électromagnétisme (MPI) · Chapitre 1 · Exercice de TD
Régime stationnaire : le flux de se conserve… sauf là où la charge s'accumule
Sources du champ électromagnétique · C. Conservation de la charge · niveau 2
Énoncé
1) Une jonction. Un fil de cuivre de section est raccordé à un fil de cuivre de section ; l'ensemble est parcouru par un courant stationnaire . Établir par un bilan sur une surface fermée. Calculer , et les vitesses de dérive , .
2) Un canon à électrons. Des électrons émis sans vitesse par une cathode chauffée sont accélérés par la tension entre cathode et anode ; ils sortent par un trou de l'anode en un faisceau de section , d'intensité , à la vitesse .
a) Calculer ; l'approximation non relativiste est-elle justifiée ? b) Calculer la densité de charge et la densité d'électrons dans le faisceau. c) Montrer qu'en régime stationnaire est le même dans toute section du faisceau. En un point proche de la cathode, où les électrons n'ont été accélérés que sous et où la section vaut encore , calculer et . Où la charge s'accumule-t-elle ? Quelle conséquence qualitative ? d) Un fil de cuivre de même section transporte la même intensité : comparer les densités et les vitesses des porteurs.
3) Un condensateur en charge. Un condensateur, initialement déchargé, se charge à travers un résistor : le courant dans les fils vaut , avec et ; il arrive sur l'armature et repart de l'armature . a) Soit une surface fermée qui entoure la seule armature (elle coupe le fil qui y arrive et passe entre les armatures). Que vaut le flux sortant de à travers ? En déduire la charge . b) Même question pour une surface qui entoure les deux armatures. c) Pour quelles surfaces la loi des nœuds vaut-elle ? Le régime est-il stationnaire ?
Corrigé
La stratégie. Le bilan intégral s'applique à toute surface fermée fixe. Si la charge intérieure ne varie pas, le flux sortant de est nul : c'est la loi des nœuds, sous sa forme générale. Si la charge intérieure varie, le flux n'est pas nul, et c'est le bilan qui donne cette variation.
1) La jonction. On entoure la jonction d'une surface fermée formée de la section , de la section et de la surface latérale des fils. Aucun courant ne sort par la surface latérale ; en régime stationnaire la charge intérieure est constante, donc le flux sortant est nul : . Numériquement, et . Avec , même : , , et : les porteurs vont plus vite dans le rétrécissement.
2a) La tension accélératrice. Le théorème de l'énergie cinétique pour un électron parti sans vitesse donne , d'où : le facteur de Lorentz vaut , la correction relativiste est inférieure au pour cent.
2b) Densités dans le faisceau. Dans le faisceau, une seule espèce de porteurs : , donc , avec , et . Le faisceau n'est pas neutre : aucun ion n'y compense la charge des électrons, contrairement au métal.
2c) L'accumulation. On fait le bilan sur la portion de faisceau comprise entre deux sections : rien ne sort latéralement, la charge intérieure est constante en régime stationnaire, donc la même intensité traverse toutes les sections : . À section égale, est constant : la densité est inversement proportionnelle à la vitesse. Après une accélération sous : d'où La charge s'accumule là où les porteurs sont lents, comme les voitures devant un péage. Près de la cathode, cette charge négative d'électrons lents repousse les électrons qui sont émis : elle limite le courant que le canon peut fournir (c'est l'effet de « charge d'espace »).
2d) Le fil de cuivre. À même intensité et même section, . Avec , soit fois plus de porteurs, la vitesse de dérive vaut , fois plus faible. Beaucoup de porteurs lents ou peu de porteurs rapides : seul le produit compte.
3a) La surface . Entre les armatures règne le vide : aucun porteur, . Seul le fil qui arrive en traverse , et le courant y entre : le flux sortant vaut , non nul. Le bilan donne , d'où, avec , qui tend vers .
3b) La surface . Elle coupe les deux fils : le courant entre par l'un et sort par l'autre, le flux sortant vaut . Donc reste constant, nul : .
3c) La loi des nœuds. Elle vaut pour toute surface fermée à l'intérieur de laquelle la charge ne varie pas : , et toute surface entourant un nœud d'un circuit, où les conducteurs restent neutres. Elle est fausse pour , qui coupe l'espace entre les armatures. Le régime n'est pas stationnaire ( varie), et pourtant la loi des nœuds reste vraie pour les surfaces qui n'entourent pas une seule armature : « le même courant parcourt tout le circuit série ». Que rien ne traverse le vide entre les armatures pose une question que les équations de Maxwell résoudront (Maxwell-Ampère).
Ce que l'exercice installe. En régime stationnaire, le flux de se conserve : même intensité à travers toutes les sections d'un tube de courant, d'où à section fixe et l'accumulation de charge là où les porteurs ralentissent. En régime variable, la loi des nœuds vaut pour les surfaces à l'intérieur desquelles la charge ne varie pas ; elle tombe pour une surface qui entoure une armature de condensateur, et le bilan donne alors la charge accumulée.
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