électromagnétisme (MPI) · Chapitre 8 · Exercice de TD
Détecter le rayonnement d'un dipôle : relevés et indicatrice
Rayonnement du dipôle oscillant · D. Indicatrice de rayonnement · niveau 2
Énoncé
En travaux pratiques, un dipôle émetteur court (longueur ) est alimenté à ; il est monté sur un pivot qui le fait tourner dans le plan vertical contenant la ligne de visée ; est l'angle entre son axe et la ligne de visée. Le récepteur, à la distance sur , est un dipôle de , vertical, suivi d'une diode quadratique : la tension qu'il délivre est proportionnelle à la moyenne temporelle du carré de la composante du champ électrique parallèle à son axe. On peut le faire tourner d'un angle autour de la ligne de visée ( : vertical). Les relevés ci-dessous sont des données simulées, réalistes.
Première série : à , , on fait varier .
| () | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| (mV) |
Deuxième série : à , , on fait varier .
| (m) | ||||
|---|---|---|---|---|
| (mV) |
Troisième série : à , , on fait varier .
| () | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| (mV) |
1) Ce que mesure le récepteur. Avec la forme projetée du champ rayonné (exercice 2), montrer que, lorsque l'émetteur tourne dans le plan vertical, le champ reçu reste vertical, et que doit être proportionnel à .
2) L'indicatrice. Exploiter la première série : montrer que est une fonction affine de (régression linéaire) et conclure. Représenter l'indicatrice de rayonnement à partir des points mesurés.
3) La loi en . Exploiter la deuxième série. Quel principe impose ce résultat ?
4) La polarisation. Exploiter la troisième série. Quelle loi reconnaît-on ? Quelle est la polarisation de l'onde reçue ? Que mesurerait un récepteur orienté selon ? selon ?
5) Où placer le récepteur. Pourquoi ne pas faire les mesures à de l'émetteur ? Qu'est-ce qui empêche, à l'inverse, de s'éloigner beaucoup ?
Corrigé
La stratégie. On prédit d'abord la loi à tester, à partir de la structure du champ ; on linéarise ensuite chaque série pour la vérifier (une droite se juge à l'œil et par ses résidus, une courbe non) ; on interprète enfin chaque loi par un argument du cours : structure, énergie, polarisation.
1) La loi attendue. Soit la direction de l'émetteur ; lui est parallèle. Au récepteur, et la projection de orthogonale à est : le champ reçu est vertical, parallèle au récepteur, et son amplitude vaut : tourner l'émetteur revient à promener le récepteur sur un méridien. La diode donne avec une constante de l'appareil.
2) L'indicatrice mesurée. Avec ; ; ; ; ; ; , la régression linéaire donne avec des résidus inférieurs à , soit du maximum, sans tendance. L'ordonnée à l'origine, , est de l'ordre du bruit : , l'indicatrice est en , nulle dans l'axe de l'émetteur, maximale dans son plan équatorial. Pour la représenter, on porte dans chaque direction une longueur proportionnelle à ; les symétries complètent les quatre quadrants.
On peut confier la régression à quelques lignes de Python (facultatif) :
import numpy as np
theta = np.radians([0, 15, 30, 45, 60, 75, 90])
S = np.array([0.4, 6.1, 25.8, 49.5, 75.7, 92.4, 100.3])
pente, origine = np.polyfit(np.sin(theta)**2, S, 1)
print(pente, origine) # 99.8 et 0.13
3) L'amplitude décroît en . Les produits valent ; ; ; : constants à près, sans tendance (en coordonnées logarithmiques, la pente vaut ). Donc et l'amplitude du champ est en . C'est la conservation de l'énergie : le flux du vecteur de Poynting, proportionnel à , est le même à travers toutes les sphères centrées sur l'émetteur. Un champ quasi statique, en , donnerait constant.
4) Une onde polarisée rectilignement selon . Les rapports valent ; ; ; ; , soit à près : c'est la loi de Malus. Le récepteur tourné de ne capte que la composante : le champ garde une direction fixe, l'onde est polarisée rectilignement selon , dans le plan méridien de l'émetteur et du récepteur. Un récepteur selon () ne capte rien (les sont du bruit) ; un récepteur selon , pointé vers l'émetteur, ne capterait rien non plus : l'onde est transverse.
5) Ni trop près, ni trop loin. , . À , : le champ quasi statique, en et de structure différente (il a une composante radiale), est aussi fort que le champ rayonné (exercice 2) ; on ne mesurerait ni la loi en ni la loi en . À , et : le champ quasi statique est négligeable. Au-delà de quelques mètres, le signal, en , se perd dans le bruit, et surtout les réflexions sur les murs, la table, l'expérimentateur, ajoutent des ondes qui interfèrent avec l'onde directe : on travaille dans une salle dégagée, ou devant des absorbants.
Ce que l'exercice installe. Détecter une onde rayonnée et tester sa structure : on prédit la loi, on linéarise ( contre , contre , contre ), on interprète chaque loi par un argument du cours : transversalité et projection pour l'indicatrice, énergie pour le , loi de Malus pour la polarisation. Et l'on se place là où le modèle vaut : .
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