électromagnétisme (MPI) · Chapitre 4 · Exercice de TD
Sans courant de déplacement, pas de lumière : l'équation de propagation
Équations de Maxwell · D. Équations de propagation dans le vide · niveau 2
Énoncé
On considère une région vide de charges et de courants (, ).
1) Établir les équations de propagation vérifiées par et par .
2) Reprendre le calcul sans le courant de déplacement. Quelle équation obtient-on ? Comment le champ suivrait-il ses sources ?
3) Calculer avec , puis avec . En 1856, Weber et Kohlrausch, en déchargeant un condensateur, mesurent le rapport des unités électromagnétique et électrostatique de charge, homogène à une vitesse : . Fizeau avait mesuré en 1849 la vitesse de la lumière : . Écart relatif ? Quel argument Maxwell en a-t-il tiré ?
4) Pour une fonction quelconque (une impulsion brève, par exemple), vérifier que et satisfont les quatre équations de Maxwell dans le vide. Montrer que satisfait l'équation de d'Alembert, mais que ne satisfait pas les équations de Maxwell. Conclure.
5) Calculer le retard d'un signal électromagnétique sur la distance Terre-Lune (), puis sur un circuit de ; comparer ce dernier à la période du secteur ().
Corrigé
La stratégie. On élimine l'un des champs en prenant le rotationnel d'une équation et en y reportant l'autre ; l'identité du double rotationnel fait apparaître le laplacien, et l'absence de charge fait disparaître le gradient.
1) Les équations de d'Alembert. Le rotationnel de Maxwell-Faraday, les dérivées d'espace et de temps commutant, donne Or , puisque . D'où Le rotationnel de Maxwell-Ampère donne de même, avec , : . Chaque composante cartésienne des deux champs vérifie l'équation de d'Alembert : les champs se propagent à la vitesse .
2) Sans le terme de Maxwell. Avec dans le vide, le même calcul donne , et de même : des équations de Laplace, sans dérivée temporelle. À chaque instant, le champ serait fixé par les sources et les conditions aux limites au même instant : toute modification des sources serait ressentie partout sans retard, et il n'y aurait pas d'onde. Dans la chaîne de couplage du cours, c'est le maillon « une variation de crée » qui manquerait : sans courant de déplacement, pas de lumière.
3) La valeur de , et l'argument de Maxwell. ; avec , : l'arrondi ne touche que le quatrième chiffre. L'écart entre les mesures historiques vaut , de l'ordre des incertitudes de l'époque (toutes deux dépassent de quelques pour cent la valeur moderne, ). Une constante tirée de mesures purement électriques, sur un condensateur, sans lumière, coïncide avec la vitesse de la lumière : Maxwell en conclut en 1865 que la lumière est une perturbation électromagnétique qui se propage selon ses équations.
4) Une impulsion qui satisfait les quatre équations. Avec : , , et rien ne dépend de ni de . Donc et ; ; . Les quatre équations sont vérifiées. Avec , chaque composante est encore de la forme , qui vérifie d'Alembert (, ), mais : Maxwell-Faraday est violée. L'équation de d'Alembert est nécessaire, pas suffisante : les équations de Maxwell, du premier ordre, lient en plus et . Pour l'impulsion qui avance selon , et sont perpendiculaires entre eux et à la direction de propagation, en phase, avec ; : l'énergie avance avec l'impulsion. C'est le couplage qui la porte : la variation temporelle de l'un des champs entretient la variation spatiale de l'autre. La structure générale de ces ondes est l'objet de l'étude des ondes planes.
5) Les retards. Terre-Lune : . Circuit de : , contre une période de , soit un rapport de : à l'échelle d'un laboratoire, le champ suit ses sources sans retard perceptible, et les lois des régimes stationnaires rendent très bien compte des circuits. Cas limite : la propagation devient sensible quand la taille du dispositif approche , à , à .
Ce que l'exercice installe. L'équation de d'Alembert s'établit par le rotationnel du rotationnel ; elle n'existe que par le courant de déplacement, sans lequel le champ suivrait ses sources instantanément (Laplace). La valeur de , tirée de constantes électriques et magnétiques, a fondé l'électromagnétisme de la lumière. Et une prudence : une solution de d'Alembert n'est un champ électromagnétique que si elle satisfait les quatre équations.
100 % gratuit
La suite du chapitre est sur Adloun
- 17 autres exercices corrigés dans ce chapitre, et 4 à chercher avec le tuteur
- Les 2 QCM du chapitre, le premier sans compte
- Le podcast et la vidéo du chapitre et la correction filmée du TD : 2 minutes sans compte
- Le tuteur, qui guide pas à pas sans donner la réponse
Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.