 µJ, soit 50 %, si ; 37,5 µJ, soit 75 %, si ), quelle que soit la petite résistance. Conclusion : l'énergie perdue ne dépend que des états initial et final, et l'état final est imposé par la conservation de la charge. Pour gagner, il faut changer l'état final, et c'est exactement ce que fait l'interrupteur ouvert au bon instant.

Ce que l'exercice installe. Deux réflexes. D'abord, une loi de conservation (ici la charge) réduit le nombre d'inconnues et fait apparaître un oscillateur reconnaissable, dont la capacité se lit comme une association. Ensuite, un bilan d'énergie se fait entre deux états, et la dissipation dépend de l'état final, pas du détail du chemin : la bobine permet d'atteindre un autre état final, sans perte, à condition d'arrêter le transfert au bon moment.

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