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électromagnétisme (PC) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Du tore au solénoïde : ce que le programme fait admettre

Magnétostatique · C. Exemples fondamentaux · niveau 2

Énoncé

Le tore. Un tore d'axe , de section rectangulaire (, ), porte spires jointives régulièrement réparties, parcourues par . On modélise l'enroulement par des courants contenus dans les plans méridiens (plans qui contiennent l'axe).

1) Montrer que .

2) Par le théorème d'Ampère, déterminer le champ en tout point, à l'intérieur et à l'extérieur du tore. A-t-on dû admettre quelque chose ? Le champ est-il uniforme dans la section ? Valeurs extrêmes pour , , , .

3) Calculer le flux à travers une spire, puis l'inductance du tore pour . Comparer à l'approximation « solénoïde » , avec et .

4) On fait tendre vers l'infini, à fixé et à nombre de spires par unité de longueur fixé. Que devient le champ ?

Le solénoïde infini. Un solénoïde d'axe , de rayon , comporte spires circulaires par unité de longueur, parcourues par (modèle de courants orthoradiaux répartis continûment).

5) Montrer que et , de deux façons pour (une symétrie, puis le flux conservatif). Par des contours rectangulaires bien choisis, montrer que le champ est uniforme à l'intérieur, uniforme à l'extérieur, et dire ce qu'il faut admettre pour conclure et .

6) Un vrai bobinage est une hélice : le fil avance le long de l'axe. Montrer qu'il porte en plus une intensité le long de l'axe. Quel champ en résulte à l'extérieur ? Comparer au champ intérieur pour à .

Corrigé

La stratégie. Le tore est une distribution fermée : le théorème d'Ampère y donne le champ partout, sans hypothèse à l'infini. Le solénoïde infini s'en déduit par passage à la limite ; traité directement, Ampère n'y donne que des différences de champ, d'où l'hypothèse que le programme fait admettre.

1) Direction. Un plan méridien passant par échange les spires situées de part et d'autre, et chaque courant, contenu dans son plan méridien, a pour image un courant de mêmes composantes radiale et axiale : la distribution est invariante, c'est un plan de symétrie, et lui est perpendiculaire : . L'invariance par rotation autour de (spires régulièrement réparties, modélisées continûment) donne .

2) Le champ du tore. Le contour est le cercle d'axe , de rayon , à la hauteur , orienté selon : . On compte les courants qui traversent le disque qu'il borde.

  • et : le disque est traversé une fois par le brin intérieur (en ) de chacune des spires : , et .
  • , ou : aucun courant ne traverse le disque, .
  • : chaque spire traverse le disque deux fois, en sens opposés (brins intérieur et extérieur) : , . Rien n'a été admis : le champ est nul hors du tore par le seul théorème d'Ampère, parce que l'enroulement est fermé sur lui-même. Le champ n'est pas uniforme dans la section, il décroît en : et .

3) Flux et inductance. Une spire borde le rectangle , d'un plan méridien, traversé normalement par le champ ; une bande de largeur a l'aire : Numériquement . L'approximation « solénoïde », qui suppose le champ uniforme et égal à sa valeur en , donne , soit de moins : elle remplace par . L'écart relatif vaut au premier ordre, petit dès que la section est petite devant le rayon.

4) Du tore au solénoïde. Pour , . Quand à fixé, dans toute la section : , uniforme, et le champ reste exactement nul à l'extérieur. Un tore de très grand rayon est, localement, un solénoïde infini : la nullité du champ extérieur, que le programme fait admettre pour le solénoïde, est ici une conséquence du théorème d'Ampère.

5) Le solénoïde infini, sans rien affirmer trop tôt. : un plan contenant l'axe et passant par est perpendiculaire aux courants orthoradiaux, que la symétrie renverse : plan d'antisymétrie, y est contenu. , par une symétrie : le plan passant par et perpendiculaire à l'axe est parallèle aux courants orthoradiaux et laisse le solénoïde infini invariant : plan de symétrie, lui est perpendiculaire. , par le flux : par les invariances, et ne dépendent que de ; sur un cylindre fermé coaxial de rayon et de longueur , les flux à travers les deux bases se compensent ( est le même sur les deux), et le flux latéral doit être nul. Donc : axial, mais pas encore uniforme. Rectangles d'Ampère (deux côtés de longueur parallèles à l'axe, aux distances et , deux côtés radiaux de circulation nulle) :

  • entièrement à l'intérieur, il n'enlace aucun courant : , le champ intérieur est uniforme ;
  • entièrement à l'extérieur, de même : le champ extérieur est uniforme, ;
  • à cheval sur l'enroulement, il enlace spires : . Ampère ne fixe que la différence . Pour conclure, il faut une condition aux limites : loin du solénoïde, c'est ce que le programme fait admettre ; la question 4 en donne la justification physique. Alors et .

6) Le fil hélicoïdal. En plus de ses tours, le fil progresse de le long de l'axe à chaque tour : il traverse une fois tout plan perpendiculaire à l'axe. Le bobinage porte donc, en plus de la densité orthoradiale, une intensité dirigée le long de l'axe, comme un fil rectiligne. Hors du solénoïde, celle-ci crée le champ orthoradial , et moins de du champ intérieur. On le supprime en ramenant le fil le long de la bobine, ou en bobinant une seconde couche en sens inverse. Le tore réel a le même défaut : sa progression d'un tour complet autour de l'axe équivaut à une spire de courant .

Ce que l'exercice installe. Le théorème d'Ampère donne la circulation, donc des différences de champ ; il ne conclut seul que pour une distribution fermée (le tore) ou avec une condition à l'infini (le solénoïde). L'ordre des arguments : symétries et flux conservatif pour la direction, rectangles intérieur et extérieur pour l'uniformité, rectangle à cheval pour la valeur. Et une inductance qui se calcule par un flux à travers une surface où le champ varie.

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