électricité (PTSI) · Chapitre 4 · Exercice de TD
Problème — Le décrément logarithmique
Oscillations libres : circuits LC et RLC · B. Le circuit RLC série · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Un circuit RLC série de facteur de qualité est en régime libre pseudo-périodique : l'écart de à sa valeur finale s'écrit , avec et , de pseudo-période . On définit le décrément logarithmique .
1) Montrer que ne dépend pas de . Établir , puis l'expression exacte et l'approximation pour .
2) Inverser : exprimer en fonction de . On relève une amplitude divisée par 2 au bout de 3 pseudo-périodes. Calculer , par la formule exacte et par l'approximation . Quelle est l'erreur relative commise par l'approximation, en fonction de ?
3) Au bout de combien de pseudo-périodes l'amplitude est-elle divisée par ? Commenter la phrase « compte les oscillations visibles ».
4) Mesure. Un générateur basse fréquence (GBF) délivrant un signal créneau, de résistance de sortie , alimente en série une résistance , une bobine d'inductance et de résistance inconnue, et un condensateur . La période du créneau est grande devant la durée du transitoire. Sur un palier du créneau, on relève deux maxima de l'écart séparés de deux pseudo-périodes : puis ; la pseudo-période vaut . Justifier que chaque palier est un régime libre pour . En déduire , , la résistance totale du circuit et la résistance de la bobine. Pourquoi diffère-t-il à peine de ?
5) Incertitude. Les amplitudes sont lues à . Encadrer . Pourquoi a-t-on intérêt à mesurer sur plusieurs pseudo-périodes plutôt que sur une seule ?
6) Homogénéité et cas limites : , puis . Énoncer le résultat obtenu.
Corrigé
1) Le décrément est une constante. Comme , le cosinus reprend la même valeur une pseudo-période plus tard, et Le rapport ne dépend pas de (pour les instants où , en particulier aux maxima) : . On remplace : , et comme , Pour , et . Homogénéité : est un logarithme de rapport de tensions, sans dimension, comme .
2) L'inversion et le premier calcul. donne Une amplitude divisée par 2 en 3 pseudo-périodes donne , soit . Alors par la formule exacte, et par l'approximation. L'erreur relative se calcule en écrivant : elle vaut , soit ici. L'approximation est excellente dès que dépasse quelques unités.
3) Le nombre d'oscillations visibles. Au bout de pseudo-périodes, l'amplitude est multipliée par . Elle est divisée par , ce qui la rend difficile à distinguer à l'écran, quand , soit . Le facteur de qualité compte les oscillations visibles : c'est une estimation, mais elle donne d'un coup d'œil, à un facteur 2 près. Pour , on voit une douzaine d'oscillations.
4) La mesure.
Pourquoi un régime libre. Sur un palier, le GBF est équivalent à une source de tension constante en série avec . Le circuit est alors un RLC série de résistance totale soumis à un échelon ; l'écart vérifie l'équation homogène (l'exercice 5 l'a montré : la solution est plus une solution du régime libre). La résistance de sortie du GBF fait partie de l'oscillateur : elle n'est pas négligeable devant les dix ohms de .
Le décrément. Sur deux pseudo-périodes, , d'où , et (L'approximation donnerait : l'écart relatif n'est plus tout à fait négligeable.)
La résistance totale. , et donne . Donc . Une mesure de temps et d'amplitudes révèle une résistance qu'on ne voyait pas : celle du fil de la bobine.
La pseudo-période. , et . L'écart est de , au second ordre en : même pour , la pseudo-période est très proche de la période propre. C'est l'amplitude, pas la période, qui porte l'information sur l'amortissement.
5) L'incertitude. Les valeurs extrêmes du rapport sont obtenues en écartant les deux lectures en sens contraires : donne et ; donne et . D'où l'encadrement L'incertitude vient surtout de la petite amplitude ( sur , soit ). Mesurer sur pseudo-périodes répartit l'erreur : , et l'incertitude sur le logarithme est divisée par , tant que reste bien lisible. Il y a un optimum : assez de périodes pour diviser l'erreur, pas trop pour que la dernière amplitude reste lisible.
6) Cas limites, et le résultat. Quand , : on retrouve le circuit LC, dont l'amplitude ne décroît pas ; le décrément devient trop petit pour être lu sur deux maxima voisins, et il faut le mesurer sur un grand nombre de périodes. Quand , , et : la pseudo-période diverge, il n'y a plus qu'un seul dépassement, et le décrément perd son sens ; on mesure alors par le dépassement relatif de la réponse à un échelon, qui vaut d'ailleurs exactement (le dépassement survient une demi-pseudo-période après le départ). Dans tous les cas, et sont sans dimension et la relation entre eux ne dépend d'aucun composant.
Le résultat obtenu — le décrément logarithmique. Pour un oscillateur amorti en régime pseudo-périodique, le rapport de deux maxima successifs de l'écart à l'équilibre est constant ; son logarithme, le décrément logarithmique, vaut , de sorte que se mesure sur un oscillogramme par un simple rapport d'amplitudes, sans connaître , ni ; et l'amplitude est divisée par au bout d'environ pseudo-périodes.
Ce que le problème installe. Une mesure physique bien construite lit un rapport, qui ne dépend ni du calibrage de l'appareil ni de l'amplitude initiale. Elle se confronte au modèle : le mesuré, plus faible que ne le prévoient les composants affichés, révèle les résistances cachées (sortie du générateur, fil de la bobine). Et elle s'accompagne d'une incertitude, qu'on réduit en mesurant sur plusieurs périodes.
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