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électromagnétisme (MPI) · Chapitre 7 · Exercice de TD

Problème : cavité résonante à une dimension, quantification des modes et facteur de qualité

Réflexion sur un conducteur ; ondes stationnaires et cavités · E. Cavité électromagnétique à une dimension · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Une cavité est formée de deux plans de cuivre () en et , le vide entre eux. On cherche ses modes, puis ce que coûtent des parois réelles. Données : la nullité du champ dans un conducteur parfait et les relations de passage (questions 1 à 3) ; l'épaisseur de peau ; la puissance volumique dissipée par effet Joule dans un milieu ohmique ; et, de première année, la définition du facteur de qualité d'un résonateur, , où est l'énergie stockée et la puissance moyenne perdue, sa bande passante et la durée d'amortissement de l'énergie . Toutes les énergies et puissances sont rapportées à l'unité de surface des parois.

1) Modes. Les parois sont d'abord supposées parfaites. On cherche un champ sinusoïdal de pulsation , de la forme générale , avec . Montrer que les conditions aux limites imposent une onde stationnaire et la condition de quantification . Donner , , . Déterminer le champ magnétique du mode , , à l'aide de l'équation de Maxwell-Faraday. Pourquoi ne peut-on pas utiliser ?

2) Énergie stockée. Calculer l'énergie électromagnétique du mode contenue entre les parois, par unité de surface. Commenter sa dépendance en temps.

3) Courants pariétaux. Déterminer le courant surfacique sur chaque paroi, son amplitude , sa phase par rapport à et à , et la charge surfacique.

4) Parois réelles. Calculer à et justifier que le champ des questions 1 à 3 reste valable. On modélise le courant d'une paroi réelle par une densité volumique uniforme dans une couche d'épaisseur , où est le courant surfacique de la question 3. Montrer que la puissance moyenne dissipée par unité de surface d'une paroi vaut . (On admet que le profil exact du courant dans la peau donne exactement la même valeur.)

5) Facteur de qualité. Établir . Calculer , la bande passante, la durée d'amortissement de l'énergie et le nombre d'allers-retours correspondant ; puis et . Retrouver en évaluant la fraction du flux incident perdue à chaque réflexion sur une paroi.

6) Cas limites et ordres de grandeur. Que devient quand ? Interpréter . Les cavités supraconductrices des accélérateurs atteignent (donnée) : commenter. Dans un four à micro-ondes, pourquoi l'énergie va-t-elle dans l'aliment et non dans les parois ?

Corrigé

La stratégie. Les modes se trouvent avec des parois parfaites. Puis on traite les parois réelles en perturbation : étant minuscule devant , le champ dans la cavité est celui du conducteur parfait, et la seule chose nouvelle est l'effet Joule du courant pariétal dans la peau. Le rapport de l'énergie stockée à l'énergie perdue par période donne .

1) La condition de quantification. En , pour tout : , ce qui impose pour tout . Alors les deux ondes progressives se combinent en une onde stationnaire, nulle en . En , pour tout ; pour un champ non nul, : ( donne un champ nul). Numériquement , , . La cavité contient demi-longueurs d'onde : . Le champ magnétique. Le champ du mode n'est pas une onde progressive : la relation , qui suppose une seule direction de propagation , ne s'applique pas. On revient à Maxwell-Faraday, . Pour , , donc en ne retenant pas de champ statique et avec . Nœuds de aux ventres de , ventre de sur chaque paroi, quadrature dans le temps.

2) L'énergie stockée. Avec (nombre entier de demi-périodes) : puisque . ne dépend pas du temps : l'énergie passe de la forme électrique () à la forme magnétique () sans sortir de la cavité. C'est le résultat de l'exercice 3, étendu à toute la cavité.

3) Les courants pariétaux. Paroi : le conducteur est du côté , , et . Avec : , donc Paroi : le conducteur est du côté , , et ; avec : Les deux parois portent des courants de même amplitude , en phase avec (en ) et en quadrature avec (en ). Pour , ils sont opposés à chaque instant. Aucune charge : est tangent aux parois, . (Comme le veut le programme, on s'en tient à la densité , sans calculer d'intensité.)

4) La peau d'une paroi réelle. À , et et : l'onde ne « voit » le métal que sur une pellicule infime (exercice 1), et le champ de la cavité est, à cette précision, celui du conducteur parfait. La puissance dissipée. Dans la couche, , et la puissance Joule par unité de surface de paroi vaut . Avec et : Le métal se comporte comme une résistance par unité de surface traversée par le courant ; le profil exact, exponentiel amorti, donne exactement la même valeur (admis).

5) Le facteur de qualité. Les deux parois perdent . Donc Or , soit : Homogénéité : un rapport de longueurs, sans dimension. Numériquement : Une raie de de large à : la cavité est un filtre et un étalon de fréquence très sélectifs. Pendant les d'amortissement, l'onde fait environ allers-retours. Comme , : , .

Relecture par les réflexions. Le mode est la superposition de deux ondes progressives d'amplitude ; chacune apporte sur une paroi l'intensité . La paroi en dissipe : la fraction perdue à chaque réflexion vaut Deux réflexions par aller-retour, de durée : l'énergie décroît au taux relatif ; son inverse, multiplié par , redonne . Le cuivre renvoie du flux à chaque réflexion : d'où l'excellence du modèle parfait ; seules des milliers de réflexions rendent la perte sensible.

6) Cas limites et ordres de grandeur. Quand , et : la cavité idéale du cours, où un mode oscille indéfiniment et où la raie est infiniment fine. compare la taille de la cavité, où l'énergie est stockée, à l'épaisseur où l'onde « touche » le métal et perd de l'énergie : une cavité est d'autant meilleure qu'elle est grande devant sa peau. Une cavité supraconductrice () garde son énergie pendant à : une source modeste y accumule une énergie considérable. Dans un four, les parois seules ont un de l'ordre de et ne perdent par période que la fraction de l'énergie stockée ; l'aliment, très dissipatif, en absorbe une fraction bien plus grande : c'est lui qui fixe l'amortissement, et l'énergie va à l'aliment. (Un four est une cavité à trois dimensions ; le modèle à une dimension n'en donne que les ordres de grandeur.)

Le résultat obtenu — la quantification des modes d'une cavité, , et le facteur de qualité d'une cavité à parois réelles, . Entre deux plans conducteurs parfaits distants de , la nullité du champ électrique tangent sur les deux parois n'autorise que les ondes stationnaires de vecteurs d'onde , de fréquences ; le mode stocke, par unité de surface, l'énergie constante , et ses parois portent des courants surfaciques d'amplitude . Si les parois sont réelles, de conductivité , l'effet Joule de ces courants dans la peau d'épaisseur donne au mode le facteur de qualité : et une bande passante de pour une cavité de cuivre de à , avec pour le conducteur parfait.

Ce que le problème installe. La condition de quantification s'établit par les deux conditions aux limites ; le champ magnétique d'un mode se tire de Maxwell-Faraday, jamais de la relation de structure d'une onde progressive. L'énergie stockée, constante, et les courants pariétaux viennent du modèle parfait ; les pertes viennent du modèle réel. Cette méthode perturbative, champ du conducteur parfait puis effet Joule dans la peau, relie le chapitre au précédent et donne un résultat simple, , qui dit pourquoi le conducteur parfait est une si bonne idéalisation.

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